Lost in pollution

Hier c’était la journée internationale contre le changement climatique, sujet incontournable depuis peu, télé, radio, cinéma, tout le monde en parle. Dans le superbe documentaire de Yann Arthus-Bertrand « Vu du ciel » on apprend que la biodiversité diminue (disparition de 30% des espèces depuis 30 ans) et que le problème n’est pas tant l’existence d’un changement climatique (il y a en eu d’autres dans le passé) que sa rapidité : terrible image de cet ours polaire amaigri sortant de l’eau avec difficultés ! Il y a eu aussi le film d’Al Gore et les infos du 20h où l’on nous dit que si on continue la surpêche, il n’y aura plus de poissons dans les océans en 2048 ! Rendez-vous vous êtes cernés !
Face à ces informations alarmistes on est un peu perdu. Que faire ? On peut suivre les conseils de sites sur l’environnement : privilégier les transports en communs, recycler ses déchets, baisser la température de chauffage, utiliser des ampoules à basse consommation, voire mettre un couvercle sur la casserole quand on fait bouillir de l’eau… Mais cela peut paraître dérisoire quand on sait qu’en Tasmanie des exploitants forestiers détruisent la forêt primaire avec du napalm ! Il y a bien sûr le protocole de Kyoto qui organise la réduction des gaz à effet de serre (cause du réchauffement). Problème : il n’a pas été ratifié par les Etats-Unis (24% des émissions de GES), et ne concerne pas les pays en voie de développement ou émergents (ceci expliquant cela), dont la Chine (14,5%) et l’Inde, en passe de devenir de grandes puissances industrielles. Et pourquoi donc ? Parce que les pays occidentaux ont une « responsabilité historique » sur le sujet (viel antienne)… Certes le modèle occidental ne posait pas de problème quand il concernait moins d’un milliard de personnes mais on est passé de 2,5 milliards d’humains en 1950 à 6,5 aujourd’hui ! Cela me rappelle la boutade d’un collègue il y a 15 ans : « quand les chinois auront tous une voiture et une chasse d’eau la Terre sera un immense cloaque »… La population du « Nord » (Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande) stagne avec un milliard de personnes et moins de 2 enfants par femme, mais le reste du monde progresse encore (5,4 milliards et un nombre d’enfants par femme entre 2 et 5) d’où des prévisions pour 2050 autour de 9 milliards d’humains ! (cf. INED). Stabiliser la pression démographique pourrait aussi faire partie des solutions. Le rapport Stern paru récemment insiste lui sur le risque de crise économique majeure liée au réchauffement ; même s’il peut apparaître fragile en terme de prospective il a au moins le mérite d’appuyer sur le point sensible de tous les décideurs de la planète (et de tous les humains, soyons honnêtes) : le porte-monnaie. Cela peut être un argument décisif.
L’après Kyoto c’est demain, à Nairobi :

« Nous voulons expliquer aux pays émergents que les nations industralisées n’y parviendront pas seules. Mais il faut pouvoir leur montrer l’exemple et leur dire que ça marche », note la source occidentale. « Tout le monde doit prendre conscience que le constat scientifique a évolué depuis l’adoption de la Convention en 1992 : en 2015, la Chine et l’Inde réunies dépasseront les émissions des USA et celles de l’UE ne compteront plus que pour 14% des émissions mondiales, ajoute ce négociateur.

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Publié le 5 novembre 2006, dans politique et société, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Le changement climatique, ses conséquences, sa rapidité et la responsabilité des sociétés humaines dans cette accélération : il y a là un sujet de débat complexe, riche et surtout urgent. En réalité, je m’inquiète assez peu pour la nature, qui reprendra ses droits d’une manière ou d’une autre. Elle a survécu à des catastrophes d’une toute autre ampleur (je songe à celle qui a précipité la disparition des dinosaures). Au besoin, elle se débarrassera de l’élément nuisible qui s’attelle à détruire la vie, c’est à dire nous. C’est de cela que je m’inquiète le plus (mais pas seulement).
    Alors, trouver des solutions, rapidement. Il y faudra beaucoup de bonnes volontés (et je crois que le rapport Stern est bien de nature à stimuler les bonnes volontés sonnantes et trébuchantes). Il faudra beaucoup d’imagination, aussi.
    Dans ce domaine, on voit déjà fleurir beaucoup d’idées. Ce qui concerne les énergies renouvelables, par exemple, est très intéressant, quoique largement insuffisant. Encore faudra-t-il que les écologistes intégristes cessent de pleurer parce qu’ils trouvent qu’une éolienne, c’est pas beau dans le paysage.
    En revanche, il faudra aussi se méfier des fausses bonnes idées, comme les carburants bios. D’abord, parce qu’il faut des sources de chaleur pour fabriquer de l’éthanol, et ensuite parce qu’il faut des betteraves, beaucoup de betteraves (d’autant que les OGM qui permettraient d’envisager une espèce plus sucrée restent tabous). Or, si j’observe l’exemple brésilien, je constate que pour faire rouler 80% de son parc automobile à l’éthanol, le Brésil sacrifie des surfaces sans cesse croissantes de forêt amazonienne. Ce qui me paraît contre-productif, du point de vue des gazs à effet de serre.
    Quoi qu’il en soit, les responsables mondiaux semblent peiner à prendre la mesure du défi, et Nairobi n’apparaît pas franchement comme un succès : c’est regrettable.

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