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#JamaisSansElles fête ses 1 an

#JamaisSansElles ? Késako ? Jamais Sans Elles est une association en faveur de la mixité, dont le principe est une action simple :
« Nous ne demandons pas de quotas, de règle écrite, de loi. Un simple engagement personnel face à une évidence : un panel sans la moindre femme est une anomalie notoire, une absurdité criante. […] Dorénavant, nous ne participerons plus à aucune manifestation publique ou événement médiatique […] qui ne compteraient aucune femme parmi un nombre important d’intervenants »(Appel de janvier 2016).

Fondée par Natacha Quester-Séméon et Tatiana F-Salomon, cette association est née d’un d’un Twit de colère du style « c’est quoi cette énième table-ronde sans femme ! » :

Hier, Jamais Sans Elles a soufflé sa 1ère bougie. L’occasion pour ses premiers et éminents membres d’asséner quelques formules chocs :

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Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme

Il faut arrêter de dorloter l’intégrisme
Ce texte écrit en 2013 par une québecoise, Nadia Alexan, garde toute son actualité.

« Pourquoi j’appuie la Charte des valeurs québécoises, que je préfère appeler Charte de la citoyenneté ? Je suis d’origine égyptienne. Tout le temps que j’ai vécu en Égypte, où j’ai grandi et suis allée à l’école et à l’université dans les années soixante, je n’ai jamais vu une seule femme voilée. Qu’est-il arrivé depuis ce temps pour que le voile soit si répandu ? L’islam politique propagé par les pétrodollars de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis a envahi non seulement le Moyen-Orient, où il n’arrête pas de réclamer le retour strict de la charia, mais aussi l’Occident [1], où il mène une campagne très énergique pour conquérir la civilisation des Lumières et ramener la gloire du califat du VIe siècle.

Ce courant salafiste mine les gains faits par des féministes courageuses, comme les Égyptiennes Hoda Sharaawi et Nawal el Saadawi, qui se sont battues pour faire avancer les droits des femmes et les sortir de l’emprise de la religion [2]. Les musulmanes portant le voile qui se prétendent féministes trahissent le combat mené par ces femmes héroïques, qui se sont débarrassées du voile, symbole de la soumission au patriarcat.

Il n’y a rien, ni dans la culture ni dans le Coran, qui oblige la femme musulmane à porter le voile. […] Le voile n’est pas un bout de tissu anodin, comme on le prétend. Bien au contraire, il véhicule le prosélytisme d’un islam fanatique et totalitaire. La plupart des musulmanes de Montréal ne portent pas le voile. Sont-elles moins pieuses pour autant ?

Ce voile symbolise la soumission de la femme aux diktats d’un patriarcat qui n’aime ni la modernisation ni l’émancipation des femmes. Ce voile témoigne de la barbarie de l’excision, imposée aux femmes en Égypte et ailleurs, du mariage forcé des fillettes à l’âge de neuf ans, de la lapidation, de la polygamie, des fatwas, de l’interdiction de la liberté d’expression, et j’en passe. Ce voile cache le mépris des hommes qui traitent les femmes comme des biens à posséder. Je pense que les hommes sont des lâches pour ainsi mettre le fardeau religieux sur la tête des femmes.

[Certains se rangent] du mauvais côté de l’histoire [en affirmant] que l’interdiction du port du voile dans la fonction publique exclurait les femmes. Je pense que c’est le contraire qui se produit. Les femmes voilées s’excluent elles-mêmes ; en portant le voile de l’aliénation, elles montrent qu’elles ne veulent pas s’intégrer. De plus, elles font peur aux dirigeants par leurs demandes d’accommodements religieux, de prière pendant les heures de travail et de congés supplémentaires. Lire la suite

Féministes, je vous écris d’Alger

Féministes, je vous écris d’Alger
Une tribune de 2004, de Wassyla Tamzali, toujours criante d’actualité…

« La question du voile aura décidément mis la France de gauche sens dessus dessous. Que des féministes françaises aient souhaité s’exprimer sur le sujet, quoi de plus normal ? Que nous, des féministes arabes, espérions trouver sous leurs plumes unanimes une salutaire remise des pendules à l’heure et un regard incrédule sur l’amalgame religion et patriarcat, quoi de plus normal ? Depuis de longues années, les pensées des féministes françaises et des féministes du Sud que nous sommes se croisent, et, sur les discriminations sexistes, nous avons toujours eu globalement les mêmes démarches. Cela confortait notre conviction que le féminisme était universel, puisque, elles d’ici et nous de là-bas, nous partagions des analyses, des colères et des buts identiques. Enfin, pensions-nous, nos amies féministes, sur ce sujet du voile qu’elles connaissent parfaitement, sauront tordre le cou au relativisme culturel qui fleurit bizarrement jusque dans les rangs de la gauche intellectuelle, dans les enceintes sacralisées, comme la Ligue des droits de l’homme ! Eh bien non ! Il faudra ajouter au voile une autre victoire, celle de diviser les féministes, d’obscurcir le clair discours de ce mouvement français par la bouche de certaines de ses plus vaillantes défenderesses, comme on a pu le lire dans le journal le Monde, et de rompre, pour la première fois, les alliances anciennes et si nécessaires entre elles et nous.

Que, pour cette frange intellectuelle, ce soit l’occasion de monter au créneau de la France dominante, cela serait acceptable si, dans le même mouvement, elle ne remettait pas en cause les bases mêmes de notre combat. Il s’agit là d’un dépassement que, nous les féministes du Sud, ne pouvons passer sous silence.

J’ai un solide ressentiment à l’égard de la société patriarcale judéo-chrétienne française qui a oublié et qui continue à oublier les principes qui nous font l’aimer malgré les histoires passées : liberté, égalité, fraternité. C’est sans doute vrai que bon nombre de positions antivoile ne sont pas dictées par un attachement au principe de l’égalité des sexes, et que pour une partie de l’opinion publique, il s’agirait plutôt d’une posture ethnico-culturelle, judéo-chrétienne, et dominante qui s’oppose à une autre posture ethnico-culturelle, franco-musulmane, minoritaire celle-là. Il s’agit en effet très peu de l’affirmation d’un principe qui est le nôtre et d’une contribution au combat que nous menons depuis de longues années. Et s’il en était ainsi, où serait le mal ? Cela veut dire que la majorité en France est égalitariste comme le monsieur Jourdain de Molière fait de la prose ; que les femmes voilées choquent le fonds culturel français. Cela veut dire que l’opinion française a pris du recul avec l’anticléricalisme originel – ­ n’a-t-elle pas accepté depuis longtemps les kippas à l’école ? – ­ et exprime là son refus de voir des jeunes filles couvrir leurs cheveux, donnant ainsi une image violente et archaïque de la subordination des femmes. N’est-ce pas pour cela que nous nous sommes battues, pour que l’égalité des sexes soit non seulement une loi mais une attitude sociale ? Lire la suite

le 8 mars toute l’année (en vrai)

8marstoutelanneePour lancer son site « le 8 mars c’est toute l’année », le Ministère des droits des femmes avait organisé, le jeudi 7 mars à la Cité des sciences, une soirée de lancement à laquelle mes camarades blogueuses et blogueurs étions conviés. Nous étions coté presse dont les rangs se sont nettement clairsemés après le discours inaugural du Président de la République. Très bon discours d’ailleurs.
Ensuite, témoignages (en direct ou en vidéos), interviews, sketchs et musique se sont succédés, mêlant sérieux et divertissement, avec pour fil rouge les droits des femmes bien sûr. Cette alternance bien rythmée a rendu la soirée à la fois intéressante et agréable. Quant on sait que le Ministère des droits des femmes a tout organisé lui-même (restrictions budgétaires obligent), je dis chapeau !

Outre le témoignage du père de Malala qui était émouvant, ce qui m’a le plus intéressée ce sont les interviews en direct de Françoise Héritier et de Liliane Kandel. Lire la suite

harcèlement de rue : Bruxelles, Le Caire, même combat ?

Depuis fin juillet, le hashtag ou balise #HarcelementDeRue fait le buzz sur Twitter. Il sert à marquer et regrouper tous les témoignages de femmes sur le harcèlement qu’elles subissent dans la rue ou les espaces publics, de la part d’hommes bien sûr. Le buzz a été si fort qu’il a atteint la ministre.


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le courage à nu

En Egypte, une blogueuse ose poser nue sur son blog pour défendre la liberté d’expression.  Ses photos sont simples, sans grand artifice, comme celles d’un chat ou d’un arbre, nus eux aussi. Il y a aussi des dessins, des photos d’art et un photo-montage où elle pose devant « La liberté guidant le peuple » de Delacroix.
Le message est clair…
Bien sûr la nudité humaine n’a pas le même sens que la nudité animale et l’on ne se promène pas nu dans la rue, mais la nudité a ses espaces et elle fait partie de la liberté artistique.
En guise de manifeste, elle déclare : Lire la suite

on ne nait pas féministe, on le devient [2/2]

commander l'ouvrageIl est des livres qui servent de révélateurs. Parce qu’ils mettent des mots sur des situations vécues jusque là confusément et qu’ils leur donnent un sens. Pour Olympe ce fut La distinction de Bourdieu, me disait-elle un jour que nous étions attablées côte à côte. A son tour, le livre qu’elle vient d’écrire sous son véritable nom, « Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? », pourrait appartenir à cette catégorie.

Vous vous demandez pourquoi, alors que l’égalité est inscrite dans la Constitution et dans la loi, que la société a changé depuis l’époque de votre grand-mère, vous avez l’impression d’être traitée différemment, d’être « moins égale que d’autres ». Pourquoi, alors que vous travaillez autant que votre conjoint, vous devez assumer plus de tâches domestiques. Pourquoi, alors que vous êtes compétente et sérieuse, on ne vous propose pas de promotion. Pourquoi, alors que les femmes font depuis longtemps des études supérieures de haut niveau, les milieux politiques et décisionnels sont majoritairement masculins. La réponse est là. Lire la suite

on ne nait pas féministe, on le devient [1/2]

J’avais rencontré Claudine Monteil lors d’un MDB où elle était venue nous parler de Beauvoir et de ses combats. La passion et l’énergie qu’elle mettait dans son témoignage et dans la défense de ses idées, je les ai retrouvés dans son dernier ouvrage « Simone de Beauvoir et les femmes d’aujourd’hui ».

Cet essai, qui fait le lien entre les combats d’hier et la situation actuelle, prend la forme d’une correspondance virtuelle avec Beauvoir. Pourquoi un tel choix ? La première lettre le dit avec clarté : parce que Claudine l’aime toujours, d’une amitié profonde que le temps et la séparation n’ont pas altérée depuis le premier coup de foudre en 1970.
Extraits : Lire la suite

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