Archives de Catégorie: politique et société

le coeur du blog

Trois articles pour comprendre Charlottesville

1. L’enjeu actuel

« The simple fact of the matter is that the world has never built a multiethnic democracy in which no particular ethnic group is in the majority and where political equality, social equality and economies that empower all have been achieved. We are engaged in a fight over whether to work together to build such a world. And even those who are, in principle, willing to build that world are fighting with one another, for instance, over issues such as how the compelling state interest in nondiscrimination, confirmed by the Supreme Court decades ago, interacts with rights of association and speech.

This fight is different than our earlier ones because this time everyone begins from the psychological position of fearing to be a member of a vulnerable minority. Experiences of uncertainty, anxiety and endangerment are widely spread. Out of such soil grows the poison plant of extremism. »

Article complet : Charlottesville is not the continuation of an old fight. It is something new, Washington Post, 13 août 2017

2. Le contexte démographique

« Selon un résultat d’analyse de la démographie américaine réalisée par le Centre de Recherche PEW, la communauté hispanique représente près de 50 % de la croissance de la population américaine en 2017. […] On estime qu’en 2044, les blancs non hispaniques seront minoritaires aux Etats-Unis [où] un tiers de la population sera latino. Lire la suite

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Paris nord-est, le tram de l’angoisse

Malheureusement exact…

irréductiblement féministe !

IMG_1642 Canal de l’Ourcq sortie Parc de la Villette vers Pantin 

Ce dimanche après-midi-là, partie découvrir dans le prolongement du Parc de la Villette, le canal de l’Ourcq, direction Pantin et ses moulins restaurés,  je ne pensais pas en revenir aussi déprimée.

Oh la balade fut sympathique, berges piétonnières et jolis petits bateaux de location sur l’eau, le retour, en revanche, plus éprouvant.

Avant de prendre le tram du retour, direction Porte de Vincennes, je m’offre un petit arrêt dans la Cité des Sciences et de l’Industrie, quand soudain je tombe sur une petite famille, un père et ses enfants dont une fillette d’environ 9 ans, soigneusement voilée. Une enfant si jeune qui ne devrait avoir en tête que de s’amuser librement, dans ce musée ludique. Dépitée de constater une fois de plus, que si de plus en plus de femmes sont voilées, les fillettes n’échappent pas  non…

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« Islamophobie » : racisme imaginaire ou réel ?

Émission de CPolémique (France 5) du 19 février 2017, avec Pascal Bruckner et Nadia Redmana de la Brigades des mères : à voir ou à revoir car elle pose bien la problématique dans tous ses aspects idéologiques et concrets.

#JamaisSansElles fête ses 1 an

#JamaisSansElles ? Késako ? Jamais Sans Elles est une association en faveur de la mixité, dont le principe est une action simple :
« Nous ne demandons pas de quotas, de règle écrite, de loi. Un simple engagement personnel face à une évidence : un panel sans la moindre femme est une anomalie notoire, une absurdité criante. […] Dorénavant, nous ne participerons plus à aucune manifestation publique ou événement médiatique […] qui ne compteraient aucune femme parmi un nombre important d’intervenants »(Appel de janvier 2016).

Fondée par Natacha Quester-Séméon et Tatiana F-Salomon, cette association est née d’un d’un Twit de colère du style « c’est quoi cette énième table-ronde sans femme ! » :

Hier, Jamais Sans Elles a soufflé sa 1ère bougie. L’occasion pour ses premiers et éminents membres d’asséner quelques formules chocs :

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Fichu Hidjab, uniforme islamiste

Dans la série Archives, voici une tribune de 2004, parue dans Libération, qui analyse bien le(s) sens de ce vêtement. 12 ans déjà ! Que de temps perdu par certains…

 » Cette nouvelle forme de voile, uniforme, un fichu, le hidjab, est apparu, dans l’actualité, à la rentrée scolaire de 1989, avec «l’affaire de Creil», qui concernait deux jeunes soeurs marocaines. Ceci est curieusement survenu au moment même où les jeunes filles de l’immigration maghrébine, nées en France après le «regroupement familial» de 1975, et alors d’âge scolaire, venaient à fréquenter l’école en nombre. Or, elles se trouvaient y remporter davantage de succès que leurs frères, si bien qu’elles trouvaient leur place dans la société française sans les problèmes que posaient plus souvent les garçons. Or, tout a semblé alors se passer comme si le port de ces fichus islamistes par quelques écolières musulmanes avait été opportunément encouragé par les propagandistes de mouvements islamistes, dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’anti-intégration de ces jeunes filles, promues en modernes affiches des nouveaux signes d’un islamisme politique. Lire la suite

Il y a un siècle, caricaturer les religions était moins dangereux qu’aujourd’hui

Il y a plus d’un siècle, à Paris, le journal satirique L’assiette au beurre publiait un numéro sur les religions. Les dessinateurs, dont Kupka, n’en sont pas morts assassinés pour autant, comme le rappelle très justement le texte de présentation de cet expo au Musée d’Orsay :

Orsay_kupka1

Voir les dessins : Lire la suite

Chèr(e) étudiant(e) de Sciences Po…

Billet de Djemila Benhabib (26 avril 2016) – extraits

« Cher étudiant de Sciences Po, le 20 avril dernier, tu as organisé (par simple bonté ?) une journée pour célébrer le voilement des femmes avec une tranquillité d’âme déconcertante. Il s’agit là de l’enfermement de ma fille, de celui de ma mère, du mien, ainsi que de celui de millions de femmes à travers le monde. D’où te vient cette faculté de rendre exotique l’aliénation des autres?
[…] Ma révolte est née de la souffrance. Alors, je vais répéter une évidence : jamais je n’accepterai, ici, ce que j’ai refusé là-bas. Là-bas étant l’Algérie de mon enfance, défigurée par l’hydre islamiste dans les années quatre-vingt-dix et marquée par le refus obstiné de la barbarie et des voiles de la servitude.
[…] Cher étudiant de Sciences Po, en reprenant à ton compte la symbolique du voile, c’est-à-dire la stricte séparation entre les femmes « pures » et les femmes « impures », tu m’entraînes sur le terrain de la moralité. Tu te comportes comme un tuteur patenté. De quel droit me places-tu sous ta tutelle ?

[…] Cher étudiant de Sciences Po, si ce voile n’était qu’un vêtement comme un autre, il ne serait pas imposé avec autant de vigueur et de rigueur aux Iraniennes et aux Saoudiennes, pour ne citer que ces deux exemples. Annexé, le corps de la femme devient la possession de l’homme, de l’imam, du tyran et d’Allah, partageant tous la même détestation des femmes. Soumettez-vous, obéissez, acceptez votre sous-humanité ! crient-ils à l’unisson. Ce contrôle du corps dans l’espace intime se déplace peu à peu dans l’espace public. A plus grande échelle, la violence domestique devient le laboratoire d’une violence sociétale systémique. Les femmes jugées immorales se trouvent doublement condamnées: par l’État (la police des mœurs), loin de les protéger, et par la société, qui les conspue. Cette mise en scène de la transgression par le corps de l’ordre moral et politique est un appel délibéré à la vindicte populaire. En faisant de la sexualité des femmes l’affaire de tous, ceux qui s’entichent de pureté et d’abstinence fusionnent la sphère privée et la sphère publique. Or, le détachement de la sphère privée de la sphère publique est l’un des fondements de la modernité, qui rend possible l’exercice démocratique et garantit le respect des libertés individuelles.
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Elisabeth Badinter : « Une partie de la gauche a baissé la garde devant le communautarisme »

Entrevue d’Elisabeth Badinter dans Le Monde (2 avril 2016)

La gauche a-t-elle fait fausse route face au communautarisme ?

La gauche est coupée en deux pour des raisons idéologiques respectables et des motivations politiques qui le sont moins. Ma génération a été élevée au lait du relativisme culturel de Claude Lévi-Strauss, qui nous apprit à nous défier du péché d’ethnocentrisme, à penser qu’aucune culture n’était supérieure aux autres. Dans les années 1980, le différentialisme philosophique, largement porté par les féministes américaines, est venu renforcer cette vision du monde. Les universalistes, Simone de Beauvoir en tête, pensaient que les ressemblances entre les hommes et les femmes primaient sur leurs différences. Dans les années 1980, les différentialistes insistaient au contraire sur leurs dissemblances. La collusion du relativisme culturel et du différentialisme fut dramatique et contribua à la remise en cause de l’universalité des droits de l’homme.

Vivons-nous la fin de l’universalisme ?

Nous avions pensé qu’il y avait des valeurs universelles, que les libertés individuelles et l’égalité des sexes s’appliquaient à tous les êtres humains. Or aujourd’hui une partie de la gauche est imprégnée de l’idée que toutes les cultures et traditions se valent et que nous n’avons rien à leur imposer. L’universalité des droits de l’homme est certes contestée, mais ce n’est certainement pas sa fin.

Avez-vous un souvenir précis de ce basculement idéologique ? Lire la suite

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