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« Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? »

A l’heure où à Cologne, le soir du 31 décembre, ont eu lieu des agressions massives de femmes par des foules masculines rappelant ce qui s’est passé en Egypte dans l’histoire récente, voici un article de Robert Skidelsky qui va au cœur de plusieurs sujets qui se croisent : islam, immigration, intégration, cultures, valeurs…  A partir de la situation britannique – mais cela est valable pour l’ensemble de l’Europe – Il a le mérite de poser les vrais questions, pour « éviter d’avancer les yeux fermés » et peut-être arrêter de tourner autour du pot…

L’appel de Donald Trump visant à interdire l’entrée des musulmans sur le territoire des États-Unis a provoqué l’échange suivant avec deux jeunes de mes amis : « Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? » leur ai-je demandé. Ils ont tous les deux renié les prémisses de la question. Les immigrés eux-mêmes, ont-ils suggéré, peuvent avoir des codes moraux réactionnaires, mais leurs enfants, qui vont grandir en Grande-Bretagne, en Amérique ou en Europe continentale aujourd’hui, seront tout à fait différents. Mais est-ce bien vrai ?
Ma question ne portait pas en particulier sur le terrorisme islamiste (le fondement manifeste du coup d’éclat de M. Trump), mais sur la menace constituée par l’immigration musulmane à grande échelle à l’encontre du code de conduite morale que mes jeunes amis, comme la plupart des Européens instruits, acceptent à présent sans discussion. Terrorisme mis à part, ne s’inquiéteraient-ils pas si l’islam devait acquérir une influence croissante sur la loi et la politique britanniques ?

Ce n’est pas une pure hypothèse. La population musulmane en Europe était de 44,1 millions en 2010, soit 6 % du total. Il y avait 2,7 millions de musulmans au Royaume-Uni en 2011 (4,8 % de la population), contre 1,6 million en 2001. Étant donné les récentes tendances de l’immigration et surtout le taux de fertilité supérieur à la moyenne des musulmans (trois enfants par famille contre une moyenne britannique de 1,8), la part musulmane de la population britannique va nécessairement se développer dans les décennies à venir.

La plus grande partie de l’Europe suit la même trajectoire démographique. Lire la suite

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Pour sauver le projet européen, il faut le libérer du dogme européiste

Excellente tribune d’Hubert Védrine qui résume bien la situation des pays européens :

L’Europe, ou plus exactement l’Union européenne est dans un état de grave déréliction ou au moins d’hébétude, 58 ans après le traité de Rome, 30 ans après les accords de Schengen, 25 ans après le traité de Maastricht. Et malgré son fonctionnement de routine et ses sommets à répétition, c’est l’état d’urgence. Cela devait arriver : malgré ses réussites incomparables, cette construction idéaliste, mais aussi péremptoire et en partie artificielle, devait être rattrapée par le monde réel. Nous y voilà.

Sa fragilité est profonde, interne et externe

Fragilité interne d’abord : voulue par la plus grande part des élites de droite et de gauche, menée pendant des décennies «dans l’intérêt des peuples», mais sans eux, si ce n’est des consultations épisodiques, la construction européenne se heurte depuis plus de vingt ans à une résistance croissante passive ou active. De référendums gagnés ric-rac en référendums perdus, et considérant les 60 % d’abstention en moyenne aux élections au Parlement européen, le décrochage est manifeste.

Pourtant le catéchisme paternaliste et autoritaire des européistes restait inébranlable : l’Europe ne pouvait qu’avancer (le sens de l’Histoire, la téléologie, la théorie du vélo), il fallait toujours «plus d’Europe», avoir le courage de «faire un saut fédéral», dépasser les «égoïsmes nationaux» (quid alors des intérêts nationaux ?). C’était très mal de se «replier sur soi» (d’où l’élargissement constant et confiant de Schengen sans que soit créé un vrai contrôle à la périphérie). On a fait adopter par les parlements, des textes rejetés par référendum (Constitution/Traité de Lisbonne) et, s’il le fallait, on faisait revoter les peuples jusqu’à ce qu’ils se prononcent dans le bon sens, négligeant les traumatismes infligés à la psyché-démocratique.
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la bande à Gaza

Le conflit israélo-palestien a repris de manière intense, suite à l’enlèvement et à l’assassinat de trois israéliens. Une fois de plus. Ce qui n’a rien d’étonnant pour un conflit qui dure depuis 1967 voir 1948 (voir la vidéo « comprendre le conflit par les cartes »). Comme souvent des manifestations « pro-palestiniennes » ont lieu. Classique. Ce qui est nouveau, c’est que des organisations (dont le NPA de Besancenot) ont bravé une interdiction de manifester et que cela s’est soldé par des violences clairement antisémites à Barbés et à Sarcelles, avec des attaques de commerces tenus par des juifs.

Certains y voient un lien avec l’interdiction, mais seules quelques manifestations ont été interdites en région parisienne, suite aux débordements des précédentes, alors qu’en province il n’y a pas eu de problèmes. D’autres y voient une spécificité française, mais le même genre de débordements a eu lieu à Bruxelles : « Des cris « mort aux juifs » ont été entendus tand is qu’un jeune, désigné comme « juif » par des vociférateurs, se faisait poursuivre. La police a fait fermer la station de métro « Gare centrale » […] La foule était essentiellement composée de femmes, d’enfants et d’hommes issus de l’immigration. Du haut d’une camionnette, le caractère« politique » de la manifestation avait été rappelé par des organisateurs, sans toutefois empêcher que fusent des « Allah Akbar ». » (Le soir, 19/07/2014).

La cause principale est ailleurs, Lire la suite

Crier au fascisme ne tue pas le FN

C’est un historien qui vient d’écrire la meilleure analyse sur la montée du Front National. il rappelle justement que le fascisme est une mouvement politique aux caractéristiques historiques précises qui ne s’applique pas à tout mouvement d’extrême-droite. Les jeunes manifestants (et abstentionistes ?) de l’anti-fascisme feraient bien de relire leurs cours d’histoire, car pour combattre un phénomène encore faut-il bien le définir (les mots sont importants…).

Il serait grand temps de prendre les bons axes d’analyse et de mettre à plat certains sujets, en traitant du fond sans se contenter de postures. Et ceci en France comme dans l’Union Européenne, car – comme le soulignait Dominique Reynié en commentaire des résultats des élections européennes du 25 mai dernier – la montée de l’extrême-droite n’a pas lieu qu’en France ou dans des pays en graves difficultés économiques : il y a l’Autriche, la Hongrie, le Danemark, les Pays-Bas… C’est un problème européen qui a aussi à voir avec le système de valeurs, l’identité, la civilisation. Faute de bien cerner le phénomène, il y a de fortes chances que les élections présidentielles de 2017 soit le calque de celles de 2002. Voici l’article en question d’André Ropert : Lire la suite

Roms : Valls ou associations, le gouvernement va devoir choisir

Suite aux démantèlements de camps de Roms et aux expulsions, les associations de défense des Roms (1) ont crié au scandale. Les gauchistes ou « gauche morale » leur ont emboité le pas au point de réveiller Duflot en plein mois d’août. Il y aura donc une réunion interministérielle mercredi prochain. J’espère qu’Ayrault ne commettra pas l’erreur de désavouer son ministre de l’intérieur. La gauche de gouvernement joue là sa crédibilité en matière d’« ordre républicain ».
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harcèlement de rue : Bruxelles, Le Caire, même combat ?

Depuis fin juillet, le hashtag ou balise #HarcelementDeRue fait le buzz sur Twitter. Il sert à marquer et regrouper tous les témoignages de femmes sur le harcèlement qu’elles subissent dans la rue ou les espaces publics, de la part d’hommes bien sûr. Le buzz a été si fort qu’il a atteint la ministre.


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et si on écoutait les citoyens ?

Souvent, écouter les citoyens qui sont confrontés à une situation permet de toucher le noeud du problème. Et cela tient en une phrase. Exemple :

«Il faut arrêter de dire qu’on est des petits-bourgeois… On s’en fout, des caravanes et des papiers, on n’est pas insensibles à leur misère, mais ils n’acceptent pas des règles de vie élémentaires… les lois de la République sont les mêmes pour tous.»

Des riverains de Villeneuve d’Ascq qui demandaient depuis plusieurs années – et ont obtenu – l’expulsion du camp de Roms installé en face de chez eux (Source : Le Figaro, 08-08-2012).
Pour se faire entendre, ils ont créé un blog, La voie perdue, où ils publient des billets, des articles de journaux et des vidéos : Lire la suite

lois mémorielles : on en remet une couche

Il serait grand temps d’arrêter de jouer avec la boite de Pandore !
Et il vaut le faire pour de bonnes raisons avant d’avoir à le faire pour de mauvaises… Je m’explique.

L’Assemblée Nationale viens d’adopter une proposition de loi visant à pénaliser la négation des génocides reconnus comme tel par le code pénal. C’est bien sûr le génocide arménien de 1915 dans l’Empire Ottoman qui est au coeur de cette proposition – la Turquie ne s’y est pas trompée – car elle vient à la suite de propositions similaires plus ciblées : celle de 2006 visant à pénaliser la négation de l’existence du génocide arménien, proposition votée à l’AN mais retoquée au Sénat, et celle de 2010 déposée puis refusée au Sénat.
Ces propositions déposées par des membres du PS avaient été refusées par un Sénat de droite, mais maintenant que la gauche y est majoritaire, d’aucuns se sont sans doute dits que cela pouvait peut-être enfin passer, tandis que d’autres font mine de s’y opposer alors qu’ils ont voté la loi de 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien… Passons. Lire la suite

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