Archives du blog

Pour battre le FN, il faudra combattre l’islamisme. Vraiment.

Je republie ci-dessous une interview de la philosophe Alexandra Laignel-Lavastin* qui date de juin 2015. Elle dénonce l’interminable aveuglement des prêtres du politiquement correct face à l’idéologie de l’islam radical. Aveuglement doublement dangereux, face à l’islamisme et face au FN. On a vu le résultat dimanche dernier. « Faire barrage au FN » avec des manœuvres électorales ne suffira pas, il faudra bien un jour parler du fond, des idées, des choix politiques, des préoccupations des français et des européens…

« Atlantico  : Vous dénoncez avec vigueur la complaisance de trop nombreux intellectuels à l’égard de l’islam radical ou « identitaire ». Vous nous refaites La Trahison des clercs de Julien Benda ?

Alexandra Laignel-Lavastine : Lulien Benda fustigeait en 1927 l’étrange fascination de ses pairs pour le fascisme, leur « religion du particulier » et leur « mépris de l’universel ». Il se trouve que je suis une historienne du fascisme et j’observe une rhinocérisation analogue depuis le 11-Septembre [2001], si ce n’est qu’elle se déploie désormais… au nom de l’« antifascisme » ! Consternant. Par crainte d’alimenter « l’islamophobie » et pour cause de substantif amalgamant, l’Europe pensante s’est illustrée dans le déni et l’art de se crever mentalement les yeux face à l’émergence du nouveau totalitarisme : l’islamisme.
Après les massacres de janvier 2015, on aurait pu croire que ces esprits faux devenus fous se tapiraient dans la honte — décence minimale oblige. Et bien non ! Ils ont réussi à nous faire retomber dans « l’avant-Charlie » aussitôt après : voilà que le 11 janvier serait une « imposture » et qu’il ne s’agit déjà plus de combattre l’islam radical ou antisystème des banlieues et leurs compagnons de route, mais le Front national, le « Parti de l’ordre » et les « islamophobes »… Le président François Hollande vient d’en remettre une couche dans son discours au Panthéon en parlant, avec un pluriel hautement confusionniste, « de devoir de vigilance face aux haines de la démocratie » — trois poncifs en une proposition, un exploit ! Alors oui, nous assistons à une nouvelle et gravissime déraison des clercs.

Où risque de nous emmener cette pente régressive ?

Droit dans le mur, ou plutôt vers une Europe submergée par la vague nationale-populiste qui monte partout. Magnifique « première » : ce sont cette fois nos élites somnambules et enivrées par leur politiquement correct qui risquent de porter l’extrême droite au pouvoir et de faire ainsi advenir le politiquement abject. Il est suicidaire de continuer à ne pas prendre en charge les angoisses identitaires, l’insécurité culturelle et les inquiétudes qu’inspire l’islam à plus de la moitié des Européens. Ces derniers sont déjà désemparés par une mondialisation qui les détrône et les déprime tant ils ont le sentiment d’y avoir perdu la maîtrise de leur destin. Cette conjoncture est très dangereuse. Lire la suite

Publicités

Crier au fascisme ne tue pas le FN

C’est un historien qui vient d’écrire la meilleure analyse sur la montée du Front National. il rappelle justement que le fascisme est une mouvement politique aux caractéristiques historiques précises qui ne s’applique pas à tout mouvement d’extrême-droite. Les jeunes manifestants (et abstentionistes ?) de l’anti-fascisme feraient bien de relire leurs cours d’histoire, car pour combattre un phénomène encore faut-il bien le définir (les mots sont importants…).

Il serait grand temps de prendre les bons axes d’analyse et de mettre à plat certains sujets, en traitant du fond sans se contenter de postures. Et ceci en France comme dans l’Union Européenne, car – comme le soulignait Dominique Reynié en commentaire des résultats des élections européennes du 25 mai dernier – la montée de l’extrême-droite n’a pas lieu qu’en France ou dans des pays en graves difficultés économiques : il y a l’Autriche, la Hongrie, le Danemark, les Pays-Bas… C’est un problème européen qui a aussi à voir avec le système de valeurs, l’identité, la civilisation. Faute de bien cerner le phénomène, il y a de fortes chances que les élections présidentielles de 2017 soit le calque de celles de 2002. Voici l’article en question d’André Ropert : Lire la suite

vote Le Pen : verbatim

Après le 1er tour de l’élection présidentielle, beaucoup d’articles et d’analyses se multiplient pour expliquer le vote en faveur de Marine Le Pen. On peut utilement, en effet, croiser les données sociologiques pour se rendre compte que le vote Le Pen est important chez les ouvriers, les artisans-commerçants, les peu diplômés, les fonctionnaires de catégorie C, les 35-44 ans… On peut aussi utiliser l’analyse territoriale pour affiner. Au premier abord, la carte du vote FN à l’échelle des départements est proche de la carte du chômage. Mais cela ne suffit pas car elle la déborde. A des échelles plus fines on peut voir le le vote FN est fort dans le rural désertifié, l’urbain désindustrialisé ou le péri-urbain touché par l’insécurité… et très faible dans les centres villes. On peut croiser des milliards de données pour caractériser les électeurs du FN. Mais on peut aussi les  écouter car le vote est avant tout un message politique. Morceaux choisis : Lire la suite

Hollande : c’est pas gagné

Il ne faudrait pas se réjouir trop vite : virer en tête au 1er tour ne garantit pas que l’on franchisse la ligne finale en premier. Il y a eu des précédents.

Certes, le candidat sortant n’est pas en tête, mais l’écart est faible : 28,6 % pour Hollande et 27,2 % pour Sarkozy cela ne fait que 1,4 point ! Certes 73 % des électeurs ont voté « contre Sarkozy » comme dit Sarkofrance, mais au second tour toutes les cartes sont rebattues. Chaque électeur a le choix entre quatre possibilités : abstention, vote blanc et l’un ou l’autre des candidats. Tout va donc dépendre du report de voix et de l’abstention, de l’abstention de ceux qui ont voté au 1er tour et/ou du vote de ceux qui se sont abstenus au 1er tour. Lire la suite

laïcité, égalité, mosquée ?

A en croire les propos de certains, ça a l’air tout mélangé dans la tête des gens du PS.
Tout mélangé parce qu’ils nous ressortent à propos de l’islam, les clichés habituels – clichés qui ne correspondent pas ou plus à la réalité – mais aussi des solutions qui, si elles devaient concerner tout autre religion, feraient bondir n’importe quel militant de base. L’islam rend-t-il bête, fait-il peur ou appuie-t-il judicieusement sur le talon de culpabilité de tout bon socialiste qui garde en tête les heures les plus sombres de notre histoire, en l’occurrence la colonisation en Afrique du Nord ?

Ainsi, à la suite de Benoit Hamon qui considère que certains musulmans prient dans la rue Myrha faute de mosquée, Sandrine Mazetier, député PS de Paris, affirme dans une interview au Monde : « Les fidèles ne prient pas dans la rue par plaisir, ils le font car ils n’ont pas de lieu de culte. Il n’y a pas de raison qu’ils soient obligés de prier dans la rue. Des solutions existent, mais elles demandent l’implication des pouvoirs publics […]  »

Les bras m’en tombent… Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :