PDG cash : vers la transparence ?

Aux Etats-Unis aussi les rémunérations excessives des PDG font scandale : Chez Home Depot où le PDG a été payé 245 millions de dollards les cinq dernières années alors que l’action baissait de 12% et chez Exxon Mobile où la prime de retraite versée au dirigeant est de 98,4 millions de dollards, les actionnaires sont en colère… Le mécontentement monte aussi chez les parlementaires et dans l’opinion publique :

« Les rémunérations des dirigeants sont le dernier scandale d’entreprise. Tandis que les PDG réduisent sans cesse les retraites des familles de travailleurs, la plupart se réservent des pensions exorbitantes », affirme Brandon Rees, directeur adjoint du syndicat AFL-CIO. Selon une étude de la Réserve fédérale américaine (Fed) rendue publique le mois dernier, les rémunérations des dirigeants d’entreprise américains représentaient, en 2005, en moyenne plus de 170 fois celles du salarié moyen. En 1970, le multiple était de 40. Le revenu moyen d’un PDG d’une des cent plus importantes entreprises des Etats-Unis a atteint, toujours l’an dernier, 17,9 millions de dollars, en hausse de 25 % par rapport à 2004. Dans le même temps, les employés ont obtenu des augmentations de salaires de 3 % en moyenne !
LE MONDE | 19-06-06

Aussi l’autorité des marchés, la Securities Exchange Commission, a voté à l’unanimité une réforme obligeant les entreprises à publier le montant total des rémunérations de leurs dirigeants. La transparence pour moins d’excès et plus de morale… A suivre.
Il faut dire que les autorités américaines commencent à s’inquiéter de la disparition de la classe moyenne :

D’après les sondages, si une majorité d’Américains est mécontente de la situation économique, en dépit d’une forte croissance depuis plus de trois ans et d’un taux de chômage inférieur à 5 %, c’est du fait de la déconnexion grandissante entre salaires et santé des entreprises et conjoncture. Sur les cinq dernières années, la productivité par heure de travail a crû d’environ 14 %, contre 2 % pour les salaires réels (hors inflation).

Les Etats-Unis ont longtemps aimé à se définir comme le pays de la classe moyenne. C’était sans doute vrai après la seconde guerre mondiale. Une partie importante des employés, notamment des grandes entreprises, avait des salaires confortables, des prestations sociales et des retraites qui leur assuraient la sécurité économique. Les familles d’ouvriers et d’employés pouvaient espérer une amélioration constante du niveau de vie.
Entre 1947 et 1973, les revenus hors inflation d’une famille moyenne avaient doublé [augmentation de 100 %]. Entre 1973 et 2003, ils ont augmenté de 22 % en termes réels. Cette progression est liée avant tout au travail des femmes en plus grand nombre et aux heures supplémentaires.
LE MONDE | 19-06-06

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Publié le 20 juin 2006, dans politique et société, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur PDG cash : vers la transparence ?.

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