soyons précis

Depuis quelques temps, en matière de mouvement de population, le mot immigration est mis à toutes les sauces. Il finit même par remplacer… son contraire, à savoir l’émigration, comme dans cet article du Monde, au demeurant très intéressant, sur les chinois en Afrique :
« La diaspora chinoise, dit-on, est la plus nombreuse au monde, avec 100 millions de personnes, et la plus riche. (…) Jusqu’en 2000, Pékin tentait encore de freiner le mouvement, afin de ne pas entacher l’image du régime. Aujourd’hui, il l’encourage, en particulier pour les braves qui veulent tenter leur chance en Afrique. Dans l’esprit des dirigeants chinois, et singulièrement dans celui du président, surnommé parfois Hu Jintao l’Africain, l’immigration est même devenue une partie de la solution pour faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution. »

Cette dernière phrase est un contre-sens total ! Une migration est un mouvement de population. Du point de vue d’un territoire, quand des personnes entrent c’est une immigration, quans des personnes sortent c’est une émigration. C’est pourtant simple. Ainsi le mouvement décrit par l’article est une immigration pour l’Afrique et une émigration pour la Chine.
Idem pour les violences en Afrique du sud : Le Monde titre La violence raciste enflamme les townships de Johannesburg. Or les agresseurs et et les agressés sont des noirs africains ! Il vaudrait mieux parler de violence xénophobe puisque les agressés sont des immigrés venus des pays voisins. Mais que font les correcteurs du Monde ? 😉

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Publié le 20 mai 2008, dans mots, politique et société, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Les journalistes du Monde, que je connais un peu, confondent allègrement xénophobie et racisme… d’où cette erreur qui reflète bien le fond de leur pensée. Ils ne font pas la différence entre la peur de l’étranger et la hiérarchisation de sous-espèces au sein du genre humain. Cela explique certaines dérives de l' »antiracisme »…

  2. Vraiment ? C’est encore plus grave que je ne le pensais ; ils sont lus par des milliers de gens et sèment ainsi la confusion.
    Il faut instaurer la lecture du dictionnaire dans les écoles de journalisme ! 😉

  3. Je peux te confirmer qu’on ne lit pas le dictionnaire en école de journalisme… sauf en période d’édition, lorsqu’il faut corriger les innombrables « coquilles » de nos apprentis-journaleux… imitant en cela leurs aînés, qui en font aussi un bon paquet.

    En fait, cette confusion de la xénophobie et du racisme, si elle est inconsciente chez les journalistes, est faite sciemment par les idéologues de l' »antiracisme »… elle a permis, tout au long des années 80 et 90, d’assimiler au racisme un discours ferme sur l’immigration et l’intégration. Si on ne veut pas accueillir d’immigrés et/ou qu’on veut leur imposer un modèle culturel et social, c’est qu’on ne les aime pas, et donc qu’on est raciste… ce qu’aucun démocrate ne saurait s’exposer à être aux yeux de l’opinion… il faut dire que quand on qualifie les expulsions de clandestins de « rafles », ça facilite les choses ! Vraiment, SOS-Racisme et consorts ont été très, très forts.

  4. Ces techniques d’assimilation, de diabolisation, très fréquentes à l’extrême-gauche, servent à faire taire l’adversaire et à empêcher tout débat. J’avais pondu un billet sur le sujet il y a longtemps : le piège des mots.

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