Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme

Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme
Ce texte écrit en 2013 par une québecoise, Nadia Alexan, garde toute son actualité.

« Pourquoi j’appuie la Charte des valeurs québécoises, que je préfère appeler Charte de la citoyenneté ? Je suis d’origine égyptienne. Tout le temps que j’ai vécu en Égypte, où j’ai grandi et suis allée à l’école et à l’université dans les années soixante, je n’ai jamais vu une seule femme voilée. Qu’est-il arrivé depuis ce temps pour que le voile soit si répandu ? L’islam politique propagé par les pétrodollars de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis a envahi non seulement le Moyen-Orient, où il n’arrête pas de réclamer le retour strict de la charia, mais aussi l’Occident [1], où il mène une campagne très énergique pour conquérir la civilisation des Lumières et ramener la gloire du califat du VIe siècle.

Ce courant salafiste mine les gains faits par des féministes courageuses, comme les Égyptiennes Hoda Sharaawi et Nawal el Saadawi, qui se sont battues pour faire avancer les droits des femmes et les sortir de l’emprise de la religion [2]. Les musulmanes portant le voile qui se prétendent féministes trahissent le combat mené par ces femmes héroïques, qui se sont débarrassées du voile, symbole de la soumission au patriarcat.

Il n’y a rien, ni dans la culture ni dans le Coran, qui oblige la femme musulmane à porter le voile. […] Le voile n’est pas un bout de tissu anodin, comme on le prétend. Bien au contraire, il véhicule le prosélytisme d’un islam fanatique et totalitaire. La plupart des musulmanes de Montréal ne portent pas le voile. Sont-elles moins pieuses pour autant ?

Ce voile symbolise la soumission de la femme aux diktats d’un patriarcat qui n’aime ni la modernisation ni l’émancipation des femmes. Ce voile témoigne de la barbarie de l’excision, imposée aux femmes en Égypte et ailleurs, du mariage forcé des fillettes à l’âge de neuf ans, de la lapidation, de la polygamie, des fatwas, de l’interdiction de la liberté d’expression, et j’en passe. Ce voile cache le mépris des hommes qui traitent les femmes comme des biens à posséder. Je pense que les hommes sont des lâches pour ainsi mettre le fardeau religieux sur la tête des femmes.

[Certains se rangent] du mauvais côté de l’histoire [en affirmant] que l’interdiction du port du voile dans la fonction publique exclurait les femmes. Je pense que c’est le contraire qui se produit. Les femmes voilées s’excluent elles-mêmes ; en portant le voile de l’aliénation, elles montrent qu’elles ne veulent pas s’intégrer. De plus, elles font peur aux dirigeants par leurs demandes d’accommodements religieux, de prière pendant les heures de travail et de congés supplémentaires. Lire la suite

Féministes, je vous écris d’Alger

Féministes, je vous écris d’Alger
Une tribune de 2004, de Wassyla Tamzali, toujours criante d’actualité…

« La question du voile aura décidément mis la France de gauche sens dessus dessous. Que des féministes françaises aient souhaité s’exprimer sur le sujet, quoi de plus normal ? Que nous, des féministes arabes, espérions trouver sous leurs plumes unanimes une salutaire remise des pendules à l’heure et un regard incrédule sur l’amalgame religion et patriarcat, quoi de plus normal ? Depuis de longues années, les pensées des féministes françaises et des féministes du Sud que nous sommes se croisent, et, sur les discriminations sexistes, nous avons toujours eu globalement les mêmes démarches. Cela confortait notre conviction que le féminisme était universel, puisque, elles d’ici et nous de là-bas, nous partagions des analyses, des colères et des buts identiques. Enfin, pensions-nous, nos amies féministes, sur ce sujet du voile qu’elles connaissent parfaitement, sauront tordre le cou au relativisme culturel qui fleurit bizarrement jusque dans les rangs de la gauche intellectuelle, dans les enceintes sacralisées, comme la Ligue des droits de l’homme ! Eh bien non ! Il faudra ajouter au voile une autre victoire, celle de diviser les féministes, d’obscurcir le clair discours de ce mouvement français par la bouche de certaines de ses plus vaillantes défenderesses, comme on a pu le lire dans le journal le Monde, et de rompre, pour la première fois, les alliances anciennes et si nécessaires entre elles et nous.

Que, pour cette frange intellectuelle, ce soit l’occasion de monter au créneau de la France dominante, cela serait acceptable si, dans le même mouvement, elle ne remettait pas en cause les bases mêmes de notre combat. Il s’agit là d’un dépassement que, nous les féministes du Sud, ne pouvons passer sous silence.

J’ai un solide ressentiment à l’égard de la société patriarcale judéo-chrétienne française qui a oublié et qui continue à oublier les principes qui nous font l’aimer malgré les histoires passées : liberté, égalité, fraternité. C’est sans doute vrai que bon nombre de positions antivoile ne sont pas dictées par un attachement au principe de l’égalité des sexes, et que pour une partie de l’opinion publique, il s’agirait plutôt d’une posture ethnico-culturelle, judéo-chrétienne, et dominante qui s’oppose à une autre posture ethnico-culturelle, franco-musulmane, minoritaire celle-là. Il s’agit en effet très peu de l’affirmation d’un principe qui est le nôtre et d’une contribution au combat que nous menons depuis de longues années. Et s’il en était ainsi, où serait le mal ? Cela veut dire que la majorité en France est égalitariste comme le monsieur Jourdain de Molière fait de la prose ; que les femmes voilées choquent le fonds culturel français. Cela veut dire que l’opinion française a pris du recul avec l’anticléricalisme originel – ­ n’a-t-elle pas accepté depuis longtemps les kippas à l’école ? – ­ et exprime là son refus de voir des jeunes filles couvrir leurs cheveux, donnant ainsi une image violente et archaïque de la subordination des femmes. N’est-ce pas pour cela que nous nous sommes battues, pour que l’égalité des sexes soit non seulement une loi mais une attitude sociale ? Lire la suite

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

Polluxe:

Une mise au point nécessaire face aux idiotes utiles de l’islamisme.

Originally posted on irréductiblement féministe !:

67791378Tribune collective :

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques…

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les djihadistes ne sont pas fous !

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, sur TV7 le 9 janvier 2015. Extraits : Lire la suite

une revue de presse pour Charlie

Articles récents

« Voilà de longues années qu’en tant que politologue, je prône la position suivante : ni amalgame, ni complaisance. J’ai toujours appelé à ne pas remplacer vigipirate par vigiarabe, et à ne pas confondre islam d’une part, islamisme radical d’autre part. En même temps, l’écœurante complaisance de certains doit cesser vis-à-vis de cette menace totalitaire qu’incarne ce dernier, dogme raciste, antisémite, liberticide et phallocrate au dernier degré. C’est toujours en affirmant unis et déterminés leurs valeurs que les démocrates l’emportent, et non en faisant preuve de lâcheté… »
Frédéric Encel, Que cesse la complaisance vis-à-vis de l’islamisme radical, Marianne, 8 janv. 2015 : http://www.marianne.net/Que-cesse-la-complaisance-vis-a-vis-de-l-islamisme-radical_a243695.html

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La laïcité pour les nuls… et pour la ministre

Excellent discours de la philosophe Catherine Kintzler, alias Mezetulle, qui remet, une fois de plus, les idées en place sur la laïcité. Mais c’est épuisant à la fin d’avoir à faire face à un certain gloubiboulga intellectuel, surtout quand il atteint la ministre elle-même, qui considère que les parents accompagnateurs de sorties scolaires – et donc les mères voilées – « ne peuvent être considérés comme des agents auxiliaires du service public » et que donc « leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception », mettant ainsi le principe « de l’implication des familles dans la scolarité de leur enfant et la vie de l’école » au dessus du principe de laïcité. Consternant. On ne sait ce qui l’emporte de la bêtise ou de l’inconscience. Comme le dit très bien C. Kintzler dans son court discours (voir vidéo ci-dessous) :

 » […] une maman reste une maman quand elle vient à un rendez-vous avec un professeur dans une école publique, [mais] elle cesse momentanément d’être une maman lorsqu’elle est temporairement chargée d’élèves qui par définition sont toujours les enfants d’autrui… y compris quand ce sont les siens. Cela, il y a des gens qui ne l’ont pas compris ou, faisons leur plus de crédit, qui font semblant de ne pas l’avoir compris, parce qu’ils refusent de penser que l’école doit offrir aux élèves une double vie. »

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Touche pas à mes allocs !

Le gouvernement vient de prendre des mesures pour moduler les allocations familiales en fonction des revenus des parents. Cette mesure aura au moins le mérite de diminuer les dépenses de l’État. Mais elle a le défaut de ne pas aller au fond du sujet et de ne pas remettre à plat un système conçu au début du 20e siècle, système aujourd’hui obsolète.

Les allocations familiales ont été instaurées en 1932, afin de favoriser l’augmentation de la natalité pour compenser les effets de la 1ere guerre mondiale (1,7 M de morts, classes creuses). Ce caractère nataliste se retrouve aujourd’hui dans le mode d’attribution : le 1er enfant ne donne droit à rien – hors mis la prime de naissance mais au même titre que les autres – et le montant mensuel des allocations augmente avec le nombre d’enfants (avec 2 enfants cela revient à 64,5 € par enfant, avec 4 c’est 115 € et au-delà chaque enfant supplémentaire apporte 165 € par mois). Lire la suite

Combattre le foulardisme

Je reproduis ici l’excellent article de synthèse d’Alban Ketelbuters, doctorant au département de Lettres et d’études féministes de l’Université du Québec à Montréal.

Le verset 38 de la Sourate, Les femmes, proclame que « les hommes sont supérieurs aux femmes, parce que Dieu leur a donné la prééminence sur elles et qu’il les dote de leurs biens. Les femmes doivent être obéissantes et garder les secrets de leurs époux puisque le ciel les a confiées à leur garde. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit et même les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l’abri des mauvais traitements. Dieu est grand et sublime. »

C’est au nom de ces principes autoritaires et sexistes que le voile est revendiqué par les musulmans les plus conservateurs. Le voile islamique constitue à lui seul une violence symbolique en ce qu’il est l’étendard de la domination masculine et de l’intégrisme religieux.

Les féministes qui se portent à la défense des femmes voilées rétorquent souvent qu’il y a des inégalités beaucoup plus graves entre les sexes, celles-ci de nature économique. Mais le principe d’égalité ne se divise pas, et cette hiérarchie rend le discours féministe incompréhensible. Le voile n’est-il pas l’autre « grande défaite historique du sexe féminin » dont parlait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe, qui caractérise les femmes comme « l’inessentiel en face de l’essentiel » ? Elle écrivait, en 1949, ce que nul n’oserait proclamer de nos jours : « La Musulmane voilée et enfermée est encore aujourd’hui dans la plupart des couches de la société une sorte d’esclave ». Des propos qui, à notre époque, vaudrait à Simone de Beauvoir d’être traitée de lepéniste. Lire la suite

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