Archives du blog

Fichu Hidjab, uniforme islamiste

Dans la série Archives, voici une tribune de 2004, parue dans Libération, qui analyse bien le(s) sens de ce vêtement. 12 ans déjà ! Que de temps perdu par certains…

 » Cette nouvelle forme de voile, uniforme, un fichu, le hidjab, est apparu, dans l’actualité, à la rentrée scolaire de 1989, avec «l’affaire de Creil», qui concernait deux jeunes soeurs marocaines. Ceci est curieusement survenu au moment même où les jeunes filles de l’immigration maghrébine, nées en France après le «regroupement familial» de 1975, et alors d’âge scolaire, venaient à fréquenter l’école en nombre. Or, elles se trouvaient y remporter davantage de succès que leurs frères, si bien qu’elles trouvaient leur place dans la société française sans les problèmes que posaient plus souvent les garçons. Or, tout a semblé alors se passer comme si le port de ces fichus islamistes par quelques écolières musulmanes avait été opportunément encouragé par les propagandistes de mouvements islamistes, dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’anti-intégration de ces jeunes filles, promues en modernes affiches des nouveaux signes d’un islamisme politique. Lire la suite

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Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme

Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme
Ce texte écrit en 2013 par une québecoise, Nadia Alexan, garde toute son actualité.

« Pourquoi j’appuie la Charte des valeurs québécoises, que je préfère appeler Charte de la citoyenneté ? Je suis d’origine égyptienne. Tout le temps que j’ai vécu en Égypte, où j’ai grandi et suis allée à l’école et à l’université dans les années soixante, je n’ai jamais vu une seule femme voilée. Qu’est-il arrivé depuis ce temps pour que le voile soit si répandu ? L’islam politique propagé par les pétrodollars de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis a envahi non seulement le Moyen-Orient, où il n’arrête pas de réclamer le retour strict de la charia, mais aussi l’Occident [1], où il mène une campagne très énergique pour conquérir la civilisation des Lumières et ramener la gloire du califat du VIe siècle.

Ce courant salafiste mine les gains faits par des féministes courageuses, comme les Égyptiennes Hoda Sharaawi et Nawal el Saadawi, qui se sont battues pour faire avancer les droits des femmes et les sortir de l’emprise de la religion [2]. Les musulmanes portant le voile qui se prétendent féministes trahissent le combat mené par ces femmes héroïques, qui se sont débarrassées du voile, symbole de la soumission au patriarcat.

Il n’y a rien, ni dans la culture ni dans le Coran, qui oblige la femme musulmane à porter le voile. […] Le voile n’est pas un bout de tissu anodin, comme on le prétend. Bien au contraire, il véhicule le prosélytisme d’un islam fanatique et totalitaire. La plupart des musulmanes de Montréal ne portent pas le voile. Sont-elles moins pieuses pour autant ?

Ce voile symbolise la soumission de la femme aux diktats d’un patriarcat qui n’aime ni la modernisation ni l’émancipation des femmes. Ce voile témoigne de la barbarie de l’excision, imposée aux femmes en Égypte et ailleurs, du mariage forcé des fillettes à l’âge de neuf ans, de la lapidation, de la polygamie, des fatwas, de l’interdiction de la liberté d’expression, et j’en passe. Ce voile cache le mépris des hommes qui traitent les femmes comme des biens à posséder. Je pense que les hommes sont des lâches pour ainsi mettre le fardeau religieux sur la tête des femmes.

[Certains se rangent] du mauvais côté de l’histoire [en affirmant] que l’interdiction du port du voile dans la fonction publique exclurait les femmes. Je pense que c’est le contraire qui se produit. Les femmes voilées s’excluent elles-mêmes ; en portant le voile de l’aliénation, elles montrent qu’elles ne veulent pas s’intégrer. De plus, elles font peur aux dirigeants par leurs demandes d’accommodements religieux, de prière pendant les heures de travail et de congés supplémentaires. Lire la suite

Féministes, je vous écris d’Alger

Féministes, je vous écris d’Alger
Une tribune de 2004, de Wassyla Tamzali, toujours criante d’actualité…

« La question du voile aura décidément mis la France de gauche sens dessus dessous. Que des féministes françaises aient souhaité s’exprimer sur le sujet, quoi de plus normal ? Que nous, des féministes arabes, espérions trouver sous leurs plumes unanimes une salutaire remise des pendules à l’heure et un regard incrédule sur l’amalgame religion et patriarcat, quoi de plus normal ? Depuis de longues années, les pensées des féministes françaises et des féministes du Sud que nous sommes se croisent, et, sur les discriminations sexistes, nous avons toujours eu globalement les mêmes démarches. Cela confortait notre conviction que le féminisme était universel, puisque, elles d’ici et nous de là-bas, nous partagions des analyses, des colères et des buts identiques. Enfin, pensions-nous, nos amies féministes, sur ce sujet du voile qu’elles connaissent parfaitement, sauront tordre le cou au relativisme culturel qui fleurit bizarrement jusque dans les rangs de la gauche intellectuelle, dans les enceintes sacralisées, comme la Ligue des droits de l’homme ! Eh bien non ! Il faudra ajouter au voile une autre victoire, celle de diviser les féministes, d’obscurcir le clair discours de ce mouvement français par la bouche de certaines de ses plus vaillantes défenderesses, comme on a pu le lire dans le journal le Monde, et de rompre, pour la première fois, les alliances anciennes et si nécessaires entre elles et nous.

Que, pour cette frange intellectuelle, ce soit l’occasion de monter au créneau de la France dominante, cela serait acceptable si, dans le même mouvement, elle ne remettait pas en cause les bases mêmes de notre combat. Il s’agit là d’un dépassement que, nous les féministes du Sud, ne pouvons passer sous silence.

J’ai un solide ressentiment à l’égard de la société patriarcale judéo-chrétienne française qui a oublié et qui continue à oublier les principes qui nous font l’aimer malgré les histoires passées : liberté, égalité, fraternité. C’est sans doute vrai que bon nombre de positions antivoile ne sont pas dictées par un attachement au principe de l’égalité des sexes, et que pour une partie de l’opinion publique, il s’agirait plutôt d’une posture ethnico-culturelle, judéo-chrétienne, et dominante qui s’oppose à une autre posture ethnico-culturelle, franco-musulmane, minoritaire celle-là. Il s’agit en effet très peu de l’affirmation d’un principe qui est le nôtre et d’une contribution au combat que nous menons depuis de longues années. Et s’il en était ainsi, où serait le mal ? Cela veut dire que la majorité en France est égalitariste comme le monsieur Jourdain de Molière fait de la prose ; que les femmes voilées choquent le fonds culturel français. Cela veut dire que l’opinion française a pris du recul avec l’anticléricalisme originel – ­ n’a-t-elle pas accepté depuis longtemps les kippas à l’école ? – ­ et exprime là son refus de voir des jeunes filles couvrir leurs cheveux, donnant ainsi une image violente et archaïque de la subordination des femmes. N’est-ce pas pour cela que nous nous sommes battues, pour que l’égalité des sexes soit non seulement une loi mais une attitude sociale ? Lire la suite

La laïcité pour les nuls… et pour la ministre

Excellent discours de la philosophe Catherine Kintzler, alias Mezetulle, qui remet, une fois de plus, les idées en place sur la laïcité. Mais c’est épuisant à la fin d’avoir à faire face à un certain gloubiboulga intellectuel, surtout quand il atteint la ministre elle-même, qui considère que les parents accompagnateurs de sorties scolaires – et donc les mères voilées – « ne peuvent être considérés comme des agents auxiliaires du service public » et que donc « leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception », mettant ainsi le principe « de l’implication des familles dans la scolarité de leur enfant et la vie de l’école » au dessus du principe de laïcité. Consternant. On ne sait ce qui l’emporte de la bêtise ou de l’inconscience. Comme le dit très bien C. Kintzler dans son court discours (voir vidéo ci-dessous) :

 » […] une maman reste une maman quand elle vient à un rendez-vous avec un professeur dans une école publique, [mais] elle cesse momentanément d’être une maman lorsqu’elle est temporairement chargée d’élèves qui par définition sont toujours les enfants d’autrui… y compris quand ce sont les siens. Cela, il y a des gens qui ne l’ont pas compris ou, faisons leur plus de crédit, qui font semblant de ne pas l’avoir compris, parce qu’ils refusent de penser que l’école doit offrir aux élèves une double vie. »

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Combattre le foulardisme

Je reproduis ici l’excellent article de synthèse d’Alban Ketelbuters, doctorant au département de Lettres et d’études féministes de l’Université du Québec à Montréal.

Le verset 38 de la Sourate, Les femmes, proclame que « les hommes sont supérieurs aux femmes, parce que Dieu leur a donné la prééminence sur elles et qu’il les dote de leurs biens. Les femmes doivent être obéissantes et garder les secrets de leurs époux puisque le ciel les a confiées à leur garde. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit et même les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l’abri des mauvais traitements. Dieu est grand et sublime. »

C’est au nom de ces principes autoritaires et sexistes que le voile est revendiqué par les musulmans les plus conservateurs. Le voile islamique constitue à lui seul une violence symbolique en ce qu’il est l’étendard de la domination masculine et de l’intégrisme religieux.

Les féministes qui se portent à la défense des femmes voilées rétorquent souvent qu’il y a des inégalités beaucoup plus graves entre les sexes, celles-ci de nature économique. Mais le principe d’égalité ne se divise pas, et cette hiérarchie rend le discours féministe incompréhensible. Le voile n’est-il pas l’autre « grande défaite historique du sexe féminin » dont parlait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe, qui caractérise les femmes comme « l’inessentiel en face de l’essentiel » ? Elle écrivait, en 1949, ce que nul n’oserait proclamer de nos jours : « La Musulmane voilée et enfermée est encore aujourd’hui dans la plupart des couches de la société une sorte d’esclave ». Des propos qui, à notre époque, vaudrait à Simone de Beauvoir d’être traitée de lepéniste. Lire la suite

« je souhaiterais être un homme libre »

C’est le cri du coeur d’une yéménite qui décortique dans son blog le paradoxe du voile (1). Avec le ton de l’enfance et de la découverte, elle reparcourt les étapes de sa vie :  la séparation d’avec les garçons à la puberté, l’école, l’université et le discours du voile nécessaire contre la femme tentatrice, le regard appuyé et impudique des hommes de son pays…

Elle n’évoque jamais la domination masculine mais celle-ci se profile derrière chaque phrase, chaque question, dont le leitmotiv est « pourquoi ? »  Pourquoi les hommes ne seraient-ils pas des objets de tentation qui devraient eux aussi se voiler ? Lire la suite

« qu’il le porte lui ! »

Dans les années 50, en Egypte, le port du voile pour une femme était tellement incongru que le proposer au niveau politique faisait rire à gorge déployée. Comme une évidence. C’est à voir dans la vidéo ci-dessous, où Nasser raconte une négociation avec un représentant des Frères Musulmans. A un moment donné un membre de l’auditoire crie : « qu’il le porte lui ! » Les rires redoublent.
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vive le voile !

Oui, j’ai changé d’avis : finalement j’aime le voile. En fait je n’avais pas fait le tour de la question, je n’avais pas pesé correctement le pour et le contre, vu tous les aspects du sujet… ni tous les voiles possibles. Il a suffit d’un petit tour à Bruxelles pour que la révélation se fasse entre deux lambics.

J’aime le voile et même – ou plutôt surtout – le voile intégral… Lire la suite

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