changer l’université

Jean-robert Pitte, président de l’université Paris IV, auteur de l’ouvrage Jeunes, on vous ment a été interrogé par Débat 2007 sur l’enseignement supérieur. Il pense que pour rétablir l’égalité des chances et relancer l’ascenseur social, plutôt que de faire des mesures ponctuelles de discrimination positive (type Sciences Po avec quelques lycées de ZEP), il faut augmenter la qualité des formations et des diplômes à l’université.
Pour cela il propose des mesures dont certaines contre-intuitives auront du mal à passer comme la sélection, l’orientation en fonction des débouchés ou l’augmentation des droits d’inscription couplée au développement des bourses au mérite… On pourrait ajouter le développement des filières professionnalisantes, l’amélioration de l’encadrement des étudiants, l’augmentation du budget… En tous cas l’idée de faire de la qualité à l’université est à retenir. (si le chargement de la vidéo est trop long cliquez sur le lien plus haut)

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Publié le 19 juillet 2006, dans politique et société, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Personnellement je pense que l’université ne devrait plus s’occuper d’enseignement professionnel, mais que c’est aux branches professionnelles de le faire à travers des institution spécifiques.

    L’université devrait former des chercheurs à travers des enseignements de très haut niveau. Pour le reste je suis favorable à des enseignements imbriquées dans le monde du travail et par palliers. On n’accèderait pas directement à des formations Bac plus six, ou plus, en déqualifiant du coup ce qui en bas., et en donnant l’impression à des adulescents de 28 ans que parqu’ils ont étudié jusqu’à là le monde leur appartient !
    Normal ensuite ou qu’il déprime ou qu’il demandent la lune et s’etonnent quand on ne leur donne pas de suite.

    Je préconise, après le BAC qui ne devrait viser que des compétences transversales et donc assurer une formation initiale de qualité, une formation « tout au long du travail, » par palliers succéssifs de qualification, à travers le développement d’un portefeuille de compétences personnalisé, validé par la suite dans des VAE de branches.

    La pensée des élites sur le savoir nous a rendu à une dévalorisation profonde du travail et à une inadequation de l’enseignement et de la formation professionnelle (qui jusque là singent methodes et regards sur le savoir) aux besoins des entreprises.

    Je trouve cette nostalgie de la sélection aussi stupide que la démagogie du BAC pour tous. Nous devons penser au change des modalité de formation et de production en même temps.

    Pour moi, l’université comme lieu pour apprendre un savoir professionnel et gratifiant a vécue. Sans le savoir (ou, pire, en le sachant) cette institution perpetue le rêve délirant de Platon: la totalisation du savoir et sa valorisation en dehors de toute considération autre (comme le fait de (se) produire petit à petit et avec les autres).

    « Partout, dans la philosophie occidentale, où le spirituel et le sensé résident dans le savoir, on peut voir cette nostalgie de la totalité…..
    Dans la mesure où l’individu englobé dans la totalité n’a pas vaincu l’angoisse de la mort, ni renoncé à son destin particulier, il ne se trouve pas à l’aise dans la totalité ou, si l’on veut, la totalité ne s’est pas totalisée ». Emmanuel Levinas – Ethique et Infini

  2. Ce qu’il y a de bien avec le mot « sélection » c’est qu’il produit toujours son petit effet… 😉 La sélection ne relève pas de la nostalgie car elle existe au moins dans trois filières que les bacheliers essayent d’obtenir en priorité : les classes préparatoires, les STS et au sein même de l’université, les IUT.
    Il s’agit là d’une sélection sur dossier avant inscription, parce que dans le reste de l’université (hors mis Médecine) c’est la sélection par l’échec aux examens qui se fait, par la suite…

  3. Merci pour votre message sur mon blog. Vous verrez qu’il y a aussi un article élogieux sur Jean-Robert Pitte, un des rares universitaires français à tenir un discours de bons sens sur notre malheureuse université française.

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