La laïcité pour les nuls… et pour la ministre

Excellent discours de la philosophe Catherine Kintzler, alias Mezetulle, qui remet, une fois de plus, les idées en place sur la laïcité. Mais c’est épuisant à la fin d’avoir à faire face à un certain gloubiboulga intellectuel, surtout quand il atteint la ministre elle-même, qui considère que les parents accompagnateurs de sorties scolaires – et donc les mères voilées – « ne peuvent être considérés comme des agents auxiliaires du service public » et que donc « leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception », mettant ainsi le principe « de l’implication des familles dans la scolarité de leur enfant et la vie de l’école » au dessus du principe de laïcité. Consternant. On ne sait ce qui l’emporte de la bêtise ou de l’inconscience. Comme le dit très bien C. Kintzler dans son court discours (voir vidéo ci-dessous) :

 » […] une maman reste une maman quand elle vient à un rendez-vous avec un professeur dans une école publique, [mais] elle cesse momentanément d’être une maman lorsqu’elle est temporairement chargée d’élèves qui par définition sont toujours les enfants d’autrui… y compris quand ce sont les siens. Cela, il y a des gens qui ne l’ont pas compris ou, faisons leur plus de crédit, qui font semblant de ne pas l’avoir compris, parce qu’ils refusent de penser que l’école doit offrir aux élèves une double vie. »

Rappel sur la signification du voile islamique : comme le dit Malika Sorel dans un interview Voile à l’école : la réponse de Malika Sorel à Najat Vallaud-Belkacem :

Pour que les Français comprennent bien les défis dans lesquels ils ont été entraînés malgré eux, je souhaite rappeler que le voile, comme l’avait longuement développé l’islamologue Abdelwahab Meddeb dans une tribune publiée en décembre 2009 dans le Monde, n’est pas un simple bout de tissu. Il constitue, pour citer ses mots, « une atteinte au principe de l’égalité et de la dignité partagées entre les sexes (…) et qu’il convient de situer la prescription du voile dans une société misogyne, construite sur la séparation des sexes, sur une hiérarchie des genres. »

J’ajouterai que dans ce combat, on a pris et on prend souvent l’angle de la laïcité, un peu par défaut, parce qu’il n’est pas facile de cerner l’ennemi, mais qu’au fond c’est un combat plus large contre un modèle obscurantiste, incarné dans l’islamisme.

Publié le 30 octobre 2014, dans politique et société, vidéos, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Un grand merci à vous pour la limpidité de ce texte et la lucidité sans concessions mais aussi sans totalitarisme de Madame Sorel . Belle démonstration de la nécessité de résister aux attaques contre la laïcité seule garante du  » vivre ensemble  » . En amalgamant la  » liberté  » des cultes dans l’espace public à une liberté tous azimuts dans les institutions de la République , le pouvoir conforte objectivement le lit du FhaiNe et des réacs de tous bords . Il en portera la responsabilité s’il s’obstine dans cette dérive .

  2. En fait, en parlant de laïcité pour les nuls, la constitution précise bien que c’est la république qui est laïque, pas la société française.
    En conséquence de quoi les agents publics sont soumis à une obligation de neutralité, ce qui leur interdit le port du voile par exemple.

    La question était de savoir si des mères accompagnatrices pouvaient être considérées comme des agents publics et donc soumises à cette obligation de neutralité.
    Ce à quoi le conseil d’état a répondu: non, les mères ne sont ni des agents, ni des collaboratrices, mais des usagers. Donc, elles peuvent porter le voile, par principe mais il peut y avoir interdiction en raison de circonstances spécifiques.
    Ainsi, la ministre de l’éducation nationale ne fait-elle qu’appliquer la loi sans inverser aucun principe.
    (c’était ma modeste contribution à la laïcité expliquée aux nuls)

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