chéri, j’ai retréci les gauches !

Ce titre est inspiré d’une phrase de l’excellent éditorial de Laurent Joffrin, Contrat de mariage dans Libération, à la fois pertinent et drôle, mais qui fait grincer les dents de certains commentateurs qui voient… rouge, à juste titre d’ailleurs car il ne faut pas oublier le phénomène du vote utile, mais bon, on ne va pas bouder son plaisir.  A déguster sans modération :

Extraits : « S’il y a des flirts sans lendemain, souvent ils laissent des traces. Le pas de deux entamé par Ségolène et François (pas Hollande, Bayrou), sera peut-être une de ces brèves rencontres romanesques mais vaines. Mais on fera bien de ne pas la négliger : elle dessine une configuration inédite qui dominera nécessairement la vie publique du pays dans les années qui viennent.
[…] Tous, PS, UDF et UMP, pourraient en sortir transformés. Les socialistes, d’abord. Parlons clair : l’ancienne union de la gauche, encore appelée gauche plurielle, a vécu. En tout cas sous la forme inventée par François Mitterrand après le congrès d’Epinay en 1971 et perpétuée par Lionel Jospin et François Hollande. Comme le dit un homme du sérail : «Comment voulez-vous faire vivre la gauche plurielle quand le PC et les Verts sont à moins de 2 % ?» Ce qui pouvait faire peur ou mobiliser à la gauche du PS s’est réduit comme peau de chagrin. Un PS électoralement indemne se retrouve aux côtés d’une fluette Marie-George Buffet, communiste au canif entre les dents, et d’une courageuse Dominique Voynet dont l’arbre écologique est devenu bonsaï. François (pas Bayrou, Hollande) pourrait le reprocher à Ségolène : chérie, on a rétréci les gauches ! Mais le fait est là. Quoi qu’en pense Jean-Luc Mélenchon, dinosaure chez qui la réalité met longtemps à arriver jusqu’au cerveau, le PS sera contraint de se tourner vers le centre gauche et d’assumer enfin sa nature réformiste.
[…] C’est là que le fiancé méfiant de ce mariage de raison, le très courtisé Bayrou, entre en scène. Le centre, dit-il, n’a pas forcément vocation à servir de supplétif à la droite. Il peut aussi regarder ailleurs. Déjà Nicolas Sarkozy en est réduit à tenir la chandelle en fulminant. Ségolène Royal, plus politique que tous ses contempteurs à gauche, a vu l’ouverture. Bayrou, son mari putatif, n’a pas dit oui. Mais il n’a pas dit non : tout est là. Il a seulement posé deux conditions : la fin du tout-Etat et plus de sagesse sur la dette. Quelle dame socialiste pourrait refuser un tel contrat de mariage ?» (article complet)

Lire aussi l’intéressant et très central interview de Jean-Marie Bockel (maire PS de Mulhouse), signalé par Koz et Authueil.

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Publié le 27 avril 2007, dans humour, politique et société, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur chéri, j’ai retréci les gauches !.

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