le vent du boulet

Bonne émission de Mots Croisés hier soir sur le phénomène Royal qui a permis de faire le tour de la question. Ségolène plaît aux classes populaires, aux classes moyennes, à l’ensemble des français, non pas que ses propositions soient très nouvelles ou révolutionnaires, non, ce qui plait ce sont les valeurs sous-jacentes de son discours ( le civisme, la fermeté et la justice, par opposition au laxisme, à l’angélisme…) et sa capacité à reconnaître la réalité des problèmes (l’insécurité notamment). En se positionnant sur des thèmes considérés comme de droite – ce qu’Eric Dupin sur son blog qualifie de « triangulation » – elle va à contre-courant de la culture de gauche depuis 40 ans et elle oblige les socialistes à sortir de leurs « moulins à prières ». Et les éléphants barrissent, envoient à la charge les seconds couteaux, en se disant sans doute qu’ils la tiennent, qu’ils vont la coincer, mais rien n’y fait, elle monte Ségolène… Comme l’a reconnu Daniel Cohn Bendit « elle est la seule à pouvoir battre Sarkozy ». Celui-ci ne s’y est pas trompé d’ailleurs et a senti passer « le vent du boulet » comme il est dit dans un article du Figaro intitulé Sécurité : comment Sarkozy s’est fait piller ses idées.

Extrait : Non seulement les militaires de carrière n’ont pas signé pour effectuer le travail d’autres administrations, à commencer par la protection judiciaire de la jeunesse ou les éducateurs des conseils généraux, mais l’armée serait bien incapable de réaliser une telle reconversion, sauf à revenir sur des choix aussi bien stratégiques qu’économiques. Aux pires heures des émeutes urbaines de novembre, elle n’avait d’ailleurs qu’une crainte : qu’on lui demande de faire respecter le couvre-feu dans les banlieues. Car elle ne dispose ni des effectifs, ni même des matériels adéquats, et encore moins des budgets, nécessaires à un tel engagement.
À raison de 180 000 mineurs mis en cause chaque année, ce ne sont pas quelques centres militaires qui viendront à bout de la délinquance. La solution est connue de tous les acteurs réellement concernés : elle passe d’abord par la restauration de la chaîne pénale, sans doute aussi par la redéfinition de l’ordonnance de 1945 totalement inadaptée au public des 16-18 ans et par une meilleure coordination des acteurs impliqués dans le traitement judiciaire et social de ce type de délinquance.
Ceux qui conseillent Ségolène Royal en coulisse, bien sûr, ne l’ignorent pas. Mais ils avaient une autre idée en tête : permettre à leur candidate de capitaliser dans son propre camp et même au-delà en touchant la corde sensible des innombrables victimes qui ont pu mesurer de manière tout à fait concrète que l’insécurité n’est pas, comme la gauche l’a longtemps prétendu, seulement un sentiment.
Les éléphants du PS en sont tout retournés. Et Nicolas Sarkozy lui-même a senti le vent du boulet. Plus que jamais, son entourage s’interroge : après tout, si son propre camp l’empêche de porter ses projets, pourquoi devrait-il attendre plus longtemps de se lancer dans la bataille présidentielle dès lors que ses adversaires profitent de cette neutralisation pour piller ses idées ? (article complet)

Reste à savoir comment ses idées vont s’articuler avec le projet socialiste, dont certains points paraissent irréalistes ( supprimer la réforme des retraites par ex.).
Reste à savoir comment elle va se positionner sur les autres sujet sensibles (laicité, communautarisme, immigration…) et sur les sujets de politique internationale.
Mais bon, ce n’est que le début… En attendant amusons-nous devant le spectacle des éléphants agacés, peut-être en route vers le cimetière…

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Publié le 13 juin 2006, dans politique et société, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur le vent du boulet.

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