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Elisabeth Badinter : « Une partie de la gauche a baissé la garde devant le communautarisme »

Entrevue d’Elisabeth Badinter dans Le Monde (2 avril 2016)

La gauche a-t-elle fait fausse route face au communautarisme ?

La gauche est coupée en deux pour des raisons idéologiques respectables et des motivations politiques qui le sont moins. Ma génération a été élevée au lait du relativisme culturel de Claude Lévi-Strauss, qui nous apprit à nous défier du péché d’ethnocentrisme, à penser qu’aucune culture n’était supérieure aux autres. Dans les années 1980, le différentialisme philosophique, largement porté par les féministes américaines, est venu renforcer cette vision du monde. Les universalistes, Simone de Beauvoir en tête, pensaient que les ressemblances entre les hommes et les femmes primaient sur leurs différences. Dans les années 1980, les différentialistes insistaient au contraire sur leurs dissemblances. La collusion du relativisme culturel et du différentialisme fut dramatique et contribua à la remise en cause de l’universalité des droits de l’homme.

Vivons-nous la fin de l’universalisme ?

Nous avions pensé qu’il y avait des valeurs universelles, que les libertés individuelles et l’égalité des sexes s’appliquaient à tous les êtres humains. Or aujourd’hui une partie de la gauche est imprégnée de l’idée que toutes les cultures et traditions se valent et que nous n’avons rien à leur imposer. L’universalité des droits de l’homme est certes contestée, mais ce n’est certainement pas sa fin.

Avez-vous un souvenir précis de ce basculement idéologique ? Lire la suite

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La leçon de Molenbeek 2 [revue de presse]

Molenbeek : communautarisme et clientélisme, ou quand les mêmes causes produisent les mêmes effets, en Belgique comme en France

« Pendant vingt ans, une sorte d’omerta a régné. Ceux qui tentaient de la briser étaient traités d’islamophobes ou de racistes. […] Bien avant que le think tank « Terra Nova », proche du Parti socialiste français, ne le théorise, Philippe Moureaux [le bourgmestre] avait compris que l’avenir du socialisme (bruxellois) passait par les immigrés qui allaient devenir, symboliquement, le nouveau prolétariat, remplaçant une classe ouvrière autochtone en rapide diminution.
[…] Au niveau fédéral, le vigilant sénateur Moureaux est aux premières loges pour simplifier la législation sur le regroupement familial et l’acquisition de la nationalité (qui devient quasi automatique), accorder le droit de vote aux étrangers et, à son initiative, la lutte contre le racisme est érigée en nouveau paradigme du discours politique.
[…] un modèle communautariste se met en place. Visites fréquentes dans les mosquées (qui appellent à bien voter lors des campagnes électorales), subventions d’associations musulmanes, mise à disposition des locaux de la commune pour des écoles coraniques, placement sur la liste PS de proches des mosquées, participation visible aux Fêtes de l’Aïd El Kébir ainsi qu’à des défilés anti-israéliens où l’on scande des slogans antisémites. »

Article complet : http://www.lalibre.be/debats/opinions/molenbeek-merci-philippe-56499f1d3570bccfaf1369ca#.

Hind Fraihi : «Les autorités ne voulaient pas croire ce qu’il se passait à Molenbeek»

« Quelle responsabilité ont l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït dans ce phénomène à Molenbeek ?
Ils y exercent une influence importante à travers l’idéologie extrémiste du wahhabisme qu’ils disséminent. J’ai eu sous les yeux des publications où il est clairement écrit qu’il faut tuer les mécréants et les juifs. Que les femmes doivent rester voilées et ne pas sortir de leur foyer. La loi islamique l’emporte sur la loi démocratique. On ne croit pas à la démocratie, la souveraineté politique est inférieure à celle d’Allah. C’est le contenu de toutes les lectures. Elles sont diffusées dans les mosquées légales ou clandestines, les librairies, les sièges d’associations de la commune. C’est un totalitarisme très visible dans la vie publique de Molenbeek.
Vous évoquez une possible révolution des femmes… Dans quel sens ira-t-elle ?
On aura le meilleur et le pire. Les femmes s’engagent dans la société. Elles veulent réussir dans la vie intellectuelle et cela se traduira par des signes positifs – des femmes insérées professionnellement avec des postes et des salaires corrects –, mais aussi des signes négatifs, puisque il y a de plus en plus de femmes radicalisées. A ce rythme, il y aura bientôt des femmes kamikazes, mais aussi d’autres qui détiendront des rôles plus importants dans les réseaux djihadistes. Si les femmes prennent cette double trajectoire contradictoire, on va au-devant de sérieux problèmes. Les femmes éduquent leurs enfants avec cet esprit de radicalisation. La femme pourrait alors devenir la première école du djihadisme. »

Article complet : http://www.letemps.ch/monde/2016/03/30/hind-fraihi-autorites-ne-voulaient-croire-qu-se-passait-molenbeek?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article

La gauche se trompe dans le débat sur l’islam : tous les pays où vivent des musulmans souffrent de radicalisme
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Quand une féministe franco-égyptienne dénonce les « islamo-gauchistes »

La réalité donne malheureusement encore l’occasion de s’insurger de la connivence entre une certaine gauche et des islamistes plus ou moins « modérés« . Ceci un mois et demi après des attentats terribles. Sont-ils naïfs, inconscients ou bêtes à manger du foin, de ne pouvoir s’extraire de leur grille de lecture coloniale et de leur « surmoi tiers-mondiste » ?
Voici la réaction d’une féministe franco-égyptienne, Sérénade Chafik :

 » J’apprends avec stupéfaction que le maire communiste de Gennevilliers organise une conférence le 7 janvier prochain à Gennevilliers, date anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo et l’épicerie casher, avec Marwan Muhammad, un « Ni Charlie Ni Paris », un islamiste qui lutte ouvertement contre la laïcité qu’il considère comme un instrument de domination xénophobe.
Après les attaques meurtrières de Charlie et de l’épicerie casher, après les attaques de Paris, et alors que ces actes terroristes sont perpétrés au nom de la religion, j’ai cru naïvement qu’on allait réaffirmer notre attachement aux valeurs de la laïcité.

Mon désarroi a été immense quand j’ai découvert que la LDH avec qui j’avais mené certains combats s’associe à des initiatives de promotion de l’islam politique en France, adopte le terme islamophobie faisant acte de rupture avec l’universalisme des droits humains.

Certaines personnalités politiques de gauche ont fait le choix de cautionner les islamistes et organisent avec eux des tribunes alors que la lutte pour la laïcité est très risquée pour beaucoup à travers le monde. Lire la suite

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