où nous en sommes ?

La lecture du billet de Ph.Bilger sur la situation de la France aujourd’hui me donne envie de reproduire le texte auquel il fait référence : la fin d’une pièce de Jean Giraudoux, Electre.
Superbe texte tellement chargé de sens et d’émotion.

ELECTRE. Où nous en sommes ?
FEMME NARSES. Oui, explique ! Je ne saisis jamais bien vite. Je sens évidemment qu’il se passe quelque chose, mais je me rend mal compte. Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent dans un coin du jour qui se lève ?
ELECTRE. Demande au mendiant. Il le sait.
LE MENDIANT. Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore.

Je me demande seulement si les coupables agonisent vraiment, quelque part … 😦  En passant chez Pikipoki j’ai déniché aussi ce poème qui résonne :

Il y a mon coeur qui soupire large
parce que la mer monte et commence
à recouvrir les bancs de sable. Je marche.
Il y a l’odeur, le vent qui a soufflé.
Dans ma tête sous ma peau, les mots.
Je parle tout bas en ramassant des cailloux.
Je remplis mes poches. Je suis sur Terre.
Je fais partie.
J’ai tant de mal à accepter.

Jeanne Benameur, Comme on respire.

Publié le 11 juin 2006, dans jours, et tagué , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Tiens, merci pour la citation. C’est sympa.

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