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Elisabeth Badinter : « Une partie de la gauche a baissé la garde devant le communautarisme »

Entrevue d’Elisabeth Badinter dans Le Monde (2 avril 2016)

La gauche a-t-elle fait fausse route face au communautarisme ?

La gauche est coupée en deux pour des raisons idéologiques respectables et des motivations politiques qui le sont moins. Ma génération a été élevée au lait du relativisme culturel de Claude Lévi-Strauss, qui nous apprit à nous défier du péché d’ethnocentrisme, à penser qu’aucune culture n’était supérieure aux autres. Dans les années 1980, le différentialisme philosophique, largement porté par les féministes américaines, est venu renforcer cette vision du monde. Les universalistes, Simone de Beauvoir en tête, pensaient que les ressemblances entre les hommes et les femmes primaient sur leurs différences. Dans les années 1980, les différentialistes insistaient au contraire sur leurs dissemblances. La collusion du relativisme culturel et du différentialisme fut dramatique et contribua à la remise en cause de l’universalité des droits de l’homme.

Vivons-nous la fin de l’universalisme ?

Nous avions pensé qu’il y avait des valeurs universelles, que les libertés individuelles et l’égalité des sexes s’appliquaient à tous les êtres humains. Or aujourd’hui une partie de la gauche est imprégnée de l’idée que toutes les cultures et traditions se valent et que nous n’avons rien à leur imposer. L’universalité des droits de l’homme est certes contestée, mais ce n’est certainement pas sa fin.

Avez-vous un souvenir précis de ce basculement idéologique ? Lire la suite

Ou pourquoi la gauche n’est plus la gauche

Extrait d’une entrevue avec Jean-Claude Michéa qui analyse la crise de la gauche :

« C’est, du reste, cette impossibilité, commune à toutes les pensées de type “progressiste”, de percevoir le système capitaliste autrement que comme une “force du passé” fondée sur un imaginaire “traditionnaliste” et “patriarcal” (et tout lecteur d’Orwell aura immédiatement reconnu dans cette forme extrême d’aveuglement la marque même de la schizophrénie idéologique) qui explique également qu’une gauche “de mouvement” éprouvera toujours les pires difficultés philosophiques à saisir ce mode de production planétaire et culturellement uniformisateur dans sa dimension constitutive de “fait social total”. Autrement dit, à comprendre que c’est bien, en dernière instance, la même logique indissolublement culturelle et marchande (ce que Debord appelait le “Spectacle” et Marx cette « circulation de l’argent comme capital qui possède son but en elle-même« et qui ne saurait donc admettre “aucune limite”) qui peut, seule, rendre pleinement intelligibles aussi bien le renforcement continuel des inégalités de classe et la chute dans la précarité d’un nombre toujours plus grand de gens ordinaires, que les problèmes de l’École et de la vie urbaine moderne, l’effacement progressif de toutes les frontières offrant encore un minimum de protection aux classes les plus pauvres, le recours grandissant à la gestation pour autrui, à la télésurveillance ou à la “reproduction artificielle de l’humain”, la bétonisation insensée des terres cultivables et la destruction corrélative de l’agriculture paysanne par la chimie de Monsanto et le “productivisme” de l’Union européenne, la corruption croissante du sport professionnel de haut niveau, la prolifération des cancers de l’enfant et le réchauffement climatique, ou encore les progrès continus de l’incivilité quotidienne, de l’insécurité, de la mondialisation du crime organisé et des trafics humains en tout genre. Or il ne fait aujourd’hui aucun doute que les catégories populaires – précisément parce qu’elles en sont toujours les premières victimes – ressentent déjà de manière infiniment plus profonde que tous les sociologues de gauche réunis les effets humainement désastreux de cette intégration dialectique toujours plus poussée entre l’économique, le politique et le culturel. À moins, par conséquent, que la gauche moderne ne parvienne à “changer de peuple” – comme l’y invitait encore récemment Éric Fassin (le vote des étrangers constituant, pour ce clone de gauche d’Agnès Verdier-Molinié, le point de départ indispensable de cette stratégie) – il est donc grand temps, pour elle de commencer à comprendre que si ce flamboyant “libéralisme culturel” qui est aujourd’hui devenu son dernier marqueur électoral et son ultime valeur refuge, suscite un tel rejet de la part des classes populaires, c’est aussi parce que ces dernières ont déjà souvent compris qu’il ne constituait que le corollaire “sociétal” logique du libéralisme économique de Milton Friedman et d’Emmanuel Macron (ce que Jacques Julliard appelle judicieusement « l’alliance, en somme, des pages saumon du Figaro et des pages arc-en-ciel de Libération » ). »

Lire l’entrevue complète : https://comptoir.org/2016/02/26/jean-claude-michea-la-gauche-doit-operer-un-changement-complet-de-paradigme/

Quand une féministe franco-égyptienne dénonce les « islamo-gauchistes »

La réalité donne malheureusement encore l’occasion de s’insurger de la connivence entre une certaine gauche et des islamistes plus ou moins « modérés« . Ceci un mois et demi après des attentats terribles. Sont-ils naïfs, inconscients ou bêtes à manger du foin, de ne pouvoir s’extraire de leur grille de lecture coloniale et de leur « surmoi tiers-mondiste » ?
Voici la réaction d’une féministe franco-égyptienne, Sérénade Chafik :

 » J’apprends avec stupéfaction que le maire communiste de Gennevilliers organise une conférence le 7 janvier prochain à Gennevilliers, date anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et l’épicerie casher, avec Marwan Muhammad, un « Ni Charlie Ni Paris », un islamiste qui lutte ouvertement contre la laïcité qu’il considère comme un instrument de domination xénophobe.
Après les attaques meurtrières de Charlie et de l’épicerie casher, après les attaques de Paris, et alors que ces actes terroristes sont perpétrés au nom de la religion, j’ai cru naïvement qu’on allait réaffirmer notre attachement aux valeurs de la laïcité.

Mon désarroi a été immense quand j’ai découvert que la LDH avec qui j’avais mené certains combats s’associe à des initiatives de promotion de l’islam politique en France, adopte le terme islamophobie faisant acte de rupture avec l’universalisme des droits humains.

Certaines personnalités politiques de gauche ont fait le choix de cautionner les islamistes et organisent avec eux des tribunes alors que la lutte pour la laïcité est très risquée pour beaucoup à travers le monde. Lire la suite

Où Céline Pina dénonce le silence face à la propagande islamiste

Nous, quelques blogueurs de la belle époque (10 ans déjà pour Politeeks, Seb Musset, Cyril Marcant, Jegoun, Olympe, et Aymeric Marlange), avons rencontré au « Kremlin des blogs » Céline Pina. Qui ça ? Céline Pina, l’élue PS du 95 qui a dénoncé le silence coupable de son parti, de la gauche, sur la propagande islamiste qui a lieu en France, notamment dans le cadre du « Salon de la femme musulmane ». Dénonciation qui lui a valu d’être menacée d’exclusion de son parti… ou quand le clientélisme et la politique électorale à la petite semaine vont à l’encontre des valeurs de la République et de de la clameur du 11 janvier.

L’occasion d’écouter son entrevue sur RTL où elle résume très bien tout cela :

Lire aussi des articles et entretiens :

Pour éviter les amalgames, ne soyons pas dans le déni (Huffington Post, 11 janvier 2015)

Nos libertés sont menacées par le discours totalitaire des islamistes (Figaro, 21 septembre 2015)

Enfin ! la gauche bien pensante se réveille

Ça y est, la gauche bien pensante se rend enfin compte que l’islam radical, l’islamisme, débouche sur un régime de type totalitaire. Fini la défense systématique de l’islam inspirée par une culpabilité occidentale mal placée, fini la notion d’« islamiste modéré », fini le relativisme de bon aloi au nom du respect de l’autre. Les faits sont têtus.
Maintenant que des islamistes ont des armes suffisamment puissantes pour conquérir un territoire et y établir un État, maintenant qu’ils peuvent y appliquer leur programme et y faire régner leur loi, on se rend compte qu’il s’agit d’un régime totalitaire théocratique : massacresdestructions de patrimoine, contrôle des femmes via le voile, persécutions des minorités, notamment chrétiennes qui ont le choix entre la conversion, la mort ou l’exil… bref l’application stricte de la loi islamique, de l’obscurantisme à l’état pur. Lire la suite

je ne vous jette pas la pierre, Pierre [Moscovici]

Mardi soir, pour la première fois, a eu lieu le #MoscoDesBlogs, une rencontre entre Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et des blogueurs et blogueuses politiques, comme on dit dans les bars bien informés.
Cette rencontre a eu lieu au 7e étage du très bel immeuble du ministère, dans une salle de réunion avec une vue superbe sur la Seine, Paris et les lumières de la nuit. C’est à ce genre de détail que l’on se rend compte que l’on est dans le saint des saint, LE ministère par qui tout arrive, celui qui tient les cordons de la bourse et les autres ministères par les c…
Bref, l’antre des fermiers généraux qui de tout temps et dans tout État digne de ce nom ont été traités avec les égards et les émoluments dus aux nécessités des rentrées fiscales…
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Roms : Valls ou associations, le gouvernement va devoir choisir

Suite aux démantèlements de camps de Roms et aux expulsions, les associations de défense des Roms (1) ont crié au scandale. Les gauchistes ou « gauche morale » leur ont emboité le pas au point de réveiller Duflot en plein mois d’août. Il y aura donc une réunion interministérielle mercredi prochain. J’espère qu’Ayrault ne commettra pas l’erreur de désavouer son ministre de l’intérieur. La gauche de gouvernement joue là sa crédibilité en matière d’« ordre républicain ».
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et si on écoutait les citoyens ?

Souvent, écouter les citoyens qui sont confrontés à une situation permet de toucher le noeud du problème. Et cela tient en une phrase. Exemple :

«Il faut arrêter de dire qu’on est des petits-bourgeois… On s’en fout, des caravanes et des papiers, on n’est pas insensibles à leur misère, mais ils n’acceptent pas des règles de vie élémentaires… les lois de la République sont les mêmes pour tous.»

Des riverains de Villeneuve d’Ascq qui demandaient depuis plusieurs années – et ont obtenu – l’expulsion du camp de Roms installé en face de chez eux (Source : Le Figaro, 08-08-2012).
Pour se faire entendre, ils ont créé un blog, La voie perdue, où ils publient des billets, des articles de journaux et des vidéos : Lire la suite

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