des pistes pour l’éduc

En cette période agitée, Claude Allègre passe tranquillement en revue les mesures à prendre pour l’enseignement supérieur et l’emploi des jeunes – sans guillemets les jeunes 😉 :
meilleure orientation des bacheliers (donc de fait une sélection), professionnalisation des cursus, meilleure adéquation du nombre de places aux débouchés… Solutions qui ne sont pas nouvelles mais qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de mettre en place… La démagogie c’est toujours plus facile…

Extrait : Le chômage est d’abord un phénomène européen lié à l’ouverture trop rapide des marchés, mais il est amplifié dans chaque pays par des facteurs spécifiques. En France, parmi ces derniers et après la faiblesse de croissance, il y a l’inadaptation de l’offre de formation à la demande du marché du travail.
Quelles en sont les causes ? Quels pourraient en être les remèdes ? Afficher comme objectif de conduire 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac et en même temps de créer un bac professionnel ont été deux décisions malheureuses dont nous payons aujourd’hui la facture. Oh ! certes, l’idée était généreuse. Avoir des ouvriers qualifiés bacheliers donc instruits et cultivés dans une société où le progrès technique demande de plus en plus de connaissances, n’était-ce pas préparer l’avenir ? Vingt ans après, il faut bien reconnaître que cette stratégie n’a pas donné les résultats escomptés. Les bacheliers ne veulent pas être ouvriers. La sélection se décide, dès le collège, sur les savoirs théoriques. Les voies technologiques et surtout professionnelles sont dévalorisées et l’on y accède rarement par choix. Pendant ce temps, nous avons des emplois vacants dans le bâtiment, la mécanique, l’hôtellerie et la restauration, le dépannage, l’artisanat…
[…] Reste le point noir que sont les sciences humaines et les sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps). Pour les premières, la professionnalisation est insuffisante, et pour les deux, les effectifs sont pléthoriques par rapport aux débouchés. La raison en est que l’université fonctionne sur le système de l’ultralibéralisme, si décrié par ailleurs. Chaque filière est libre, s’y inscrit qui veut, qu’il ait une formation préalable adaptée ou pas, sans limites de nombre, souvent sans la moindre adéquation avec les offres d’emploi. Les étudiants défendent ce système au nom de la liberté de choix. Les professeurs, quant à eux, l’exploitent en attirant les étudiants vers leur discipline, sans souci des débouchés. Ainsi, l’étudiant est lâché, seul face à la férocité du marché de l’emploi. Or, si cette pratique était acceptable lorsque la France avait 200 000 étudiants et 3 % de taux de chômage, elle ne l’est plus aujourd’hui, avec 2 millions d’étudiants et 10 % de chômeurs.

La clé de l’emploi est à l’université par Cl.Allègre

Publié le 3 avril 2006, dans politique et société, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur des pistes pour l’éduc.

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