homophilie et pédosexualité

Le secrétaire d’Etat du Vatican a essayé maladroitement d’expliquer les affaires de pédophilie dans le clergé catholique et cela a donné ceci :

« De nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu’il n’y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie et beaucoup d’autres, m’a-t-on dit récemment, qu’il y avait une relation entre l’homosexualité et la pédophilie. […] Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l’on regarde les pourcentages. » (source : Le Monde, 12-04-2010)

On aimerait savoir qui sont ces psychologues et psychiatres « nombreux » et « beaucoup » à faire ces démonstrations, et aussi ce « on » qui lui a dit récemment… Cette formulation a un petit coté c’est le cousin du mari de ma voisine qui m’a dit que
Et c’est curieux cette façon d’associer pédophilie et homosexualité chaque fois que les victimes sont des garçons, ce qui est majoritairement le cas ici pour ce qu’en disent les spécialistes – que Koz me rectifie si je me trompe. Prononcerait-on la phrase « beaucoup de psychologues et psychiatres ont démontré qu’il y avait une relation entre hétérosexualité et pédophilie » quand les pédophiles sont hétérosexuels ? Non bien sûr. On pourrait faire la même remarque à propos du fétichisme ou du sado-masochisme. Concomitance n’est pas lien ou relation de cause à effet.
Si les victimes des prêtres pédophiles sont majoritairement des garçons, cela prouve surtout que l’homosexualité est plus répandu qu’on ne le croit chez les prêtres. Ce qui en soi peut être un problème pour l’Eglise catholique qui désapprouve ce comportement. Aurélio Mancuso, ex-président d’Arcigay, y fait même allusion en disant que le cardinal Bertone devrait « être logique avec lui-même » et « chasser tous les homosexuels du clergé, à commencer par la Curie vaticane ». Ah, il s’en passe des choses sous les soutanes… D’ailleurs les grenouilles de bénitier en sont toutes marries. Les bonnes du curé aussi.
Pour info de source proche, un ami qui avait connu un prêtre homosexuel – bibliquement peut-être, je ne sais pas… faudra que je lui demande – m’a confirmé cette tendance. Rappelons que les prêtres font voeu de célibat, pas de chasteté, nuance. Bon d’accord, dans la mesure où l’Eglise n’approuve les relations sexuelles que dans le cadre du mariage ça revient un peu au même, mais enfin, les prêtres ne sont pas des moines. Qu’on se le dise !

Donc pour résumer, l’Eglise a en fait deux problèmes sur les bras – deux problèmes séparés et de nature différente puisque l’un relève de l’illégalité l’autre pas – mais deux problèmes quand même, pour lesquels je ne vois que deux solutions : lutter contre la pédophilie, ce qui semble bien engagé, et autoriser le mariage des prêtres… entre eux.
Chouchou va me chercher le ciboire, je ne le trouve plus… 😉

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Publié le 15 avril 2010, dans humour, politique et société, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 13 Commentaires.

  1. Si les prêtres se marient entre eux, ils pourront faire des enfants qui prendront la suite.

  2. Le rapport qui fait autorité sur la question date de 2004 et provient du John Jay College de New York. Cette étude réalisée aux Etats-Unis montre que 81% des accusations d’abus sur mineurs de la part de prêtres concernent des garçons et non des filles. Pour l’essentiel ce sont des hommes (des prêtres) qui ont abusé de garçons (beaucoup étant adolescents, plutôt qu’enfants). Il s’agit bien de pédérastie. C’est un banal constat. Vous pouvez appeler ça pédophilie, ça fait plus moderne. Je vous accorde que ce constat concerne les abus sexuels ayant impliqués des prêtres, dans le reste de la population c’est sans doute différent. C’est un autre visage de la pédophilie : par exemple dans les familles recomposées, les petites filles d’une précédente union agressées sexuellement par le nouveau mec de leur maman. Rappelons que la pédophilie, c’est essentiellement dans les familles que ça se passe (beaucoup plus que dans l’Eglise).

  3. @ Nicolas
    En effet, et cela résoudrait un autre problème encore qui est celui du manque de prêtres ; l’Eglise pourrait aussi ordonner des femmes, mais ceci est un autre sujet.

    @ un catholique
    « Pour l’essentiel ce sont des hommes (des prêtres) qui ont abusé de garçons (beaucoup étant adolescents, plutôt qu’enfants). Il s’agit bien de pédérastie. C’est un banal constat. Vous pouvez appeler ça pédophilie, ça fait plus moderne. »

    Ce n’est pas qu’une question de modernité, c’est aussi une question de précision. L’avantage du mot pédophilie c’est qu’il concerne un seul critère, l’âge ; et pour l’homosexualité c’est le seul critère du genre. On peut être homosexuel et pédophile (c’est le cas de ces prêtres) sans qu’il y ait d’ailleurs de lien de causalité, on peut être homosexuel sans être pédophile ou pédophile sans être homosexuel.

    Le terme pédérastie, qui a une histoire particulière, se situe au croisement des deux critères de genre et d’âge. Ce qui me gène dans l’emploi actuel de ce terme c’est qu’il n’a pas d’équivalent du coté hétérosexuel pour désigner l’attirance sexuelle d’un homme pour les jeunes filles. Serait-ce que dans ce cas là c’est moins grave ? Serait-ce qu’au fond c’est l’homosexualité qui dérange plus que la différence d’âge ?

    Cf. le témoignage suivant tiré d’un documentaire cité par C. Fourest : L’une des victimes rapporte une réponse terrifiante de la part du cardinal qu’elle avait alerté : « Il m’a dit : « Nous savions que tu étais abusée, mais tu étais une fille. Si tu avais été un garçon, ça aurait été scandaleux. » »

  4. Etymologiquement parlant, le terme pédérastie n’est pas associé à un genre particulier. Historiquement, par contre, il ne concerne que les relations amoureuses entre un adulte et un adolescent, mâles tous les deux, à l’époque de l’antiquité. Il ne pouvait techniquement pas avoir d’équivalent féminin, puisqu’au même âge, les filles étaient mariées (pas besoin de leur faire la cour, il suffisait de s’arranger avec le père).

    Une autre précision aussi. Ce terme renvoit à l’enfant. Mais les notions d’enfance et d’adolescence n’étaient pas les mêmes qu’à notre époque. En latin, « adulescens » désigne un jeune de 17 à 25 ans par exemple, et pas un ado de 13 à 18 ans comme aujourd’hui.

  5. Merci Patricio pour ces précisions. L’âge est en effet important. La majorité sexuelle en France est à 15 ans ; mais en deça de quel âge parle-t-on de pédophilie ?

    Un autre membre du Vatican fait d’ailleurs la différence entre « pédophilie au sens strict » (pour les enfants non pubères sans doute) et « éphébophilie » quand cela concerne des adolescents (pubères donc). Voici donc un nouveau terme.

  6. Bertone n’a en aucun cas tenu un propos général : il parlait du cas des prêtres.

    On peut vouloir lui faire dire beaucoup de choses, mais à mon sens, ce qu’il dit a le mérite de préciser que chez beacuoup de prêtres qui ont abusé d’enfants, il s’agit en réalité plutôt d’adolescents. Ce n’est pas tout à fait la même chose d’abuser d’un enfant de 15-16 ans que d’un enfant de 5 ans. Mais dans les deux cas, on est d’accord, c’est un viol.

    Il n’empêche que cela peut en effet traduire un goût pour le même sexe. On sait que chez les homos, il y a un appétit pour la jeunesse. Est-ce le cas, statistiquement, chez les prêtres ? je n’en sais rien ?. Mais la question mérite sûrement mieux que cette volée de bois vert.

    Ce sont les mêmes qui il y a un mois, nous assuraient, sans plus de preuve, qu’à tous les coups, la pédophilie, c’était la faute du célibat.

    Et je confirme que si les prêtres font voeu de célibat, tous les catholiques – et a fortiori les curés – font voeu de chasteté. C’est dans les dix commandements…

  7. Si, Bertone a tenu un propos général : il a dit que des psychiatres et des psychologues lui avaient dit qu’il y avait une lien entre homosexualité et pédophilie. Si ça ce n’est pas un propos général, je ne sais pas ce que c’est…
    C’est seulement ensuite que le Vatican a tenté de réduire la portée du scandale en disant qu’il ne parlait que du cas des prêtres.
    « On sait que chez les homos… » C’est qui « on » ? Ca devient vraiment fatiguant ces généralités proférées par des gens qui, me semble-t-il, ne connaissent pas grand chose à l’homosexualité. Il y a autant de diversité chez les homos que chez les hétéros, et si on constate un certain jeunisme aujourd’hui, ce n’est en aucun cas une spécificité des homos, mais un phénomène largement répandu dans toutes la société.

  8. @ Chafouin
    Comme le dit Jean, il a tenu un propos général, ou alors il ne sait pas s’exprimer.

    Je ne comprends pas ton dernier paragraphe : « Et je confirme que si les prêtres font voeu de célibat, tous les catholiques – et a fortiori les curés – font voeu de chasteté. C’est dans les dix commandements… »

    Le voeu de chasteté, plus exigeant, va au delà du voeu de célibat et je croyais qu’il ne concernait que les moines… et donc encore moins l’ensemble des catholiques… Pour les 10 commandements tu dois confondre avec « tu ne commettras pas l’adultère » ce qui n’est pas du tout pareil… ou alors ça a changé depuis mes cours de catéchisme.

  9. Les dix commandements disent « tu ne commettras pas d’impureté », on n’y parle aucunement d’adultère. Tout chrétien doit être chaste, ça n’est pas réservé aux clercs!

    Je ne vois toujours pas de déclaration générale dans ce que dit le cardinal. Il est interrogé sur le cas des prêtres, je ne vois pas pourquoi il tiendrait des propos généraux.

  10. Ah ben oui ça a changé, j’en étais restée à la version de l’Exode

    Quant à la chasteté, tout dépend en effet de ce que l’on entend par là.
    Dans ce que tu dis on comprend que c’est une forme de tempérance dans la sexualité ; mais je croyais que dans le cadre précis des règles du clergé, le « voeu de chasteté » signifiait l’absence de sexualité.
    Si ce n’est plus le cas, et que le niveau d’exigence est le même pour les clercs et les chrétiens de base, où va-t-on ? 😉

  11. Quelle sexualité pourrait être autorisée chez les prêtres? 😉

    l’Eglise demande à tous les catholiques d’être chastes, c’est-à-dire de se conformer à une sexualité respectueuse de ce qu’on pourrait appeler le « plan de dieu » en matière d’amour. C’est une vision positive des choses, pas une liste d’interdits. Dès lors, les clercs aussi s’astreignent à respecter ces exigences! La seule différence, c’est que les chrétiens de base, comme tu dis, peuvent vivre une sexualité dans le mariage 😉

  12. Lors d’un l’interview donnée au journal italien l’Avvenire le 13 mars 2010, Mgr Charles Scicluna (Congrégation pour la doctrine de la Foi) indique que seuls 10% des abus sexuels provenant de prêtres concernent des enfants impubères = pédophilie au vrai sens du terme. Ensuite, 30% concerne des jeunes filles et 60% des jeunes garçons.

    Polluxe citait plus haut l’article de Wikipédia, définissant la pédérastie au sens historique (Grèce antique) comme la relation entre un homme mûr et un jeune garçon. Pour être précis, il faudrait donc dire que les scandales sexuels impliquant des prêtres représenent la réalité suivante : 10% de pédophilie, 60% d’homosexualité masculine / pédérastie, et 30% d’abus sexuels contre des femmes (pubères) adolescentes.

    Ce qui nous agace en tant que catholiques, c’est que les affaires de prêtres détraqués mentaux, pédophiles s’en prenant à des enfants non pubères, représentent 10% des cas, alors que la presse a laissé entendre insidieusement que c’était le cas général. Dans le même temps, pour ne pas se mettre à dos le lobby gay, la presse s’est soigneusement gardé de dire que les « affaires d’abus sexuels venant de prêtres » sont à 60% des cas de pédérastie / homosexualité masculine.

    Ce traitement différencié, attaquer les catholiques et épargner les homosexuels pour ne pas se faire traiter d' »homophobes », a paru répugnant à beaucoup de catholiques. Répugnant, consensuel et pas du tout courageux de la part des journalistes.

  13. Arrêtez de faire un lien entre pédérastie et homosexualité masculine, ça n’a rien à voir et c’est vraiment insupportable et insultant pour tous les homos (la très grande majorité) qui n’a jamais ressenti de genre de désir.

    Ca vous agace en tant que catholique le traitement dans la presse de ces affaires ? Moi je vais vous dire ce qui m’agace en tant qu’homo. Ce qui m’agace c’est de voir le Vatican continuer à qualifier une façon différente d’aimer de déviance ou de désordre. Ce qui m’agace c’est de voir toujours les mêmes clichés répétés et répétés encore (les homos sont pédérastes, les homos sont communautaristes, les homos sont attirés par les jeunes…). Ce qui m’agace, c’est devoir me cacher souvent sur ma vie privée, de mentir sur ce que j’ai fait le week-end à mes collègues parce que je n’arrive pas encore à m’assumer complètement. Ce qui m’agace, c’est de voir les chiffres plus élevés de taux de suicide chez les jeunes homos à cause de l’homophobie. Ce qui m’agace, c’est que des gens s’arrogent le droit de décider qu’elles sont les bonnes manières d’aimer, qui a le droit de s’exprimer son affection en public et d’exclure les autres. Moi tout ça ça m’agace.

    Tant que l’Eglise catholique continuera de faire passer un message de haine et de rejet, il y aura des gens pour protester. C’est comme ça que ça marche dans la vie, les gens qu’on insulte finissent par se révolter.

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