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vote Le Pen : verbatim

Après le 1er tour de l’élection présidentielle, beaucoup d’articles et d’analyses se multiplient pour expliquer le vote en faveur de Marine Le Pen. On peut utilement, en effet, croiser les données sociologiques pour se rendre compte que le vote Le Pen est important chez les ouvriers, les artisans-commerçants, les peu diplômés, les fonctionnaires de catégorie C, les 35-44 ans… On peut aussi utiliser l’analyse territoriale pour affiner. Au premier abord, la carte du vote FN à l’échelle des départements est proche de la carte du chômage. Mais cela ne suffit pas car elle la déborde. A des échelles plus fines on peut voir le le vote FN est fort dans le rural désertifié, l’urbain désindustrialisé ou le péri-urbain touché par l’insécurité… et très faible dans les centres villes. On peut croiser des milliards de données pour caractériser les électeurs du FN. Mais on peut aussi les  écouter car le vote est avant tout un message politique. Morceaux choisis : Lire la suite

Hollande : c’est pas gagné

Il ne faudrait pas se réjouir trop vite : virer en tête au 1er tour ne garantit pas que l’on franchisse la ligne finale en premier. Il y a eu des précédents.

Certes, le candidat sortant n’est pas en tête, mais l’écart est faible : 28,6 % pour Hollande et 27,2 % pour Sarkozy cela ne fait que 1,4 point ! Certes 73 % des électeurs ont voté "contre Sarkozy" comme dit Sarkofrance, mais au second tour toutes les cartes sont rebattues. Chaque électeur a le choix entre quatre possibilités : abstention, vote blanc et l’un ou l’autre des candidats. Tout va donc dépendre du report de voix et de l’abstention, de l’abstention de ceux qui ont voté au 1er tour et/ou du vote de ceux qui se sont abstenus au 1er tour. Lire la suite

Sarkozy c’est fini : le bon indicateur

Outre les derniers rats qui quittent le navire dans la précipitation – et qui le font savoir haut et fort au cas où le futur président ne les aurait pas bien entendus – , outre la discrétion des habituels seconds couteaux autrefois prompts à monter au créneau, outre les hauts fonctionnaires qui se recasent, il y a un indicateur imparable en matière d’élection : la bouche de métro.

Depuis quelques temps, tous les matins, à l’entrée de ma bouche de métro, il y a des militants qui distribuent des tracts : militants du Front de Gauche pour annoncer un meeting, militants du PS pour distribuer les 60 engagements de Hollande… mais aucun militant de l’UMP ! Soit ils ont peur d’une réaction négative voir agressive des passants, soit ils n’y croient plus eux-mêmes. Dans les deux cas c’est révélateur…

Et s’il y avait un deuxième tour Hollande-Bayrou ou Hollande-Mélenchon ? Le premier cas serait serré – toute la droite se rabattant avec plaisir ou soulagement sur Bayrou -, le deuxième cas serait savoureux, obligeant le PS à assumer enfin son caractère centre gauche ou social-démocrate…

Belle soirée de dimanche en perspective ou comme dirait Jegoun : ça s’arrose !

de l’utilité des petits candidats

Les petits candidats, quand ils ne sont pas trop folkloriques en nous promettant la planète Mars, sont utiles pour apporter des angles nouveaux et titiller la pensée dominante. Ils sont aussi utiles pour mettre les pieds dans le plat… et parfois dans le PAF…

Ce fut le cas vendredi soir avec Nicolas Dupont-Aignan qui a pris de front la fine (?) équipe du Grand Journal de Canal +, Denisot, Apathie et Massenet… en leur demandant leur salaire !
Gros malaise sur le plateau. Denisot est décontenancé, Massenet fait une tête mi-rigolarde mi-hautaine et Apathie se fâche tout rouge. Et bien sûr, les accusations caricaturales fusent :
"vous vous Mélenchonisez", "vous faites du populisme". Lire la suite

l’écho lointain de la campagne

Avec les primaires socialistes, le débat d’idées était bien lancé, ça fusait de toute part et c’était vivifiant. Puis la campagne présidentielle a commencé tambour battant sur la dette, la fiscalité, les classes moyennes. Certains débats, comme le débat Hollande-Jupé, devenaient même très techniques tant les participants se comportaient comme s’ils étaient dans une réunion interministérielle.

Et puis le temps a passé. Les évènements dramatiques de Toulouse et Montauban ont accaparé les médias. Et la campagne s’est égarée dans des sujets de détail : le permis de conduire ou la date de versement des pensions de retraite. Avec le lancement de la campagne officielle, les débats se font rares. Les clips de campagne su succèdent, les candidats sont interviewés individuellement et seuls les petits candidats ou les seconds couteaux participent à des débats. Lire la suite

MDB : Hidalgo à la rencontre des blogueuses

Jeudi dernier, Hidalgo est venu au MDB à la rencontre des blogueuses et/ou twitteuses. Ce qui ma tout de suite frappé chez cette femme politique c’est sa simplicité. Simplicité qui a permis que les discussions se déroulent tout naturellement, sans gêne ni affectation. Plusieurs sujets ont été abordés :

- Twitter, réseau où elle est présente avec le compte @anne_hidalgo : y alternent les twits de son équipe et ceux qu’elle écrit elle-même, en ayant comme règle de ne pas twiter n’importe quoi et de garder un style de femme publique. [Ça évite en effet de tomber dans la dérive à la Morano...] Pour elle c’est un moyen de faire connaitre l’activité des politiques mais aussi de rendre les citoyens acteurs. Lire la suite

l’art du politique est-il l’art de la guerre ?

Depuis quelques temps, les sondages que tout le monde dénigre mais que tout le monde cite et surtout consulte telle La Pythie, signalent la montée en puissance de Mélenchon dans les intentions de vote au 1er tour : il deviendrait le 4e homme devant Bayrou, voire le 3e devant Marine Le Pen.

Alors, dans l’entourage de Hollande, les "stratèges" se posent des questions. Certains pensent à une "annonce surprise", d’autres veulent garder la cohérence… Une annonce surprise ?! Laquelle ? Déjà que la tranche d’impôt à 75% arrivait comme un cheveu sur la soupe ! Nicolas, lui conseille de garder la même stratégie : garder un style présidentiel et ne pas trop se gauchiser pour ne pas perdre des voix sur sa droite. C’est sûr, les voix de Mélenchon sont acquises au 2nd tour, alors que les voix du centre le sont moins… Sarkozy de son coté surfe sur l’actualité et persiste dans sa technique éculée "un drame, une loi"…  Lire la suite

en mars un MDB très politique

Oyez gentes dames !
Le prochain MDB aura lieu le jeudi 29 mars à partir de 19h au Café Livre, 10 rue Saint-Martin, au même endroit que son bel anniversaire se dérouloit, au pied de la tour Saint-Jacques (métro Châtelet ou Hôtel de ville). Vous trouverez toute indication détaillée dans cette ancienne missive. N’oubliez pas d’apposer votre seing pour signaler votre présence.

Point besoin de vous appareiller outre mesure, même si la dame Anne Hidalgo, viendra deviser avec nous de choses publiques et autres billevesées, entre 19h et 20h30.

Je ne sais si la belle Anne, première adjointe du bourgmestre, prendra jambes à son coup pour gravir la tour et voir venir, mais nul besoin nous n’aurons d’en faire autant pour lui répondre : nous ne voyons rien, que l’élection qui poudroie et la campagne qui verdoie…

l’impôt se consomme en tranches

Lundi dernier sur TF1, Hollande a créé la surprise en proposant de créer une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu à 75%. Cette proposition a fait beaucoup parler, dont des gens qui manifestement n’y comprennent pas grand chose et confondent taux marginal et taux global, dont des footballeurs qui ont peur pour leurs sous. Mais pour ces derniers, comme dirait Mélenchon "qu’ils s’en aillent tous !" : les clubs prendront des joueurs moins chers qui ,si ça se trouvent, joueront aussi bien.

Rappelons donc qu’en France l’impôt est progressif par tranches : sur une tranche donnée de revenus tout le monde paye le même pourcentage ; bien évidemment au final tout le monde ne paye pas la même quantité d’impôt puisque tout le monde n’arrive pas au même niveau de revenus.

La situation actuelle – 5 tranches – est la suivante (source : impots.gouv.fr) : Lire la suite

Sarkozy, c’est fini : les signes qui ne trompent pas

D’aucuns passent leur temps à décortiquer les sondages, comparer les élections, multiplier les projections savantes pour essayer de prévoir au millimètre près le futur vote. Exercices laborieux et chronophages, pétris d’algorithmes et d’incertitudes. Alors qu’il suffit d’observer certains signes avant-coureurs qui ne trompent pas : les rats. Quand les rats quittent le navire, c’est qu’il coule ! C’est pas Costa qui dira le contraire…

Ainsi cet ancien conseiller éducation de Sarkozy (2007-2009) qui se fend d’une tribune dans Le Monde pour clamer : "Après deux ans auprès du président Sarkozy, pourquoi je voterai Hollande". Lire la suite

écarts de salaires, plafond de verre, temps partiel subi : l’Insee en parle

Il y a peu, à propos de la suppression de la case "mademoiselle" dans les formulaires, en commentaires de billets ou sur Twitter, j’ai vu passer des arguments du style : ce n’est pas important, c’est ridicule, vous feriez mieux de parler de l’écart des salaires… Et bien parlons-en !
Car, ça tombe bien, l’INSEE vient de sortir l’édition 2012 de sa collection Insee Références sur les salaires. Ce que l’on lit dans ce rapport est très clair [c'est moi qui graisse].

Sur l’emploi :

"En dépit d’un mouvement de convergence global, d’importants écarts de taux d’activité demeurent entre femmes et hommes, en particulier entre 25 et 49 ans où l’écart atteint 11,0 points contre 6,6 points chez les 15-24 ans et 7,3 points chez les 50-64 ans. Cet écart est dû pour une large part aux comportements liés à la présence de jeunes enfants." Lire la suite

administrations : adieu mademoiselle !

mademoiselleÇa y est, la case "mademoiselle" va enfin disparaitre ! Comme quoi la campagne coup de poing organisée en septembre par l’association Osez le féminisme et le buzz qu’elle avait déclenché ont été efficace. Comme quoi quand on le veut, un changement aussi simple à réaliser peut se mettre en place rapidement.

Par une circulaire du 21 février émanant du premier ministre, il est décidé que les termes "mademoiselle" mais aussi "nom de jeune fille" et "épouse de" – termes qui renvoyaient la femme, et elle seule, à son statut marital et qui établissaient donc une inégalité de traitement – sont supprimés des formulaires administratifs.
Il n’y aura plus que "madame" ou "monsieur". Osez le féminisme incite les entreprises et organismes privés à faire de même.

Ce qui est proprement hallucinant, et qui ne manquera pas d’étonner les générations futures, c’est qu’il ait fallu attendre le début du 21e siècle pour établir un élément d’égalité aussi simple et basique. Comme quoi la charge symbolique et le degré de résistance étaient beaucoup plus importants que certains ne voulaient bien l’admettre. Lire la suite

laïcité : le retour à gauche ?

Effel-laicitéQue ce soit avec Hollande au Bourget ou Mélenchon à Villeurbanne, cette campagne électorale se signale par un retour du mot laïcité dans les discours de gauche. C’est une surprise, voir un retournement.

Longtemps dévoyée, à droite comme à gauche, par l’adjonction d’adjectifs qui en dénaturaient le sens (laïcité "ouverte",  "positive", "plurielle"…), de fait abandonnée par des élus locaux soucieux d’acheter la paix sociale en misant sur le religieux par faiblesse ou par conviction, la laïcité a finalement été récupérée par le Front National qui n’en est pas à une contorsion idéologique près. D’autant que ces temps-ci le FN a tendance à ramasser tous les sujets qui trainent…

Il était temps de réagir. Mais qu’en est-il exactement ? Des discours aux programmes, y-a-t-il une cohérence ? Lire la suite

la bombe à Boutin

Boutin a le sens du rebondissement… mais pas du ridicule.

Episode 1 : pour porter la voix particulière du mouvement Chrétien-démocrate, Boutin décide d’être candidate à l’élection présidentielle.

Epidode 2 : elle a du mal à obtenir les 500 signatures nécessaires malgré une stratégie judicieuse consistant à rencontrer en priorité les maires des communes situées sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Dans son cas j’aurais plutôt privilégié Lourdes du fait des miracles, mais bon, chacun son truc. Lire la suite

Sarkozy y va, mais…

Sarkozy vient de déclarer officiellement sa candidature à la présidentielle mais il ne m’a pas l’air très motivé. Il y va, dit-il, parce que la France traverse une crise sans précédent depuis 1945 et qu’un "capitaine n’abandonne pas le navire en pleine tempête". C’est l’effet Costa Concordia… D’autant que je ne crois pas qu’il y ait eu un cas de président sortant ne se représentant pas…. Cela aurait fait désordre, un peu lâche.

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