et si tout ça n’était qu’une affaire de sexe ?

Dans son bouquin, sous-titré Les mécanisme psychosociaux du plafond de verre, Olympe pointait très justement les phénomènes de cooptation masculine et se demandait "pourquoi les hommes préfèrent-ils rester entre eux ?" A cette question elle proposait plusieurs réponses :
- le principe du qui se ressemble s’assemble ou les affinités spontanées entre personnes d’un même groupe, d’autant plus spontanées que le critère sexuel est immédiatement perceptible… en général,
- la peur de voir leur assemblée perdre en valeur en se féminisant puisque les femmes constituent un groupe dominé et dévalorisé,
- la difficulté de considérer les femmes comme des partenaires ou des concurrentes puisqu’elles sont un enjeu ou un objet dans le cadre de "l’économie des biens symboliques" comme dirait le père Bourdieu…
- la peur que le groupe soit perturbé par des histoires sentimentales ou sexuelles.

Des études récentes, relayée par un article du Monde, viennent creuser ce dernier point.
Il semblerait que les hommes – hétérosexuels s’entend – perdent leurs moyens cognitifs après, mais aussi avant une rencontre avec une femme quand elle est annoncée. Ce qui n’est pas le cas des femmes testées, pour qui le sexe de la personne rencontrée n’avait aucun impact… Il y a donc bien une perturbation, mais pourquoi donc ma brave Ginette ?

Et bien parce que les les hommes "ont, davantage que les femmes, la faculté de sexualiser les situations de la vie courante" : ils se comportent alors comme des chasseurs qui, face à une femme, consacrent une bonne partie de leur énergie mentale à évaluer la valeur de celle-ci, à contrôler leurs émotions pour se concentrer sur l’image qu’il veulent donner d’eux-mêmes tout en surveillant l’autre pour voir s’il font bonne impression… Épuisant !

"Cette capacité à surinterpréter les signaux envoyés par les personnes de l’autre sexe est un biais que l’évolution a imposé à l’espèce pour que les mâles ne ratent pas une occasion de s’accoupler."
Cette surinterprétation des signaux pourrait peut-être expliquer des malentendus entre hommes et femmes dans ce domaine… Notons au passage que certains capitaines de bateaux sont sans doute plus perturbés par les hommes…

Publié le 17 janvier 2012, dans politique et société, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. En termes simple, dès qu’une femme lui parle, ou que ce soit, un homme pense qu’elle le drague. Et ceci est une projection puisqu’en fait, il a envie de la draguer !… C’est bien cela ?
    Exactement le mécanisme qui conduit, dans certaines cultures à voiler les femmes… et à dire que toute femme non voilée est impudique car elle s’expose au regard des hommes et les provoque !… C’est ainsi que dans ces cultures, il incombe aux femmes de disparaitre pour que les hommes n’aient pas à faire l’effort de contrôler leurs pulsions sexuelles !…
    Et, en effet… dans les groupes de travail, dans notre culture, on trouve ce même mouvement – je l’espère inconscient, mais c’est certain, pas si inconscient que ça, chez tous les recruteurs – d’"élimination" des femmes, afin d’"éliminer" le problème du désir des hommes pour les femmes.

  2. épatant cet article du Monde. Je n’aurais jamais pensé que nous ayons encore un effet si déstabilisateur sur les hommes.
    Et ce, indépendamment de notre âge et de notre physique ?? ;-)
    Enfin,ça semble très pertinent, cette liste qu’a établie Olympe ….

  3. @ ladyapolline : c’est exactement ça !
    La mise à l’écart est la solution de facilité, le voile la solution de l’obscurantisme et de la domination.

    @ bombay magik : l’effet doit être encore plus fort avec une femme jeune et jolie ;-)

  4. Cette explication me semble bien sensée et même banale (dans les situations qui durent, rien de tel que le retour aux fondamentaux)… Et nous autres hommes y répondrons volontiers en citant Jeanneton pour rappeler aux dames "la morale de cette morale".

    Ceci dit, c’est sous l’angle de l’économie d’entreprise que les conséquences sont problématiques. Les recruteurs voient l’entreprise comme un nid de problèmes à ne pas réveiller (voir le dernier et merveilleux billet du Monolecte). Le contrôle, l’évitement du risque, passe par l’uniformité, "l’alignement". C’est la métaphore du bateau dont le Costa Concordia ne serait qu’un exemple : "si on accepte des femmes à bord, ça créera des problèmes" – non de leur fait, mais du nôtre ? Des problèmes quand même.

    C’est encore et toujours la préférence pour la conformité et la prévisibilité, là où notre époque appellerait à la créativité et à la diversité.

  5. Les bateaux et autres sous-marins sont un bon exemple en effet.

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