loi mémorielle bis

La proposition de loi du PS destinée à punir la négation du génocide arménien, déjà reconnu par une loi de 2001, a été renvoyée sine die sans faire l’objet d’un vote. Pourquoi ? Non pas parce que ce genre de loi pose problème et que l’on souhaite engager un débat de fond, non, c’est pour la plus mauvaise des raisons qui soit : ne pas déplaire à la Turquie, important partenaire commercial. Lire à ce sujet la tribune de Corinne Lepage sur POI qui dénonce les courtes vues économiques de la diplomatie française.

Extraits :  Lors du débat très houleux autour de la proposition socialiste visant à sanctionner la négation du génocide arménien – proposition soutenue par certains députés de la majorité -, le ministre des Affaires étrangères, Monsieur Douste Blazy, a cru pouvoir faire une déclaration mettant en avant les risques sur le plan commercial et économique que prendrait la France à adopter un tel texte. Il mécontente en effet nos « amis » turcs.
[…] Bien entendu, il ne s’agit pas de faire preuve de la moindre naïveté : il est normal que les états accordent une grande importance à leurs intérêts économiques dans le cadre de leurs relations diplomatiques. [Mais] la raison économique semble être devenue l’alpha et l’omega de notre politique étrangère, sans qu’elle génère d’ailleurs les succès commerciaux considérables attendus.
[…] est-ce pour des raisons économiques que nous ne sommes pas opposés à ce que la Libye prenne la présidence de la Commission des Droits de l’Homme des Nations-Unies ? Est-ce pour des raisons économiques également que nous avons trouvé tout naturel que le Président algérien Bouteflika, après s’être fait soigner en France, tienne les propos qu’il a tenus exigeant de la France qu’elle s’excuse, comme si elle avait commis un génocide ?
[…] le gouvernement préfère sacrifier un débat hautement symbolique portant sur le génocide de millions d’êtres humains sur l’autel d’intérêts économiques qui, en réalité, pour d’obscures raisons, cachent la volonté de soutenir à tout prix l’entrée de la Turquie dans l’Europe.
[…] Avec l’Iran ou avec l’Irak, du temps de Saddam Hussein, nous avons vu à quelles impasses la prééminence de nos intérêts économiques sur nos véritables intérêts stratégiques pouvait mener, dans un monde où les intégristes et les totalitarismes mènent de plus en plus de foules.
L’article complet est disponible sur le blog Autour de la liberté.

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Publié le 23 mai 2006, dans politique et société, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Tout à fait d’accord. Les lois mémorielles saucissonnent la mémoire plus qu’elles ne l’encouragent et en refusant celle-ci pour la plus mauvaise des raisons, on pose le débat en terme de concurrence des intérets particuliers: la souffrance des arméniens vs. les importateurs-exportateurs vers la Turquie.
    Oserait-on mettre en avant les intérets des groupes sucriers pour refuser une journée consacrée à l’esclavage ?
    Il faudrait peut etre arreter de faire des lois « portant reconnaissance » de tout et n’importe quoi et, puisque l’histoire est devenue un enjeu politique, augmenter les crédits de recherche dans les domaines sensibles…

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