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1er débat, 1ères impressions en vrac

Hier soir, comme je n’ai pas pu aller au KDB, j’ai suivi le 1er débat des primaires du PS. En fait de débat, il y a d’abord eu de courtes déclarations, des interviews individuels, un grand interview à plusieurs orchestré par Pujadas et pour finir, à nouveau, de courtes déclarations. Pas vraiment d’échanges directs, en dehors d’une passe d’armes sur le nucléaire entre Aubry et Hollande, pendant  laquelle on a pu entendre Valls en voix off  se lâcher : « c’est bien là, ça s’anime ! »…
C’est dire le coté lissé de l’exercice, style je veux surtout pas me disputer avec mon petit camarade que je devrai soutenir aux présidentielles… Bref, cela avait un coté scolaire, entre Question pour un champion spécial grandes écoles et Le maillon faible, avec Pujadas dans le rôle du bizut content de mettre sur le gril ses ainés (au début, entre les interviews individuels, il gloussait sans que l’on sache vraiment pourquoi…).

A mon avis, les trois vainqueurs de l’exercice sont Montebourg, Valls et Aubry. Lire la suite

ensemble rien n’est possible

Les yeux mi-clos, le cerveau encore embrumé par le sommeil, j’ai crû que je rêvais ce matin en entendant sur France-Inter Ségolène Royal annoncer sa séparation de François Hollande. Entretien exclusif mais pas vraiment un scoop puisque c’était un secret de Polichinelle… Surprise quand même par le fait qu’elle le révèle. Après un énorme soupir.

et maintenant ?

Alors qu’une poignée d’irréductibles à la Bastille et à Tolbiac (800 étudiants maximum soit 2 % des étudiants de l’université Paris 1…) a pu croire que le « grand soir » était arrivé, au mépris de la démocratie (53 % des voix pour Sarkozy avec 84 % de participation… mais les gauchistes sont-ils des démocrates ?), alors que François Bayrou fait le pari fou de son MoDem après l’hémorragie des députés UDF (même Jean-Louis Bourlanges), alors que le nouveau président accouche d’une ouverture gouvernementale dans la douleur, où en sommes-nous ?
Deux analyses intéressantes (donc je les cite) permettent d’y répondre, celle de Sylvain Attal : « L’histoire retiendra, enfin, le gâchis d’une gauche qui, malgré une bonne candidate, pour avoir échoué dans sa modernisation programatique, a laissé passer une victoire qui était à portée de main. » et celle d’Hugues : « Nous voici donc forcés, avant d’en arriver à l’étape Blair, de passer par la phase Thatcher : la société va devenir plus dure, moins coopérative, plus inégalitaire, moins solidaire pendant quelques années mais les grands équilibres finiront par être rétablis lorsque la gauche, recomposée autour d’un projet clairement social-démocrate, reprendra la main sur une droite ayant achevé le sale boulot. ». 
Ca me rappelle ce film récent de Niels Arestrup, Le Candidat , où un parti politique présente un nouveau candidat dans le but inavoué de perdre, pour ne pas avoir à faire le sale boulot et préserver le parti… Qui sait ?

cap central (2)

Après la conférence de presse de Bayrou, je ne sais pas pourquoi me vient à l’esprit cette réplique célèbre : « si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi »… Sans doute le coté mousquetaire béarnais… François Bayrou ne donne pas de consignes de vote (on se doutait bien qu’on allait devoir se décider tout seul) et crée un nouveau parti, le Parti Démocrate. C’est un peu comme s’il créait ce parti social-démocrate tant attendu tout seul, en espérant attirer de nouveaux venus… de la gauche ? C’est un pari risqué en l’absence de proportionnelle aux législatives, car il devra passer le 1er tour, mais espérons que cela va marcher. 
Il a été plus critique envers Sarkozy, sur son « système de gouvernement des Hauts-de-Seine » et son rapport avec les médias (ce qui lui a valu des applaudissements !) . Et même s’il a refusé les « avances inconvenantes » de Ségolène Royal, il ne ferme pas la porte et accepte de débattre avec elle, ce qui donnera ce spectacle hallucinant pour un 2ème tour d’un débat entre une candidate en lice et un candidat éliminé ! On n’est peut-être pas au bout de nos surprises.

cap central

Participation : 84,6 %
Sarkozy : 31,1 %
Royal : 25,8 %
Bayrou : 18,5 %
Situation inédite au premier tour d’une présidentielle. Vu la participation les réserves de voix sont limitées. Les leaders d’extrême-gauche ont déjà appelé à voter Royal et ceux de leurs électeurs traditionnels qui ont voté utile au premier tour ne vont pas changer d’avis : dans ces eaux là c’est le domaine du Tout Sauf Sarkozy
Le PS a donc l’opportunité de laisser tomber sans risque l’extrême-gauche (qui est de fait captive dans cette élection) et de faire alliance avec le centre pour fonder un véritable courant social-démocrate, sur le modèle italien par exemple.
Que va-t-il faire ? Comme on dit à la NASA c’est une fenêtre de tir unique…
Three, two, one… ignition !

l’inconnu de la banlieue

Le nombre d’inscrits sur les listes électorales a augmenté de façon « significative » : +4,23 % par rapport à mars 2006 (Le Monde, 27-03-07). Ce serait intéressant de connaître l’évolution par rapport à mars 2005, c’est à dire avant les émeutes. Car ce mouvement semble avoir été fort en banlieue : + 8,5 % dans le 93, + 10 % par exemple à Argenteuil comme le rapporte l’ International Herald Tribune, qui pose la question de l’impact de ces nouveaux inscrits sur le vote, notamment pour Sarkozy.
Les instituts de sondages en ont-ils tenu compte ?
Je connais des gens qui sur la base des sondages font des calculs savants du style « je vote Bayrou pour être sûr que Sarkozy soit battu ». Hum… C’est sur ce même principe que les socialistes ont choisi Ségolène, pensant qu’elle pouvait les faire gagner… Il serait peut-être plus sain d’en revenir au basique, c’est à dire de choisir en fonction du programme ou de la personnalité du candidat. Pour ne rien regretter.
Entre parenthèses, le PS, qui n’assume pas son coté social-démocrate, n’a que le candidat qu’il mérite… Voir l’analyse d’Eric Besson sur le sujet. Qui avait dit déjà « Mitterrand a laissé le parti socialiste dans l’état dans lequel il l’a trouvé en entrant » ?

les candidats, la laïcité et la loi de 1905

Ce sujet ne fait pas encore fureur dans la campagne. Ces temps-ci on parle plutôt financement des programmes et impôts (c’est toujours mieux que les histoires de scooters…). Encore que le sujet des impôts pourrait permettre d’y raccrocher la laïcité au moyen de la question suivante : « l’Etat et donc les contribuables ont-ils vocation à financer la construction de nouveaux édifices religieux ? ». La loi de 1905 dit clairement non, mais d’aucun semble vouloir la « toiletter »… Quelles sont les positions des différents candidats sur le sujet ? Lire la suite

la campagne de Russie

Il y a eu les gaffes au Proche-Orient, en Chine, ou sur l’indépendance du Québec, la « bravitude », ou les jurys citoyens.
Il a eu le verre grossissant des médias voire un peu d’acharnement des journalistes. C’est le cas dernièrement sur le nombre de sous-marins nucléaires : quel intérêt en effet de poser cette question de détail, sinon pour déstabiliser la candidate comme à l’oral du Bac ? Voir le sourire goguenard du journaliste-examinateur et l’air penaud de l’élève Ségolène, tombée dans le piège. Car elle n’est pas à l’aise Ségolène devant les micros, pas toujours claire, pas toujours préparée, facilement sur la défensive…
Et voilà maintenant qu’un imitateur la piège en se faisant passer pour le premier ministre du Québec (cf. Le Figaro), qu’elle lui parle de la Corse et qu’il envisage de faire passer l’enregistrement du coup de fil lors de son spectacle en mars !
Où on va là ? Que cherche-t-il ?
Quant à la note des RG c’est beaucoup de bruits pour rien, pour une fiche biographique que n’importe quel journaliste aurait pu rédiger.
Si l’on ajoute à cela Sarkozy qui ratisse tellement large qu’il se prend pour l’héritier de Jaurès, ça devient du grand n’importe quoi cette campagne…
Et le 22 avril ce sera quoi ? La Bérézina ?

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