Voltaire : une provocation ?

Comme le signale Pierre Assouline la publication de la pièce de Voltaire Le fanatisme ou Mahomet le prophète, n°1 d’une nouvelle collection de poche, passe étrangement inapercue : 
« J’avais été indigné par l’asthénie des intellectuels au moment de l’affaire des caricatures du prophète, exaspéré par leur indifférence et leur paresse, dit Christian Bourgeois l’éditeur. Cette histoire avait eu un grand retentissement médiatique mais elle n’abordait pas le fond du problème. Ce qui n’est pas le cas avec Voltaire. Et pourtant, silence radio avec cette publication de son Mahomet. Les grandes plumes sont muettes. Tant de pusillanimité me déçoit sans me surprendre ».
Cette pièce programmée en Suisse il y a quelques années avait subie les attaques du Centre islamique de Genève, contraignant la mairie à retirer ses subventions… Il faut dire que cette pièce dérange par sa résonnance très actuelle : « si à travers l’islam Voltaire s’en est pris à tous les fanatismes, sa pièce militante résonne encore comme la dénonciation de l’instrumentalisation du sentiment religieux au service d’une volonté de puissance et de domination ». Soit une remise en cause du panislamisme actuel, comme en d’autres temps il y eut le pangermanisme

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Publié le 21 juin 2006, dans politique et société, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Voltaire, Corneille, nos grands auteurs finiront tous par être ostracisés pour ne pas avoir parlé notre langue politiquement correcte ou pour avoir osé naître dans une famille, comme dans le cas de Corneille, qui a participé de près ou de loin à la traite des noirs.

  2. Cette censure est un scandale. Jouson Corneille, parlons-en, honorons-le !
    Pour mieux connaître Voltaire, je vous conseille l’extraordinaire petit livre de Xavier Martin, qui renouvelle complètement le sujet, sur la base de l’étude approfondie de la correspondance du grand homme : Voltaire méconnu 

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