l’art du politique est-il l’art de la guerre ?

Depuis quelques temps, les sondages que tout le monde dénigre mais que tout le monde cite et surtout consulte telle La Pythie, signalent la montée en puissance de Mélenchon dans les intentions de vote au 1er tour : il deviendrait le 4e homme devant Bayrou, voire le 3e devant Marine Le Pen.

Alors, dans l’entourage de Hollande, les « stratèges » se posent des questions. Certains pensent à une « annonce surprise », d’autres veulent garder la cohérence… Une annonce surprise ?! Laquelle ? Déjà que la tranche d’impôt à 75% arrivait comme un cheveu sur la soupe ! Nicolas, lui conseille de garder la même stratégie : garder un style présidentiel et ne pas trop se gauchiser pour ne pas perdre des voix sur sa droite. C’est sûr, les voix de Mélenchon sont acquises au 2nd tour, alors que les voix du centre le sont moins… Sarkozy de son coté surfe sur l’actualité et persiste dans sa technique éculée « un drame, une loi »… 

Tout cela donne le sentiment que la campagne n’est qu’un jeu de rôle, un cirque – Yann dirait une foire – où chacun essaie de marquer des points à n’importe quel prix et où les postures politiques ne sont justement que des postures pré-établies dans le cadre d’une stratégie. Stratégie qui consiste aussi à s’adapter aux coups de l’adversaire. Du jeu à la guerre il n’y a qu’un pas et les mots sont révélateurs : reprendre la main, campagne, combat, état-major, débauchage, prise de guerre, troupes…

La stratégie est importante bien sûr, mais encore faut-t-il qu’elle ne soit pas trop visible et détachée des idées, des convictions. Ainsi, lors d’une émission « Des paroles et des actes », Valls était assez mal à l’aise et en porte-à-faux face à un Bayrou qui lui faisait remarquer leur proximité idéologique sur certains points. Valls ne savait répondre, en gros, que : certes mais maintenant je suis porte-parole de Hollande…

Pour voter en connaissance de cause, les électeurs ont besoin de connaitre les grands axes d’un programme mais aussi les principes et les valeurs qui lui sont associés. Ils ont besoin de sentir un minimum de conviction de la part du candidat pour ne pas avoir le sentiment d’en être réduit à choisir un « calife à la place du calife »…

Le succès de Mélenchon n’est pas un hasard. C’est un homme qui allie convictions et force de conviction. Bref,il n’est pas dans la tactique pure…

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Publié le 28 mars 2012, dans politique et société, vidéos, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Outre le fait que les candidats ne votent pas pour une ligne mais pour l’impression qu’ils ont de la ligne du candidat, je ne suis pas trop d’accord avec ta conclusion : Méluche est dans la pure tactique… Mais ça se voit moins, vu qu’il est fidèle à son axe (comme Hollande et probablement Bayrou) et à un des extrême.

  2. « sa technique éculée “un drame, une loi” »
    Ha ha ha, bien vu !

    « C’est un homme qui allie convictions et force de conviction ».

    Surtout force de conviction. D’autres candidats, choisis pourtant par leur parti pour leurs convictions, se trouvent pénalisés quand ils en font état. (Eva Joly). Imaginons un candidat qui, sans avoir le côté rigolo Marchais-Arletty, le talent de tribun, l’emphase et le charisme de Mélenchon, défendrait les mêmes idées, les mêmes projets, et auraient le même parcours politique (passé ps, sénateur, etc)… Rallierait-il autant de suffrages ? Art du théâtre autant que de la guerre…

  3. Zut, j’ai l’impression que WordPress m’a encore bouffé un commentaire. à moins qu’il ne soit en modération ?

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