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Pour sauver le projet européen, il faut le libérer du dogme européiste

Excellente tribune d’Hubert Védrine qui résume bien la situation des pays européens :

L’Europe, ou plus exactement l’Union européenne est dans un état de grave déréliction ou au moins d’hébétude, 58 ans après le traité de Rome, 30 ans après les accords de Schengen, 25 ans après le traité de Maastricht. Et malgré son fonctionnement de routine et ses sommets à répétition, c’est l’état d’urgence. Cela devait arriver : malgré ses réussites incomparables, cette construction idéaliste, mais aussi péremptoire et en partie artificielle, devait être rattrapée par le monde réel. Nous y voilà.

Sa fragilité est profonde, interne et externe

Fragilité interne d’abord : voulue par la plus grande part des élites de droite et de gauche, menée pendant des décennies «dans l’intérêt des peuples», mais sans eux, si ce n’est des consultations épisodiques, la construction européenne se heurte depuis plus de vingt ans à une résistance croissante passive ou active. De référendums gagnés ric-rac en référendums perdus, et considérant les 60 % d’abstention en moyenne aux élections au Parlement européen, le décrochage est manifeste.

Pourtant le catéchisme paternaliste et autoritaire des européistes restait inébranlable : l’Europe ne pouvait qu’avancer (le sens de l’Histoire, la téléologie, la théorie du vélo), il fallait toujours «plus d’Europe», avoir le courage de «faire un saut fédéral», dépasser les «égoïsmes nationaux» (quid alors des intérêts nationaux ?). C’était très mal de se «replier sur soi» (d’où l’élargissement constant et confiant de Schengen sans que soit créé un vrai contrôle à la périphérie). On a fait adopter par les parlements, des textes rejetés par référendum (Constitution/Traité de Lisbonne) et, s’il le fallait, on faisait revoter les peuples jusqu’à ce qu’ils se prononcent dans le bon sens, négligeant les traumatismes infligés à la psyché-démocratique.
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15 + 9 = 27 – 5 + 2

Schengen
C’est la nouvelle équation de l’espace Schengen après l’entrée de 9 pays d’Europe centrale. En effet 2 pays n’appartenant pas à l’UE sont associés à l’espace Schengen (Islande, Norvège) tandis que sur les 27 pays de l’UE, 5 n’en font pas partie : Chypre, Bulgarie et Roumanie mais aussi Royaume-Uni et Irlande ; ces 2 pays bénéficient de la clause d’opting-in c’est à dire qu’ils participent à certaines dispositions (coopération policière et judiciaire, Système Informatique Schengen) mais gardent le contrôle de leurs frontières. On reconnait bien là le pragmatisme de nos voisins anglo-saxons qui consiste à avoir les avantages d’une situation et à en éviter les inconvénients. Et ils ont raison ! Lire la suite

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