DSK en force

La cote de DSK semble progresser chez les sympathisants socialistes. En tous cas le voeu que j’émettais dans le précédent billet a été exaucé puisque, interviewé au 20h sur France 2, il a évoqué l’étude de Louis Chauvel sur les classes moyennes. Banzaï ! Peut-être a-t-il lu aussi l’excellent article de Thomas Piketty sur le Smic paru dans Libération et intitulé « La course à l’échalote » :

[…] Le Smic horaire a progressé plutôt plus vite que les salaires plus élevés au cours de ces dernières années (conséquence du passage aux 35 heures). Autrement dit, il n’existe pas de décrochage structurel des bas salaires, contrairement à la situation qui prévalait par exemple il y a quarante ans : le salaire minimum avait progressé structurellement moins vite que la production dans les années 50-60, d’où le fort rattrapage de la période 1968-1983, avec une hausse de 130 % du pouvoir d’achat du Smic, contre 40 % pour la production.
Le niveau des bas salaires est certes insuffisant dans l’absolu, mais il est en phase avec celui des autres salaires, qui est lui-même en phase avec le niveau de la production[…]. Dans un pareil contexte, la responsabilité d’un homme politique est non pas de faire des chèques en blanc, mais de trouver les chemins permettant d’assurer durablement la croissance de la production et du pouvoir d’achat des plus modestes, ce qui exige rigueur et modestie.
Surtout, il existe aujourd’hui un outil beaucoup plus fin que le Smic pour revaloriser le pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaires: la prime pour l’emploi (PPE). Introduite en 2000 sous le gouvernement Jospin, fortement augmentée par la droite depuis 2002 (preuve que le bon sens l’emporte parfois sur la manie de la rupture et de l’abrogation), la PPE semble aujourd’hui susciter peu d’enthousiasme chez les socialistes, davantage préoccupés par la course à l’échalote sur le montant de l’augmentation du Smic. […] Convenablement appliquée, la PPE a l’immense mérite de permettre une répartition équilibrée des gains de pouvoir d’achat : son montant peut être modulé en fonction de la situation familiale, du temps de travail, du niveau exact de salaire, etc. Il s’agit d’un outil beaucoup plus fin que la hausse du Smic, qui ne permet pas ces subtilités, et qui conduit à un tassement uniforme des rémunérations à ce niveau, et à un blocage des progressions salariales. (article complet)

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Publié le 25 octobre 2006, dans politique et société, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur DSK en force.

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