Archives de Catégorie: mots
les réseaux sociaux pour les nuls… et la vie aussi
Souvent quelques mots et un peu d’humour sont plus efficaces que de longs discours. Ainsi ces quelques lignes mises en images trouvées sur le web.
La première, au travers d’exemples de phrases, sert à expliquer les différences entre les réseaux sociaux les plus connus :
trop de phobie tue la phobie
Pour avoir comparé Merkel à Bismark et avoir parlé de "nationalisme et de dicktats allemands", Montebourg s’est attiré les foudres de certains journalistes et surtout de la droite gouvernementale qui s’est empressée de crier à la germanophobie ! Rien que ça !
L’utilisation de ce terme, qui fait référence à un sentiment d’hostilité ou de haine à l’égard des Allemands, est exagérée. Je ne pense pas que cela corresponde à l’état d’esprit de Montebourg dont les propos étaient surtout déplacés, mal venus… et peu pertinents.
En effet, à l’heure où la situation économique en Europe est grave, il est très maladroit de faire référence à une période marquée par l’hostilité franco-allemande. Et ce d’autant plus que le gouvernement allemand actuel n’est sans doute pas mû par une volonté de domination ; à l’inverse, le fait que l’Allemagne soit économiquement en position de force peut générer l’hostilité…
Bref, ce pavé dans la marre n’a pas manqué de faire violemment réagir les twitteurs et blogueurs de gauche, quitte à se lancer dans un concours de "qui est le plus germanophobe" !
Et voilà, une nouvelle polémique est lancée. Lire la suite
osez madame !
L’association "Osez le féminisme" a le chic pour déclencher des polémiques qui font du buzz. A croire que ses militantes ont le don d’appuyer sur des talons d’Achille, des sujets qui ont l’air de rien, de détails, mais qui renvoient à un ensemble plus vaste et qui s’avèrent très douloureux.
Cette fois-ci la campagne s’appelle "Mademoiselle, la case en trop !" Et du coup le hashtag #mademoiselle fait un tabac sur Twitter : 2e place des tendances en France, au dessus de #grève !
Exactement de la même manière que pour la campagne Osez le clitoris, les réactions les plus virulentes viennent de femmes et les arguments avancés sont proches : "c’est pas important", "n’y-a-t-il pas de combat plus essentiel", "et pendant ce temps dans la corne de l’Afrique ou en Arabie Saoudite…", etc. Certaines se sentent même attaquées dans leur droit de se faire appeler "mademoiselle". Que leur dire ? Lire la suite
le mariage homosexuel, ça n’existe pas
Que ce soit à propos du vote négatif de l’Assemblée Nationale ou à propos du vote positif du sénat de New York, on entend parler partout de "mariage homosexuel" ou, de façon plus restrictive, de "mariage gay". Or ce terme porte à confusion car il donne l’impression qu’il s’agit d’accorder un droit particulier à une communauté… alors que c’est exactement l’inverse : il s’agit d’ouvrir le mariage déjà existant aux couples homosexuels c’est-à-dire, comme le reprend le slogan de la Gay Pride – oups… Marche des fiertés plutôt – d’aller dans le sens de l’égalité des droits. Lire la suite
jusqu’où le cliché va-t-il se fourrer…
C’est fou la force d’un cliché, surtout quand il est ancien. Il s’insinue partout et contamine même le langage de ceux qui luttent contre lui, à leur insu ou "à l’insu de leur plein gré" comme on dit dans la pédale… Cette force d’inertie du cliché, qui reste là malgré les progrès de la connaissance, m’a toujours profondément étonné.
Ainsi dans un billet d’Olympe – que l’on ne peut soupçonner de se soumettre aux antiennes de la domination masculine – trouve-t-on la phrase suivante : "à Copenhague les femmes peuvent photographier leur vagin" ! Lire la suite
le 15 mai : quelle catastrophe ?
Depuis hier, l’affaire DSK tourne en boucle sur les chaînes d’infos et occupe l’essentiel des JT. Éditions spéciales, analystes politiques réquisitionnés pour l’occasion, journalistes dépêchés en urgence à New-York (manifestement le cas de Marie Drucker pour France 2), interviews de personnalités politiques, suivi minute par minute de l’affaire. Il faut dire que tous les ingrédients du bon thriller sont en place : pouvoir, argent, sexe. Comme si Hollywood était dépassé par la réalité.
Certes, l’affaire est grave pour les personnes impliquées, pour le parti socialiste à un an des présidentielles, pour le FMI et surtout les pays en crise dont il s’occupe, la Grèce notamment. Mais à quel point ? Au point de parler de séisme ou de tsunami politique comme l’ont fait certains médias ? Ainsi i-Télé, France 24, Le Nouvel Obs avec "DSK : le séisme" ou Le Post avec cet article – supprimé depuis mais dont il reste la trace [merci Google...] : http://www.lepost.fr/article/2011/05/15/2495015_dsk-tsunami-politique-majeur.html
Deux mois après le tsunami qui a provoqué des milliers de morts et une catastrophe nucléaire au Japon, ces choix sémantiques sont déplacés et choquants. Lire la suite
madame ou mademoiselle… encore ?
Quand on est fonctionnaire, on est sollicité pour représenter l’administration au sein des commissions de révision des listes électorales. Jusque là rien que de très normal. Mais quand on consulte le formulaire de candidature, on ouvre des yeux ronds comme des billes : on peut y lire les mentions de "mademoiselle" et de "nom de jeune fille" !
Quand l’administration, les services publics mais aussi les banques et autres organismes se mettront-ils en conformité avec la loi ? C’est vrai que modifier un document pdf c’est compliqué : il faut ouvrir le document original sous Word et refaire une export en pdf. Ne parlons pas de modifier les bases de données, insurmontable… Lire la suite
demain peut-être
Il est 23 heures 30 et il me reste une demi-heure pour vous signaler que c’est la journée mondiale de la procrastination… ce que je viens de découvrir… et puisqu’il y a une journée mondiale pour tout…
Si vous ne savez pas ce que c’est, tout est expliqué avec humour dans la vidéo ci-dessous que j’ai trouvée – via Otir – sur le blog d’Ithaque qui décrit largement le phénomène. Il y a aussi Wikipédia qui donne la définition suivante : Lire la suite
jolie phrase
Une société se mesure à la façon dont elle traite les femmes.
Et peut être aussi à la façon dont elle les laisse être traitées sur son territoire… ceci pour faire écho au débat en cours.
Cette phrase est tirée d’un poème d’Ernest Pépin (écrivain guadeloupéen) que j’ai trouvé sur le blog du féminin l’emporte.
"on s’en fout" ! vraiment ?
Roger Karoutchi, membre du gouvernement, vient de rendre publique son homosexualité. J’y vois comme Authueil une volonté de transparence à l’heure où cet homme politique va se lancer, pour les élections régionales, dans des primaires UMP contre Valérie Pécresse qui se présente volontiers comme "une mère de trois enfants".
Il ne s’agit pas d’étaler sa vie privée pour en tirer avantage mais de ne rien cacher pour éviter l’hypocrisie et sans doute les coups bas. Même si ce choix est le signe que la société française a changé (quel homme politique de droite aurait pris ce risque il y a 20 ans ?) cela reste courageux dans une société ou l’hétérosexualité reste la norme. Lire la suite
la fin de la discrimination positive ?
Simone Veil vient de renvoyer Sarkozy dans ses 22 ! Et c’est heureux !
Une commission qu’elle présidait et qui avait été chargée par Sarkozy de rédiger un nouveau préambule intégrant la notion de "diversité" vient de refuser de le faire, maintenant ainsi le principe d’égalité et rejetant la discrimination positive – car dans l’expression "la diversité" , la dimension ethnique est bien sûr sous-entendue mais chut ! on n’ose pas le dire et c’est là une figure de style répandue qui consiste à gommer l’adjectif pourtant essentiel.
La commission estime que la constitution actuelle suffit à garantir l’égalité tandis que la discrimination positive est illégitime et potentiellement dangereuse : Lire la suite
vous avez dit "ultra" ?
Entendue récemment au journal télévisé de France 2, à l’occasion de l’affaire du sabotage des lignes SNCF, une nouvelle expression vient de voir le jour pour désigner un courant politique : « l’ultra-gauche ».
Elle désigne manifestement un courant anarchiste qui n’hésiterait pas à passer à l’action. On comprend surtout de cette expression que ce courant est à gauche de l’extrême-gauche (suivez mon regard : Besancenot). Et sans doute n’a-t-on pas voulu lui voler la vedette, ainsi que son fond de commerce, en le décalant vers la droite c’est à dire « à gauche », ce qui mettrait en passant le Parti Socialiste « au centre » (mal venu en période de congrès…). Bon, je comprends bien.
Mais je serais quand même curieuse de savoir comment, dans le secret des rédactions, on a choisi d’utiliser ce terme : parce que ce courant se désigne lui-même ainsi ? ou parce que le ministère de l’intérieur l’emploie ? A noter que ces ultras là n’ont rien à voir avec ceux du 19e siècle
soyons précis
Depuis quelques temps, en matière de mouvement de population, le mot immigration est mis à toutes les sauces. Il finit même par remplacer… son contraire, à savoir l’émigration, comme dans cet article du Monde, au demeurant très intéressant, sur les chinois en Afrique :
« La diaspora chinoise, dit-on, est la plus nombreuse au monde, avec 100 millions de personnes, et la plus riche. (…) Jusqu’en 2000, Pékin tentait encore de freiner le mouvement, afin de ne pas entacher l’image du régime. Aujourd’hui, il l’encourage, en particulier pour les braves qui veulent tenter leur chance en Afrique. Dans l’esprit des dirigeants chinois, et singulièrement dans celui du président, surnommé parfois Hu Jintao l’Africain, l’immigration est même devenue une partie de la solution pour faire baisser la pression démographique, la surchauffe économique, la pollution. »
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and now… la diversité
J’ai encore bondi ce matin en entendant dans une chronique de France Inter cette expression maintenant courante : "issus de la diversité" ! C’était à l’occasion des obsèques d’Aimé Césaire : "Combien de patrons de presse issus de la diversité ? Combien d’éditorialistes ? Combien de banquiers, de chefs d’état major, de dirigeants de grandes entreprises publiques ? Combien de députés issus de la diversité ?" nous dit la journaliste. Et je me suis mise à la place d’un étranger ayant appris le français, mais nouvellement venu sur notre territoire, qui comprendrait tous les mots mais pas le sens de cette expression. Et pour cause, elle ne veut rien dire. Lire la suite
boycott ou boycottage ?
Bon, c’est un détail me direz-vous, mais depuis quelques jours à propos des jeux olympiques en Chine on entend parler de "boycottage", et franchement je ne vois pas l’intérêt de cette francisation. Pourtant je suis la première à utiliser les équivalents français quand ils existent (courriel ou mél plutôt que email, par exemple). Mais là non, car le mot boycott n’est pas un mot anglais mais un nom propre : c’était le nom du sieur Charles Cunningham Boycott qui pour avoir maltraité ses fermiers subit de leur part le 1er boycott. C’est un peu comme poubelle, morse, macadam ou frigidaire, bref c’est une antonomase et non un anglicisme abusif.
Antonomase : figure de style qui consiste à utiliser un nom propre comme nom commun, ou inversément.





