Archives du blog

les impôts à Paris : désintox 2

Nathalie Kosciusko-Morisset a parlé un peu vite d’une hausse de 40% d’impôts locaux à Paris depuis deux mandats socialistes. Bien lui en a pris ! Car ainsi l’émission d’Arte 28 minutes s’est fendue d’une vidéo Désintox (voir ci-dessous). Et cette vidéo est bigrement intéressante.

On y apprend que depuis 2001 – arrivée de Delanöé à la mairie – la taxe d’habitation a augmenté de 20% et la taxe foncière de 70%. Ce qui est pire que l’annonce de NKM ! Lire la suite

je ne vous jette pas la pierre, Pierre [Moscovici]

Mardi soir, pour la première fois, a eu lieu le #MoscoDesBlogs, une rencontre entre Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et des blogueurs et blogueuses politiques, comme on dit dans les bars bien informés.
Cette rencontre a eu lieu au 7e étage du très bel immeuble du ministère, dans une salle de réunion avec une vue superbe sur la Seine, Paris et les lumières de la nuit. C’est à ce genre de détail que l’on se rend compte que l’on est dans le saint des saint, LE ministère par qui tout arrive, celui qui tient les cordons de la bourse et les autres ministères par les c…
Bref, l’antre des fermiers généraux qui de tout temps et dans tout État digne de ce nom ont été traités avec les égards et les émoluments dus aux nécessités des rentrées fiscales…
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l’Elysée m’écoute !

Ça vous épate ? Et bien c’est vrai, l’Élysée a suivi mes conseils. Dans un billet précédent, je disais que pour sa petite réforme fiscale à un an des présidentielles, le gouvernement ne devait pas se louper et tenir compte  des classes moyennes, avec la « suppression du bouclier fiscal et [le] maintient de l’ISF avec quelques aménagements pour éviter l’effet « Ile de Ré » »…

C’est exactement ce qui a été choisi : le bouclier fiscal, très impopulaire après la crise, est supprimé, le seuil d’entrée dans l’ISF est relevé à 1,3 M€ (au lieu de 0,8 M€) ; s’y ajoutent une taxation plus importante des héritages au dessus de 900 000 € par part et une taxation des exilés fiscaux. Lire la suite

la réforme fiscale de la dernière chance

Le gouvernement Fillon est en train de plancher sur une réforme fiscale. Qu’il réfléchisse bien à ce qu’il va proposer car c’est sa dernière chance avant les présidentielles de 2012.
Ce gouvernement et ce président sont usés jusqu’à la corde. Jamais un président n’a été aussi impopulaire, jamais l’ambiance n’a été aussi délétère. En cause une diplomatie déficiente, une succession d’affaires, de conflits d’intérêts sur fond de crise économique, d’outrances financières et de globalisation douloureuse.

Mais n’est-ce-pas déjà trop tard ? Cette réforme aurait dû intervenir plus tôt comme le signe de la prise en compte des difficultés liée à la crise, comme la marque de la supériorité de l’intérêt général sur l’idéologie. Alors que là, maintenant, c’est le dernier virage avant la ligne droite. Et pour ne pas le rater, il faut que cette réforme soit en phase avec l’intérêt de la majorité des français, c’est-à-dire des classes moyennes sur qui repose tout le système.

Ce groupe semble difficile à cerner et il y a des tas d’études pour dire qu’au final il n’existe pas. Mais c’est peut-être parce que ces études se focalisent sur les chiffres et ignorent le ressenti des gens. Dans un article de Marianne, Roland Hureaux en donne une définition que je trouve pertinente : Lire la suite

fiscalité : réforme ou révolution ?

A l’heure où le gouvernement planche sur une réforme fiscale, l’économiste Thomas Piketty et deux de ses confrères ont eu la bonne idée de lancer un site proposant une « révolution fiscale ». Le mot révolution ainsi que la couleur rouge du site ont sans doute été choisis pour attirer le gauchiste moyen qui fonce sur le rouge comme le taureau de combat sur la muleta, mais si techniquement c’est une révolution, une remise à plat complète du système fiscal, l’objectif demeure modéré : « rétablir un minimum de progressivité » de l’impôt.

Il s’agit de remplacer un grand nombre d’impôts et de taxes (la contribution sociale généralisée, l’actuel impôt sur le revenu, le prélèvement libératoire, la prime pour l’emploi, le bouclier fiscal…) par un nouvel impôt sur le revenu à la fois plus simple, plus clair et plus juste :
« Ce nouvel impôt sur le revenu, payé par tous les Français, sera prélevé à la source sur les revenus du travail et du capital (comme l’actuelle CSG, avec la même assiette que cette dernière [salaire, revenu d’activité non salarié, retraite, chômage, revenus du capital, y compris les plus values]) suivant un barème progressif (comme l’actuel impôt sur le revenu) » ;  mais à la différence de ce dernier, il serait « exprimé en taux effectif directement applicable à la totalité du revenu, et non en taux marginal [par tranche]. » Lire la suite

les blogueurs parlent aux blogueurs

appelUn blogueur a lancé un appel à la blogosphère politique pour relayer la mobilisation contre la réforme des retraites…
Je veux bien répondre à l’appel, mais je ne suis pas sûre que ma réponse aille dans le sens souhaité par son initiateur qui dit :
« Messieurs, Dames de la blogosphère, il est temps de sortir l’arsenal numérique, le billet qui fait mouche, ceci est un appel au militant de l’internet qui sommeille en vous. Ne sentez vous pas qu’il se passe quelques chose ? […] Nous devons relayer et soutenir toutes les initiatives qui vont permettre de sauvegarder le droit à la retraite à 60 ans. »
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des femmes et des retraites

Dans les manifestations d’hier et dans les reportages qui en ont rendu compte, les femmes étaient au premier plan.
Motif : du fait de carrières interrompues ou courtes elles sont pleinement concernées par le passage de 65 à 67 ans pour l’âge limite de retraite à taux plein. Point positif, on parle enfin de ce seuil là et pas seulement des mythiques 60 ans. Mais cette focalisation sur les femmes me gêne un peu. D’abord parce le problème des 67 ans ne concerne pas spécifiquement les femmes mais tous ceux et celles qui ont fait des études supérieures et ont commencé à travailler après l’âge de 23 ans, c’est-à-dire de plus en plus de gens, avec l’allongement de la durée des études. Ensuite parce que le problème de l’inégalité des retraites entre hommes et femmes n’est pas un problème de retraites mais d’inégalité en amont dans le monde du travail. Le système de retraites n’y est pour rien. Doit-il pour autant servir de système de compensation, comme c’était le cas à une époque pour le chômage, avec le recours aux pré-retraites ? Lire la suite

la retraite en trois chiffres

Résumons. Notre système de retraite actuel tourne autour de trois chiffres : l’âge légal à partir duquel on peut prendre sa retraite à taux plein (50 % du salaire brut moyen – SBM), la durée de cotisation nécessaire pour que le taux plein soit effectif sur la pension (D2) et l’âge légal limite au delà duquel on doit prendre sa retraite et où l’on a un taux plein d’office. La formule de calcul de la retraite étant : SBM x Taux x (D1/D2), où D1 est la durée réelle de cotisation.

Les débats récents se sont focalisés sur le 1er chiffre, syndicats et partis de gauche s’accrochant au 60 ans comme à un totem. Dans le twit ci-dessous, Martin pointe du doigt les partisans du report de cet âge légal comme n’étant pas concernés personnellement. Comme lui sans doute. Comme moi. Comme la plupart des gens ayant fait des études supérieures. Et l’on peut se demander combien de personnes sont en effet concernées par cet âge, à l’heure où la durée de cotisation pour un taux plein est de 40 ans ? Je serais curieuse de le savoir. Lire la suite

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