Archives de Catégorie: BEST OF

Il y a un siècle, caricaturer les religions était moins dangereux qu’aujourd’hui

Il y a plus d’un siècle, à Paris, le journal satirique L’assiette au beurre publiait un numéro sur les religions. Les dessinateurs, dont Kupka, n’en sont pas morts assassinés pour autant, comme le rappelle très justement le texte de présentation de cet expo au Musée d’Orsay :

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Voir les dessins : Lire la suite

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Ou pourquoi la gauche n’est plus la gauche

Extrait d’une entrevue avec Jean-Claude Michéa qui analyse la crise de la gauche :

« C’est, du reste, cette impossibilité, commune à toutes les pensées de type “progressiste”, de percevoir le système capitaliste autrement que comme une “force du passé” fondée sur un imaginaire “traditionnaliste” et “patriarcal” (et tout lecteur d’Orwell aura immédiatement reconnu dans cette forme extrême d’aveuglement la marque même de la schizophrénie idéologique) qui explique également qu’une gauche “de mouvement” éprouvera toujours les pires difficultés philosophiques à saisir ce mode de production planétaire et culturellement uniformisateur dans sa dimension constitutive de “fait social total”. Autrement dit, à comprendre que c’est bien, en dernière instance, la même logique indissolublement culturelle et marchande (ce que Debord appelait le “Spectacle” et Marx cette « circulation de l’argent comme capital qui possède son but en elle-même« et qui ne saurait donc admettre “aucune limite”) qui peut, seule, rendre pleinement intelligibles aussi bien le renforcement continuel des inégalités de classe et la chute dans la précarité d’un nombre toujours plus grand de gens ordinaires, que les problèmes de l’École et de la vie urbaine moderne, l’effacement progressif de toutes les frontières offrant encore un minimum de protection aux classes les plus pauvres, le recours grandissant à la gestation pour autrui, à la télésurveillance ou à la “reproduction artificielle de l’humain”, la bétonisation insensée des terres cultivables et la destruction corrélative de l’agriculture paysanne par la chimie de Monsanto et le “productivisme” de l’Union européenne, la corruption croissante du sport professionnel de haut niveau, la prolifération des cancers de l’enfant et le réchauffement climatique, ou encore les progrès continus de l’incivilité quotidienne, de l’insécurité, de la mondialisation du crime organisé et des trafics humains en tout genre. Or il ne fait aujourd’hui aucun doute que les catégories populaires – précisément parce qu’elles en sont toujours les premières victimes – ressentent déjà de manière infiniment plus profonde que tous les sociologues de gauche réunis les effets humainement désastreux de cette intégration dialectique toujours plus poussée entre l’économique, le politique et le culturel. À moins, par conséquent, que la gauche moderne ne parvienne à “changer de peuple” – comme l’y invitait encore récemment Éric Fassin (le vote des étrangers constituant, pour ce clone de gauche d’Agnès Verdier-Molinié, le point de départ indispensable de cette stratégie) – il est donc grand temps, pour elle de commencer à comprendre que si ce flamboyant “libéralisme culturel” qui est aujourd’hui devenu son dernier marqueur électoral et son ultime valeur refuge, suscite un tel rejet de la part des classes populaires, c’est aussi parce que ces dernières ont déjà souvent compris qu’il ne constituait que le corollaire “sociétal” logique du libéralisme économique de Milton Friedman et d’Emmanuel Macron (ce que Jacques Julliard appelle judicieusement « l’alliance, en somme, des pages saumon du Figaro et des pages arc-en-ciel de Libération » ). »

Lire l’entrevue complète : https://comptoir.org/2016/02/26/jean-claude-michea-la-gauche-doit-operer-un-changement-complet-de-paradigme/

« Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? »

A l’heure où à Cologne, le soir du 31 décembre, ont eu lieu des agressions massives de femmes par des foules masculines rappelant ce qui s’est passé en Egypte dans l’histoire récente, voici un article de Robert Skidelsky qui va au cœur de plusieurs sujets qui se croisent : islam, immigration, intégration, cultures, valeurs…  A partir de la situation britannique – mais cela est valable pour l’ensemble de l’Europe – Il a le mérite de poser les vrais questions, pour « éviter d’avancer les yeux fermés » et peut-être arrêter de tourner autour du pot…

L’appel de Donald Trump visant à interdire l’entrée des musulmans sur le territoire des États-Unis a provoqué l’échange suivant avec deux jeunes de mes amis : « Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? » leur ai-je demandé. Ils ont tous les deux renié les prémisses de la question. Les immigrés eux-mêmes, ont-ils suggéré, peuvent avoir des codes moraux réactionnaires, mais leurs enfants, qui vont grandir en Grande-Bretagne, en Amérique ou en Europe continentale aujourd’hui, seront tout à fait différents. Mais est-ce bien vrai ?
Ma question ne portait pas en particulier sur le terrorisme islamiste (le fondement manifeste du coup d’éclat de M. Trump), mais sur la menace constituée par l’immigration musulmane à grande échelle à l’encontre du code de conduite morale que mes jeunes amis, comme la plupart des Européens instruits, acceptent à présent sans discussion. Terrorisme mis à part, ne s’inquiéteraient-ils pas si l’islam devait acquérir une influence croissante sur la loi et la politique britanniques ?

Ce n’est pas une pure hypothèse. La population musulmane en Europe était de 44,1 millions en 2010, soit 6 % du total. Il y avait 2,7 millions de musulmans au Royaume-Uni en 2011 (4,8 % de la population), contre 1,6 million en 2001. Étant donné les récentes tendances de l’immigration et surtout le taux de fertilité supérieur à la moyenne des musulmans (trois enfants par famille contre une moyenne britannique de 1,8), la part musulmane de la population britannique va nécessairement se développer dans les décennies à venir.

La plus grande partie de l’Europe suit la même trajectoire démographique. Lire la suite

Et si on arrêtait l’auto-flagellation ?

Je reproduis ici des extraits d’un billet de Christine Le Doaré dont je partage l’analyse et qui est « en rage contre l’idéologie machiste et mortifère du terrorisme, mais aussi contre tous ses soutiens directs ou indirects ».
Et je me fais cette réflexion : pourquoi faut-il encore enfoncer le clou sur ce sujet ? Il est grand temps pour certains de sortir de la culpabilité post-coloniale et de mettre à jour leur grille de lecture.

 » Les victimes du 11 janvier dernier,  dessinateurs, clients juifs d’un supermarché,  n’étaient pas moins innocentes que celles du 13 novembre. Mais en frappant Paris, la France, au cœur de sa diversité, dans des lieux de convivialité, symboles de notre mode de vie, les terroristes islamistes ont-ils au moins ôté aux lamentables « JeNeSuisPasCharlie », la possibilité de brandir l’accusation fallacieuse d’ « islamophobie provocatrice ». Même s’ils ne manquent déjà de trouver des raisons et même des excuses aux assassins fanatisés, on les voit tout de même assez mal brailler « JeNeSuisPasParis ».
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Où Céline Pina dénonce le silence face à la propagande islamiste

Nous, quelques blogueurs de la belle époque (10 ans déjà pour Politeeks, Seb Musset, Cyril Marcant, Jegoun, Olympe, et Aymeric Marlange), avons rencontré au « Kremlin des blogs » Céline Pina. Qui ça ? Céline Pina, l’élue PS du 95 qui a dénoncé le silence coupable de son parti, de la gauche, sur la propagande islamiste qui a lieu en France, notamment dans le cadre du « Salon de la femme musulmane ». Dénonciation qui lui a valu d’être menacée d’exclusion de son parti… ou quand le clientélisme et la politique électorale à la petite semaine vont à l’encontre des valeurs de la République et de de la clameur du 11 janvier.

L’occasion d’écouter son entrevue sur RTL où elle résume très bien tout cela :

Lire aussi des articles et entretiens :

Pour éviter les amalgames, ne soyons pas dans le déni (Huffington Post, 11 janvier 2015)

Nos libertés sont menacées par le discours totalitaire des islamistes (Figaro, 21 septembre 2015)

Crier au fascisme ne tue pas le FN

C’est un historien qui vient d’écrire la meilleure analyse sur la montée du Front National. il rappelle justement que le fascisme est une mouvement politique aux caractéristiques historiques précises qui ne s’applique pas à tout mouvement d’extrême-droite. Les jeunes manifestants (et abstentionistes ?) de l’anti-fascisme feraient bien de relire leurs cours d’histoire, car pour combattre un phénomène encore faut-il bien le définir (les mots sont importants…).

Il serait grand temps de prendre les bons axes d’analyse et de mettre à plat certains sujets, en traitant du fond sans se contenter de postures. Et ceci en France comme dans l’Union Européenne, car – comme le soulignait Dominique Reynié en commentaire des résultats des élections européennes du 25 mai dernier – la montée de l’extrême-droite n’a pas lieu qu’en France ou dans des pays en graves difficultés économiques : il y a l’Autriche, la Hongrie, le Danemark, les Pays-Bas… C’est un problème européen qui a aussi à voir avec le système de valeurs, l’identité, la civilisation. Faute de bien cerner le phénomène, il y a de fortes chances que les élections présidentielles de 2017 soit le calque de celles de 2002. Voici l’article en question d’André Ropert : Lire la suite

« je souhaiterais être un homme libre »

C’est le cri du coeur d’une yéménite qui décortique dans son blog le paradoxe du voile (1). Avec le ton de l’enfance et de la découverte, elle reparcourt les étapes de sa vie :  la séparation d’avec les garçons à la puberté, l’école, l’université et le discours du voile nécessaire contre la femme tentatrice, le regard appuyé et impudique des hommes de son pays…

Elle n’évoque jamais la domination masculine mais celle-ci se profile derrière chaque phrase, chaque question, dont le leitmotiv est « pourquoi ? »  Pourquoi les hommes ne seraient-ils pas des objets de tentation qui devraient eux aussi se voiler ? Lire la suite

les islamistes ne sont pas dangereux…

Charlie Hebdo film anti-islamOui, les islamistes ne sont pas dangereux !
Ce sont leurs « idiots utiles » qui le sont.

Entendons-nous bien. Les islamistes sont dangereux de par leur idéologie et surtout leurs méthodes (destructions de patrimoine, attentats, assassinats, manifestations violentes…). Mais ça, c’est à peu près clair et facilement repérable. Ils jouent leur jeu, avancent leurs pions, repoussent les limites, pour arriver à leurs fins.
Bref ils font la guerre.
Ce qui à mon avis est tout aussi dangereux car plus sournois, c’est le fait de manquer de fermeté et de clarté quand il s’agit de défendre, face à eux, les valeurs fondamentales de la démocratie, de la République, bref de l’esprit des lumières. Lire la suite

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