polémique papale (et censure)

Pour faire le bilan sur le fond du sujet il y a deux articles intéressants parus dans Le Figaro (et hop une fleur pour Ségolène…) : celui d’Antoine Sfeir, spécialiste de l’Orient, et celui de Robert Redeker, philosophe. Antoine Sfeir dénonce la main mise des islamistes sur l’islam et leur terrorisme intellectuel ; il pointe notamment le fait que ceux-ci ne se réfèrent qu’à la période médinoise, c’est à dire guerrière, de la vie de Mahomet, empêchant ainsi tout aggiornamento de l’islam.
Robert Redeker, en faisant référence à cette même période médinoise, rappelle qu’à la différence de l’islam, si la violence a existé dans l’histoire de l’Eglise elle n’est pas présente dans les textes sacrés ; il dénonce aussi la soumission de l’occident à la « surveillance idéologique » de l’islam qui selon lui tend à remplacer le communisme comme idéologie tiers-mondiste… Il ne croyait pas si bien dire car à l’heure où j’écris, son article n’est plus accessible sur le site du Figaro. Ceci est sans doute lié au fait que la Tunisie a interdit la diffusion du Figaro du 19 septembre en raison d’un texte « offensant » pour l’islam (c’est vrai que Redeker y va fort, voir plus bas). Que la Tunisie pratique la censure c’est son droit. Que Le Figaro fasse de l’auto-censure sur le web c’est nul, d’autant que l’article a déjà été diffusé ailleurs (et vive le web !). En fait ce n’est pas l’islamisme qui menace l’occident, c’est sa pusillanimité, son esprit munichois dirons certains. Voici donc de larges extraits de ces articles :

Non à ceux qui règnent par la terreur sur la pensée musulmane ! par A.Sfeir
[extraits] Qu’a dit le Pape ? Pour appuyer ses propos concernant les rapports de la religion et de la raison et pour rejeter définitivement l’instrumentalisation de Dieu dans le recours à la violence, il a cité un dialogue notoire entre Manuel II Paléologue et un érudit d’Ispahan, dialogue qui interrogeait les croyants sur les rapports du Prophète de l’islam à la violence. A-t-il dit quelque chose d’erroné ? A-t-il proféré une idée blasphématoire ?
[…] A partir de 622, la prédication change de nature. À Médine, elle s’articule désormais autour des relations de l’homme avec les autres hommes : l’islam devient englobant et confond désormais le sacré et le temporel. Devenu religion englobante, l’islam s’empare à la fois de la sphère privée et de l’espace public.
Mahomet, organisateur de la communauté médinoise, se doit d’édicter des règles administratives, sociales, économiques et politiques. Il fait la guerre à ceux qui ont refusé le message divin, ces Mecquois qui l’ont chassé de la ville sainte. Il guerroie contre les tribus, les clans réticents à son autorité ou contre les juifs de Médine. Les versets de cette période sont dans leur essence différents de ceux de La Mecque.
La fièvre qui s’est emparée du monde musulman depuis les années 1970 se réfère de plus en plus exclusivement à cette période médinoise qui, en aucun cas, ne reflète et ne représente la seule face de l’islam. Période démentie dans les faits par sept siècles de présence lumineuse de l’islam en Andalousie, sous réserve de la dhimmitude dans laquelle sont néanmoins restés confinés les gens du Livre.
Mais depuis lors, cet islam semble avoir été occulté, rejetant la raison. Non seulement les voies de l’interprétation se sont tues depuis les temps médiévaux, sonnant le glas de l’âge d’or de l’islam, mais la percée des islamistes au XXe siècle n’est pas sans rappeler les pages sombres de l’inquisition dans l’histoire de l’Église catholique, pages dont on ne retrouve aucune trace dans les textes évangéliques.
Ces islamistes se sont proclamés porte-parole de Dieu et disent le licite et l’illicite. Ils n’y ont aucune légitimité : « Seuls ceux qui possèdent le savoir ont le droit d’interpréter », a dit le Prophète. Les islamistes s’en sont abusivement emparés ; ils instaurent la terreur intellectuelle et font le lit du terrorisme barbare de Ben Laden, Zawahiri, et autres « voleurs de Dieu ». Tout un chacun prétend vouloir et pouvoir interpréter le Coran et lui faire dire ce qu’il veut.
Le plus tragique est la réaction des bien-pensants ou des ignorants, à moins que ce ne soit celle des hypocrites en France ou en Europe qui, par peur des vagues, trouvent que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Ce n’est certainement pas en associant leur voix aux dénonciateurs du Pape qu’ils vont aider la majorité des musulmans à faire entendre la voix de la sagesse, de la raison, et de la modernité.
Comment leur dire que les premières victimes de ce dévoiement de l’islam sont les musulmans, ces musulmans qui dans leur immense majorité appellent à un aggiornamento au sein de l’islam ? Comment leur dire que les propos du Pape appelaient au dialogue et à la raison ? Benoît XVI en sait quelque chose, lui dont l’institution a été, au nom de Dieu, un long chapelet de massacres ?
Aujourd’hui, les réactions populaires et officielles à son appel reflètent une hypocrisie indigne. Elles sont, hélas, une fois de plus à l’antipode de la raison. (article complet d’A.Sfeir)

Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? par R.Redeker
[extraits] Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen « d’idiots utiles », les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, « Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (…) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (…) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin ». D’autre part, « Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect ».
[…] De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.
Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.
[…] Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. (article complet de R.Redeker)

Publié le 22 septembre 2006, dans politique et société, verbatim, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Je reprends ici le commentaire que j’ai fait sur le blog de lait’dbeu. Je trouve lque votre choix des passages de l’article de Redecker confine à la manipulation. Comme par hasard tous les passages montrant le côté villiériste du susdit ont été supprimé. Cela aurait pu donner. Voici un résumé de l’article de Redecker:

    [extrait] « L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines.
    [extrait] Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
    Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme. »

    Ca change l’esprit non..

  2. « villiériste » serait-ce le nouvel anathème à la mode ? Quant à « manipulation » vous y allez un peu fort : il y a toujours sous les extraits les liens vers les articles complets.

  3. le passant : Ca change l’esprit non..

    Non. Sauf bien sûr chez les idiots utiles et les compagnons de route de cet obscurantisme criminogène qu’est l’islam

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