violences et territoires

A l’heure où des émeutes ont eu lieu dans le 93, il peut être utile de revenir sur un rapport de la police des Yvelines décrivant le profil des émeutiers de novembre en quelques chiffres : 6 sur 10 avaient un passé judiciaire, 2/3 étaient d’origine africaine ou nord-africaine, 1/4 au chômage, les 3/4 en emploi ou en formation, la moitié mineurs ; ceux d’âge scolaire avaient un « parcours scolaire chaotique » et étaient « décrits par les enseignants comme insolents, provocants, perturbateurs, ne reconnaissant généralement pas l’autorité des professeurs et des adultes. » Ce dernier point est essentiel, c’est le noeud du problème ; bien sûr le comportement des policiers n’est pas parfait mais quand bien même le serait-il que cela ne suffirait pas car leur présence est considérée comme gênante et illégitime, comme s’ils n’avaient pas à faire la loi dans les cités… Entendu sur France 2 le témoignage d’un enseignant suite à l’agression d’une collègue : « l’établissement est au milieu de la cité et ils considèrent que la loi de la cité doit s’y appliquer ». C’est une forme de lutte pour le contrôle d’un territoire, avec en embuscade les barbus qui aimeraient bien eux aussi imposer leur loi… Pour une fois une socialiste semble avoir pris la mesure du problème et ne pas s’arrêter aux habituelles excuses sociales et économiques – même si par ailleurs les difficultés économiques sont bien réelles et doivent être traitées en tant que telles :

Selon Ségolène Royal cité par Le Monde, « il est possible de rétablir un ordre juste et une sécurité durable avec fermeté et la volonté d’arrêter la production massive de la délinquance ». Les moyens policiers doivent être « centrés » sur la lutte contre la grande criminalité et répartis équitablement sur l’ensemble du territoire. « Tout se tient (…). Si on arrive à tarir la source de la délinquance, à l’école primaire, au collège, chez les adolescents de plus de 16 ans, on devrait aussi tarir la criminalité et la grande délinquance ». […] Regrettant la suppression du service militaire, la présidente de Poitou-Charentes, qui est fille d’officier, a affirmé : « Si l’on veut donner une nouvelle chance aux jeunes au premier acte de délinquance, il faut des systèmes d’encadrement à dimension militaire, avec des actions humanitaires, des orientations vers l’apprentissage des métiers, avec le passage du permis de conduire et le réapprentissange de la citoyenneté. » [Elle a] estimé qu’il fallait « retirer des collèges les gamins qui y font la loi et qui pourrissent la totalité d’un établissement scolaire ». « Il faut les recadrer dans des internats scolaires de proximité, des structures que l’on met dans le quartier pour que les parents continuent à assumer leurs responsabilités en partenariat avec les éducateurs ». (article complet)

Publié le 31 mai 2006, dans politique et société, verbatim, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur violences et territoires.

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