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le vent du boulet

Bonne émission de Mots Croisés hier soir sur le phénomène Royal qui a permis de faire le tour de la question. Ségolène plaît aux classes populaires, aux classes moyennes, à l’ensemble des français, non pas que ses propositions soient très nouvelles ou révolutionnaires, non, ce qui plait ce sont les valeurs sous-jacentes de son discours ( le civisme, la fermeté et la justice, par opposition au laxisme, à l’angélisme…) et sa capacité à reconnaître la réalité des problèmes (l’insécurité notamment). En se positionnant sur des thèmes considérés comme de droite – ce qu’Eric Dupin sur son blog qualifie de « triangulation » – elle va à contre-courant de la culture de gauche depuis 40 ans et elle oblige les socialistes à sortir de leurs « moulins à prières ». Et les éléphants barrissent, envoient à la charge les seconds couteaux, en se disant sans doute qu’ils la tiennent, qu’ils vont la coincer, mais rien n’y fait, elle monte Ségolène… Comme l’a reconnu Daniel Cohn Bendit « elle est la seule à pouvoir battre Sarkozy ». Celui-ci ne s’y est pas trompé d’ailleurs et a senti passer « le vent du boulet » comme il est dit dans un article du Figaro intitulé Sécurité : comment Sarkozy s’est fait piller ses idées. Lire la suite

les raisons d’un succès

Ségolène Royal a du succès. Sans doute pour deux raisons : d’abord parce que comme Sarkozy elle a renoncé à la langue de bois, appelle un chat un chat et n’hésite pas au nom de ses valeurs à briser les tabous et à se frotter à la réalité ; ensuite parce qu’elle répond aux attentes des classes populaires, ceux qui n’ont pas profité des 35 heures et ont vu leurs conditions de travail empirer, ceux qui subissent l’insécurité au quotidien dans les banlieues, ceux que Jean-Luc Mélenchon qualifient avec mépris de « petits blancs » alors qu’ils constituent la base sociale de la gauche – mais peut-être ne sont-ils plus assez politiquement correct pour demeurer le peuple ? Lire deux billets intéressants sur ce sujet : Lire la suite

triste mot

Découvert par hasard au fil de la blogosphère, un néologisme issu des sciences sociales : désaffiliation. Construit sans doute par opposition à affiliation, la désaffiliation désigne le phénomène d’isolement et de rupture du lien social qui affecte un nombre croissant de personnes dans les sociétés modernes.

Les anciennes formes de sociabilité sont mises à mal : l’urbanisation rend les rapports humains plus anonymes, l’entreprise fragmente plus qu’elle ne rassemble, le nombre de divorces et de familles monoparentales augmente, les handicaps et la vieillesse isolent dans une société où la perfection corporelle et la jeunesse sont des valeurs en soi.
Le Monde, 12 mai 06.

Entre les solidarités traditionnelles de la famille, de la localité, desquelles les individus s’étaient extraits pour gagner en autonomie et les protections sociales, assises sur une mutualisation des risques qui semblaient nous détourner des solidarités, s’est donc désormais creusé un espace de solitude flagrant mais secret. Ces formes d’isolement […] qui touche un nombre de plus en plus important de personnes âgées mais également d’individus fragilisés par la vie, nous rappelle qu’à côté de ceux qui ont fait le choix de la solitude se multiplient la foule de ceux qui n’ont que le choix d’être seuls.
Nouvelle critique sociale, 24 février 06.

La République des Idées a organisé dans le cadre du forum « la nouvelle critique sociale » en mai 2006, une table ronde sur le sujet « solitude et désaffiliation » : lire les articles sur leur blog ou écouter la conférence 

violences et territoires

A l’heure où des émeutes ont eu lieu dans le 93, il peut être utile de revenir sur un rapport de la police des Yvelines décrivant le profil des émeutiers de novembre en quelques chiffres : 6 sur 10 avaient un passé judiciaire, 2/3 étaient d’origine africaine ou nord-africaine, 1/4 au chômage, les 3/4 en emploi ou en formation, la moitié mineurs ; ceux d’âge scolaire avaient un « parcours scolaire chaotique » et étaient « décrits par les enseignants comme insolents, provocants, perturbateurs, ne reconnaissant généralement pas l’autorité des professeurs et des adultes. » Ce dernier point est essentiel, c’est le noeud du problème ; bien sûr le comportement des policiers n’est pas parfait mais quand bien même le serait-il que cela ne suffirait pas car leur présence est considérée comme gênante et illégitime, comme s’ils n’avaient pas à faire la loi dans les cités… Entendu sur France 2 le témoignage d’un enseignant suite à l’agression d’une collègue : « l’établissement est au milieu de la cité et ils considèrent que la loi de la cité doit s’y appliquer ». C’est une forme de lutte pour le contrôle d’un territoire, avec en embuscade les barbus qui aimeraient bien eux aussi imposer leur loi… Pour une fois une socialiste semble avoir pris la mesure du problème et ne pas s’arrêter aux habituelles excuses sociales et économiques – même si par ailleurs les difficultés économiques sont bien réelles et doivent être traitées en tant que telles : Lire la suite

émeutes vues d’ailleurs

du Cambodge

de Suisse

d’Allemagne

« Nous avons perdu l’Algérie, nous ne perdrons pas Clichy-sous-Bois ! »

d’Espagne

La libérté guidant le peuple… « Mais quel peuple ? Si la moitié est cloitrée chez elle pendant que l’autre incendie la ville… »

des Etats-Unis

« Nous vous avons amené un expert dans l’art de gouverner les musulmans » (Sadam Hussein)

… et pour ceux qui lisent l’anglais, un article : France’s lost territories

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