écarts de salaires, plafond de verre, temps partiel subi : l’Insee en parle

Il y a peu, à propos de la suppression de la case « mademoiselle » dans les formulaires, en commentaires de billets ou sur Twitter, j’ai vu passer des arguments du style : ce n’est pas important, c’est ridicule, vous feriez mieux de parler de l’écart des salaires… Et bien parlons-en !
Car, ça tombe bien, l’INSEE vient de sortir l’édition 2012 de sa collection Insee Références sur les salaires. Ce que l’on lit dans ce rapport est très clair [c’est moi qui graisse].

Sur l’emploi :

« En dépit d’un mouvement de convergence global, d’importants écarts de taux d’activité demeurent entre femmes et hommes, en particulier entre 25 et 49 ans où l’écart atteint 11,0 points contre 6,6 points chez les 15-24 ans et 7,3 points chez les 50-64 ans. Cet écart est dû pour une large part aux comportements liés à la présence de jeunes enfants. »

Sur le temps partiel :

« […] l’usage du temps partiel différencie fortement l’emploi des hommes et des femmes. La présence d’enfants n’explique qu’en partie la fréquence plus élevée du temps partiel chez les femmes : même parmi les personnes en emploi et sans enfant, la proportion de femmes travaillant à temps partiel est supérieure de 17 points à celle des hommes. Il s’agit alors très souvent de temps partiel subi, les femmes étant nombreuses à travailler dans le secteur tertiaire où le recours au temps partiel par les entreprises est structurellement important. »

Sur les salaires :

« En termes de salaires, les différences entre hommes et femmes sont également importantes, même en raisonnant en équivalent-temps plein. [Et] au sein de chaque catégorie socioprofessionnelle, les écarts demeurent. C’est tout particulièrement le cas chez les cadres, où le salaire des femmes est inférieur de 23 % à celui de leurs homologues masculins dans le secteur privé, et de 21 % dans le secteur public. Cet écart, beaucoup moins important chez les moins de 25 ans que chez les seniors, peut s’expliquer en partie par un effet de « plafond de verre », mais aussi par d’autres éléments comme les choix de spécialité de formation, les secteurs d’activité ou les déroulements de carrière. Les écarts sont moins élevés dans les autres catégories socioprofessionnelles. »

Une remarque sur les causes : l’INSEE travaille ici à grosse maille ; « les cadres », « les employés » constituent des catégories larges et il peut y avoir des biais en fonction des secteurs, des métiers. Dans son livre sur le « plafond de verre », Olympe précisait : “si l’on tient compte du niveau de diplôme, de l’ancienneté, de l’expérience professionnelle, du type de contrat de travail, du temps partiel, du secteur d’activité et de la taille de l’entreprise, il reste une différence de 10 points inexpliquée”.

Hollande a proposé une solution. Il donnera un an aux entreprises pour établir l’égalité. Sinon « une loi sanctionnera les entreprises qui ne respectent pas cette règle, notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales. » C’est le point 25 de son projet. Joly, Mélenchon, Lepage et Bayrou ont évoqué aussi cette sanction. La campagne présidentielle est donc le bon moment pour faire avancer certaines causes.

Voici le tableau avec les données :

Publié le 23 février 2012, dans politique et société, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Je peux vous confirmer que pour en parler, on en parle, et, pas seulement à l’INSEE.
    En NAO (négociations annuelles obligatoires), les élus voient passer dans les documents (souvent incomplets) des tableaux où les disparités salariales entre les femmes et les hommes éclatent au visage. Mais ce n’est jamais la priorité ni de mes collègues IRP, ni de mes employeurs !
    Et que les violences féminicides (dont les harcèlements et discriminations, et le féminicide symbolique) existent dans les entreprises, et que là, on en parle encore moins.

  2. Eh bien, c’est la France. Ici le temps c’est arrêté depuis Napoleon, qui avait instauré le génocide de femmes de maniéré légale. Faut que les femmes soient plus agressives et défendent leurs droits avec plus de virulence et force.

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