Archives de Catégorie: mots

jolie phrase

Une société se mesure à la façon dont elle traite les femmes.

Et peut être aussi à la façon dont elle les laisse être traitées sur son territoire… ceci pour faire écho au débat en cours.
Cette phrase est tirée d’un poème d’Ernest Pépin (écrivain guadeloupéen) que j’ai trouvé sur le blog du féminin l’emporte.

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« on s’en fout » ! vraiment ?

Roger Karoutchi, membre du gouvernement, vient de rendre publique son homosexualité. J’y vois comme Authueil une volonté de transparence à l’heure où cet homme politique va se lancer, pour les élections régionales, dans des primaires UMP contre Valérie Pécresse qui se présente volontiers comme « une mère de trois enfants ».
Il ne s’agit pas d’étaler sa vie privée pour en tirer avantage mais de ne rien cacher pour éviter l’hypocrisie et sans doute les coups bas. Même si ce choix est le signe que la société française a changé (quel homme politique de droite aurait pris ce risque il y a 20 ans ?) cela reste courageux dans une société ou l’hétérosexualité reste la norme. Lire la suite

la fin de la discrimination positive ?

Simone VeilSimone Veil vient de renvoyer Sarkozy dans ses 22 ! Et c’est heureux !
Une commission qu’elle présidait et qui avait été chargée par Sarkozy de rédiger un nouveau préambule intégrant la notion de « diversité » vient de refuser de le faire, maintenant ainsi le principe d’égalité et rejetant la discrimination positive – car dans l’expression « la diversité » , la dimension ethnique est bien sûr sous-entendue mais chut ! on n’ose pas le dire  et c’est là une figure de style répandue qui consiste à gommer l’adjectif pourtant essentiel.

La commission estime que la constitution actuelle suffit à garantir l’égalité tandis que la discrimination positive est illégitime et potentiellement dangereuse : Lire la suite

vous avez dit « ultra » ?

Entendue récemment au journal télévisé de France 2, à l’occasion de l’affaire du sabotage des lignes SNCF, une nouvelle expression vient de voir le jour pour désigner un courant politique : « l’ultra-gauche ».

Elle désigne manifestement un courant anarchiste qui n’hésiterait pas à passer à l’action. On comprend surtout de cette expression que ce courant est à gauche de l’extrême-gauche (suivez mon regard : Besancenot). Et sans doute n’a-t-on pas voulu lui voler la vedette, ainsi que son fond de commerce, en le décalant vers la droite c’est à dire « à gauche », ce qui mettrait en passant le Parti Socialiste « au centre » (mal venu en période de congrès…). Bon, je comprends bien.

Mais je serais quand même curieuse de savoir comment, dans le secret des rédactions, on a choisi d’utiliser ce terme : parce que ce courant se désigne lui-même ainsi ? ou parce que le ministère de l’intérieur l’emploie ? A noter que ces ultras là n’ont rien à voir avec ceux du 19e siècle  😉

soyons précis

Depuis quelques temps, en matière de mouvement de population, le mot immigration est mis à toutes les sauces. Il finit même par remplacer… son contraire, à savoir l’émigration, comme dans cet article du Monde, au demeurant très intéressant, sur les chinois en Afrique :
« La diaspora chinoise, dit-on, est la plus nombreuse au monde, avec 100 millions de personnes, et la plus riche. (…) Jusqu’en 2000, Pékin tentait encore de freiner le mouvement, afin de ne pas entacher l’image du régime. Aujourd’hui, il l’encourage, en particulier pour les braves qui veulent tenter leur chance en Afrique. Dans l’esprit des dirigeants chinois, et singulièrement dans celui du président, surnommé parfois Hu Jintao l’Africain, l’immigration est même devenue une partie de la solution pour faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution. »
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and now… la diversité

J’ai encore bondi ce matin en entendant dans une chronique de France Inter cette expression maintenant courante : « issus de la diversité » ! C’était à l’occasion des obsèques d’Aimé Césaire : « Combien de patrons de presse issus de la diversité ? Combien d’éditorialistes ? Combien de banquiers, de chefs d’état major, de dirigeants de grandes entreprises publiques ? Combien de députés issus de la diversité ? » nous dit la journaliste. Et je me suis mise à la place d’un étranger ayant appris le français, mais nouvellement venu sur notre territoire, qui comprendrait tous les mots mais pas le sens de cette expression. Et pour cause, elle ne veut rien dire. Lire la suite

boycott ou boycottage ?

Bon, c’est un détail me direz-vous, mais depuis quelques jours à propos des jeux olympiques en Chine on entend parler de « boycottage », et franchement je ne vois pas l’intérêt de cette francisation. Pourtant je suis la première à utiliser les équivalents français quand ils existent (courriel ou mél plutôt que email, par exemple). Mais là non, car le mot boycott n’est pas un mot anglais mais un nom propre : c’était le nom du sieur Charles Cunningham Boycott qui pour avoir maltraité ses fermiers subit de leur part le 1er boycott. C’est un peu comme poubelle, morse, macadam ou frigidaire, bref c’est une antonomase et non un anglicisme abusif.

Antonomase : figure de style qui consiste à utiliser un nom propre comme nom commun, ou inversément.

un mot de trop

A propos du voyage en Algérie du président Sarkozy on a entendu parler (un peu) de l’Union méditerranéenne et (beaucoup) des contrats et de la colonisation. Celle-ci a été condamnée sans ambiguïté en tant que système, mais sans culpabiliser les populations européennes installées en Algérie et sans tomber dans la « repentance » ou les « excuses » : Lire la suite

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