crise au Proche-Orient

La déclaration du G8 semble marquer une inflexion dans la vision de la situation au Proche-Orient : même si l’on demande à Israël d’être modéré on lui reconnait le droit de se défendre, le Hamas et le Hezbollah sont désignés comme les responsables de cette crise entravant le processus de paix et on demande l’application de la résolution 1559 de l’ONU prévoyant le désarmement du Hezbollah libanais, véritable « Etat dans l’Etat » :

Extrait : La crise actuelle résulte des efforts déployés par des forces extrémistes pour déstabiliser la région et ruiner les aspirations des peuples palestinien, israélien et libanais à la démocratie et à la paix. À Gaza, des éléments du Hamas ont tiré des roquettes sur le territoire israélien et enlevé un soldat israélien. Au Liban, le Hezbollah a, en violation de la ligne bleue, attaqué le territoire israélien depuis le territoire libanais et tué et capturé des soldats israéliens, inversant les tendances positives qui s’étaient amorcées avec le retrait syrien en 2005 et portant atteinte au Gouvernement démocratiquement élu du Premier Ministre Fouad Siniora.
[…] Il est également essentiel qu’Israël, tout en exerçant son droit de se défendre, prenne en compte les conséquences stratégiques et humanitaires de ses opérations.
[…] Nous offrons au Gouvernement du Liban notre plein soutien pour asseoir son autorité souveraine sur l’ensemble de son territoire en application de la résolution 1559 du Conseil de Sécurité, qui prévoit le déploiement des forces armées libanaises dans toutes les régions du pays, en particulier dans le Sud, et le désarmement des milices.
[…] À Gaza, le désengagement d’Israël a offert la possibilité de faire un pas de plus sur la voie d’une solution à deux États conformément à la feuille de route. Toutes les parties palestiniennes doivent accepter l’existence d’Israël […] (texte complet)

Sans doute commence-t-on à admettre que l’objectif de mouvements islamistes comme le Hamas ou le Hezbollah n’est pas un réglement global avec la création d’un Etat palestinien à coté de l’Etat d’Israël mais la disparition de celui-ci. L’Iran et la Syrie ne sont cependant pas cités comme commanditaires de ces organisations…
Sur le sujet lire aussi l’article de Georges Malbrunot le Hezbollah libanais est plus fidéle à Téhéran qu’à Beyrouth et le billet d’un swissroll

 

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Publié le 17 juillet 2006, dans politique et société, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Globalement d’accord.
    A ceci près que je m’interroge tout de même beaucoup sur les effets de cette réplique, sur l’ampleur des pertes auxquelles on devra faire face ou encore sur les conséquences de cette inversion des « tendances positives qui s’étaient amorcées avec le retrait syrien ».

  2. En effet. Les pertes et les destructions seront sans doute importantes car les installations du Hezbollah sont imbriquées dans les quartiers résidentiels ; entendu sur TSR via TV5 le fait que ses dirigeants sont dans un bunker situé dans les quartiers sud de Beyrouth… Et certaines cibles peu pertinentes risquent de renforcer le soutien au Hezbollah parmi la population. Mais la marge de manoeuvre est étroite pour Israël.
    Les « tendances positives » n’ont malheureusement pas permis à l’Etat libanais de se renforcer suffisamment pour désarmer le Hezbollah : « Une fois les Syriens chassés du Liban, le Hezbollah n’a pas traîné non plus pour placer ses hommes à la tête de certains services de sécurité, notamment le plus puissant d’entre eux, la Sûreté générale. […] Cet État dans l’État n’a donc été en rien affaibli par le départ des Syriens. » (G.Malbrunot, article déjà cité). Et l’armée israélienne est sans doute la seule force capable de réduire significativement la puissance militaire du Hezbollah.

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