Lancement du réseau les VigilantEs

Pour une République laïque et féministe :
« Qui peut encore minimiser les attaques du radicalisme religieux ?
Lorsqu’elles émanent des religions chrétiennes et juives, elles sont dénoncées et combattues par l’ensemble des forces démocratiques, de manière quasi unanime.
Lorsqu’elles émanent de courants musulmans, il se trouve des groupes, des politiques, pour les justifier au prétexte que l’Islam serait « la religion des opprimés de la colonisation ». Le salafisme s’est implanté depuis plus de vingt ans en France. Quiétiste ou pas, cet obscurantisme est dangereux pour les femmes et la démocratie. »

Les VigilantEs

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Considérant :

  • que les atteintes aux droits et libertés des femmes sont sous-évaluées alors qu’elles sont souvent au centre des tensions et conflits communautaires qui déchirent notre pays,
  • que la domination masculine est universelle, n’en déplaise aux tenants du relativisme culturel, même si elle n’a pas partout le même degré de violence,
  • que le clientélisme politique au lieu d’apporter la paix sociale,  porte un grave préjudice à l’intérêt général,
  • que les forces laïques existantes ne semblent pas vouloir prendre la mesure des dangers spécifiques qui pèsent sur les femmes,

nous affirmons que face aux intégrismes religieux qui visent à entraver les libertés des personnes et particulièrement celles des femmes, la laïcité est un rempart, à condition que les revendications féministes soient au cœur d’un projet de société progressiste, laïc et républicain.

Ce réseau de vigilance a pour objet d’informer,  de mobiliser et de peser dans les débats relatifs à la laïcité pour que les revendications…

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Ou pourquoi la gauche n’est plus la gauche

Extrait d’une entrevue avec Jean-Claude Michéa qui analyse la crise de la gauche :

« C’est, du reste, cette impossibilité, commune à toutes les pensées de type “progressiste”, de percevoir le système capitaliste autrement que comme une “force du passé” fondée sur un imaginaire “traditionnaliste” et “patriarcal” (et tout lecteur d’Orwell aura immédiatement reconnu dans cette forme extrême d’aveuglement la marque même de la schizophrénie idéologique) qui explique également qu’une gauche “de mouvement” éprouvera toujours les pires difficultés philosophiques à saisir ce mode de production planétaire et culturellement uniformisateur dans sa dimension constitutive de “fait social total”. Autrement dit, à comprendre que c’est bien, en dernière instance, la même logique indissolublement culturelle et marchande (ce que Debord appelait le “Spectacle” et Marx cette « circulation de l’argent comme capital qui possède son but en elle-même« et qui ne saurait donc admettre “aucune limite”) qui peut, seule, rendre pleinement intelligibles aussi bien le renforcement continuel des inégalités de classe et la chute dans la précarité d’un nombre toujours plus grand de gens ordinaires, que les problèmes de l’École et de la vie urbaine moderne, l’effacement progressif de toutes les frontières offrant encore un minimum de protection aux classes les plus pauvres, le recours grandissant à la gestation pour autrui, à la télésurveillance ou à la “reproduction artificielle de l’humain”, la bétonisation insensée des terres cultivables et la destruction corrélative de l’agriculture paysanne par la chimie de Monsanto et le “productivisme” de l’Union européenne, la corruption croissante du sport professionnel de haut niveau, la prolifération des cancers de l’enfant et le réchauffement climatique, ou encore les progrès continus de l’incivilité quotidienne, de l’insécurité, de la mondialisation du crime organisé et des trafics humains en tout genre. Or il ne fait aujourd’hui aucun doute que les catégories populaires – précisément parce qu’elles en sont toujours les premières victimes – ressentent déjà de manière infiniment plus profonde que tous les sociologues de gauche réunis les effets humainement désastreux de cette intégration dialectique toujours plus poussée entre l’économique, le politique et le culturel. À moins, par conséquent, que la gauche moderne ne parvienne à “changer de peuple” – comme l’y invitait encore récemment Éric Fassin (le vote des étrangers constituant, pour ce clone de gauche d’Agnès Verdier-Molinié, le point de départ indispensable de cette stratégie) – il est donc grand temps, pour elle de commencer à comprendre que si ce flamboyant “libéralisme culturel” qui est aujourd’hui devenu son dernier marqueur électoral et son ultime valeur refuge, suscite un tel rejet de la part des classes populaires, c’est aussi parce que ces dernières ont déjà souvent compris qu’il ne constituait que le corollaire “sociétal” logique du libéralisme économique de Milton Friedman et d’Emmanuel Macron (ce que Jacques Julliard appelle judicieusement « l’alliance, en somme, des pages saumon du Figaro et des pages arc-en-ciel de Libération » ). »

Lire l’entrevue complète : https://comptoir.org/2016/02/26/jean-claude-michea-la-gauche-doit-operer-un-changement-complet-de-paradigme/

Les féministes algériennes avaient prévenu…

img037Lire l’interview édifiant de la sociologue algérienne, Marieme Helie Lucas paru dans Télérama :
MH Lucas fev16 les femmes en 1ere ligne

De la même auteure, sur le même sujet :
De l’européocentrisme comme cache-sexe, et de l‘art de la prestidigitation en politique

« Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? »

A l’heure où à Cologne, le soir du 31 décembre, ont eu lieu des agressions massives de femmes par des foules masculines rappelant ce qui s’est passé en Egypte dans l’histoire récente, voici un article de Robert Skidelsky qui va au cœur de plusieurs sujets qui se croisent : islam, immigration, intégration, cultures, valeurs…  A partir de la situation britannique – mais cela est valable pour l’ensemble de l’Europe – Il a le mérite de poser les vrais questions, pour « éviter d’avancer les yeux fermés » et peut-être arrêter de tourner autour du pot…

L’appel de Donald Trump visant à interdire l’entrée des musulmans sur le territoire des États-Unis a provoqué l’échange suivant avec deux jeunes de mes amis : « Si vous aviez le choix entre l’immigration musulmane et la préservation des valeurs morales libérales, que choisiriez-vous ? » leur ai-je demandé. Ils ont tous les deux renié les prémisses de la question. Les immigrés eux-mêmes, ont-ils suggéré, peuvent avoir des codes moraux réactionnaires, mais leurs enfants, qui vont grandir en Grande-Bretagne, en Amérique ou en Europe continentale aujourd’hui, seront tout à fait différents. Mais est-ce bien vrai ?
Ma question ne portait pas en particulier sur le terrorisme islamiste (le fondement manifeste du coup d’éclat de M. Trump), mais sur la menace constituée par l’immigration musulmane à grande échelle à l’encontre du code de conduite morale que mes jeunes amis, comme la plupart des Européens instruits, acceptent à présent sans discussion. Terrorisme mis à part, ne s’inquiéteraient-ils pas si l’islam devait acquérir une influence croissante sur la loi et la politique britanniques ?

Ce n’est pas une pure hypothèse. La population musulmane en Europe était de 44,1 millions en 2010, soit 6 % du total. Il y avait 2,7 millions de musulmans au Royaume-Uni en 2011 (4,8 % de la population), contre 1,6 million en 2001. Étant donné les récentes tendances de l’immigration et surtout le taux de fertilité supérieur à la moyenne des musulmans (trois enfants par famille contre une moyenne britannique de 1,8), la part musulmane de la population britannique va nécessairement se développer dans les décennies à venir.

La plus grande partie de l’Europe suit la même trajectoire démographique. Lire la suite

Pour sauver le projet européen, il faut le libérer du dogme européiste

Excellente tribune d’Hubert Védrine qui résume bien la situation des pays européens :

L’Europe, ou plus exactement l’Union européenne est dans un état de grave déréliction ou au moins d’hébétude, 58 ans après le traité de Rome, 30 ans après les accords de Schengen, 25 ans après le traité de Maastricht. Et malgré son fonctionnement de routine et ses sommets à répétition, c’est l’état d’urgence. Cela devait arriver : malgré ses réussites incomparables, cette construction idéaliste, mais aussi péremptoire et en partie artificielle, devait être rattrapée par le monde réel. Nous y voilà.

Sa fragilité est profonde, interne et externe

Fragilité interne d’abord : voulue par la plus grande part des élites de droite et de gauche, menée pendant des décennies «dans l’intérêt des peuples», mais sans eux, si ce n’est des consultations épisodiques, la construction européenne se heurte depuis plus de vingt ans à une résistance croissante passive ou active. De référendums gagnés ric-rac en référendums perdus, et considérant les 60 % d’abstention en moyenne aux élections au Parlement européen, le décrochage est manifeste.

Pourtant le catéchisme paternaliste et autoritaire des européistes restait inébranlable : l’Europe ne pouvait qu’avancer (le sens de l’Histoire, la téléologie, la théorie du vélo), il fallait toujours «plus d’Europe», avoir le courage de «faire un saut fédéral», dépasser les «égoïsmes nationaux» (quid alors des intérêts nationaux ?). C’était très mal de se «replier sur soi» (d’où l’élargissement constant et confiant de Schengen sans que soit créé un vrai contrôle à la périphérie). On a fait adopter par les parlements, des textes rejetés par référendum (Constitution/Traité de Lisbonne) et, s’il le fallait, on faisait revoter les peuples jusqu’à ce qu’ils se prononcent dans le bon sens, négligeant les traumatismes infligés à la psyché-démocratique.
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Quand une féministe franco-égyptienne dénonce les « islamo-gauchistes »

La réalité donne malheureusement encore l’occasion de s’insurger de la connivence entre une certaine gauche et des islamistes plus ou moins « modérés« . Ceci un mois et demi après des attentats terribles. Sont-ils naïfs, inconscients ou bêtes à manger du foin, de ne pouvoir s’extraire de leur grille de lecture coloniale et de leur « surmoi tiers-mondiste » ?
Voici la réaction d’une féministe franco-égyptienne, Sérénade Chafik :

 » J’apprends avec stupéfaction que le maire communiste de Gennevilliers organise une conférence le 7 janvier prochain à Gennevilliers, date anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et l’épicerie casher, avec Marwan Muhammad, un « Ni Charlie Ni Paris », un islamiste qui lutte ouvertement contre la laïcité qu’il considère comme un instrument de domination xénophobe.
Après les attaques meurtrières de Charlie et de l’épicerie casher, après les attaques de Paris, et alors que ces actes terroristes sont perpétrés au nom de la religion, j’ai cru naïvement qu’on allait réaffirmer notre attachement aux valeurs de la laïcité.

Mon désarroi a été immense quand j’ai découvert que la LDH avec qui j’avais mené certains combats s’associe à des initiatives de promotion de l’islam politique en France, adopte le terme islamophobie faisant acte de rupture avec l’universalisme des droits humains.

Certaines personnalités politiques de gauche ont fait le choix de cautionner les islamistes et organisent avec eux des tribunes alors que la lutte pour la laïcité est très risquée pour beaucoup à travers le monde. Lire la suite

Pour battre le FN, il faudra combattre l’islamisme. Vraiment.

Je republie ci-dessous une interview de la philosophe Alexandra Laignel-Lavastin* qui date de juin 2015. Elle dénonce l’interminable aveuglement des prêtres du politiquement correct face à l’idéologie de l’islam radical. Aveuglement doublement dangereux, face à l’islamisme et face au FN. On a vu le résultat dimanche dernier. « Faire barrage au FN » avec des manœuvres électorales ne suffira pas, il faudra bien un jour parler du fond, des idées, des choix politiques, des préoccupations des français et des européens…

« Atlantico  : Vous dénoncez avec vigueur la complaisance de trop nombreux intellectuels à l’égard de l’islam radical ou « identitaire ». Vous nous refaites La Trahison des clercs de Julien Benda ?

Alexandra Laignel-Lavastine : Lulien Benda fustigeait en 1927 l’étrange fascination de ses pairs pour le fascisme, leur « religion du particulier » et leur « mépris de l’universel ». Il se trouve que je suis une historienne du fascisme et j’observe une rhinocérisation analogue depuis le 11-Septembre [2001], si ce n’est qu’elle se déploie désormais… au nom de l’« antifascisme » ! Consternant. Par crainte d’alimenter « l’islamophobie » et pour cause de substantif amalgamant, l’Europe pensante s’est illustrée dans le déni et l’art de se crever mentalement les yeux face à l’émergence du nouveau totalitarisme : l’islamisme.
Après les massacres de janvier 2015, on aurait pu croire que ces esprits faux devenus fous se tapiraient dans la honte — décence minimale oblige. Et bien non ! Ils ont réussi à nous faire retomber dans « l’avant-Charlie » aussitôt après : voilà que le 11 janvier serait une « imposture » et qu’il ne s’agit déjà plus de combattre l’islam radical ou antisystème des banlieues et leurs compagnons de route, mais le Front national, le « Parti de l’ordre » et les « islamophobes »… Le président François Hollande vient d’en remettre une couche dans son discours au Panthéon en parlant, avec un pluriel hautement confusionniste, « de devoir de vigilance face aux haines de la démocratie » — trois poncifs en une proposition, un exploit ! Alors oui, nous assistons à une nouvelle et gravissime déraison des clercs.

Où risque de nous emmener cette pente régressive ?

Droit dans le mur, ou plutôt vers une Europe submergée par la vague nationale-populiste qui monte partout. Magnifique « première » : ce sont cette fois nos élites somnambules et enivrées par leur politiquement correct qui risquent de porter l’extrême droite au pouvoir et de faire ainsi advenir le politiquement abject. Il est suicidaire de continuer à ne pas prendre en charge les angoisses identitaires, l’insécurité culturelle et les inquiétudes qu’inspire l’islam à plus de la moitié des Européens. Ces derniers sont déjà désemparés par une mondialisation qui les détrône et les déprime tant ils ont le sentiment d’y avoir perdu la maîtrise de leur destin. Cette conjoncture est très dangereuse. Lire la suite

Et si on arrêtait l’auto-flagellation ?

Je reproduis ici des extraits d’un billet de Christine Le Doaré dont je partage l’analyse et qui est « en rage contre l’idéologie machiste et mortifère du terrorisme, mais aussi contre tous ses soutiens directs ou indirects ».
Et je me fais cette réflexion : pourquoi faut-il encore enfoncer le clou sur ce sujet ? Il est grand temps pour certains de sortir de la culpabilité post-coloniale et de mettre à jour leur grille de lecture.

 » Les victimes du 11 janvier dernier,  dessinateurs, clients juifs d’un supermarché,  n’étaient pas moins innocentes que celles du 13 novembre. Mais en frappant Paris, la France, au cœur de sa diversité, dans des lieux de convivialité, symboles de notre mode de vie, les terroristes islamistes ont-ils au moins ôté aux lamentables « JeNeSuisPasCharlie », la possibilité de brandir l’accusation fallacieuse d’ « islamophobie provocatrice ». Même s’ils ne manquent déjà de trouver des raisons et même des excuses aux assassins fanatisés, on les voit tout de même assez mal brailler « JeNeSuisPasParis ».
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