les lendemains de la république

Hier avait lieu la république des blogs. Pour sa deuxième édition seulement elle a eu un sacré succès : outre les bloggueurs contents de se voir, il y avait beaucoup de caméras, de micros, d’appareils photos et en guest stars, Dominique voynet et François Bayrou… Résultat des courses, deux articles dans le monde (n°1 et n°2) et la notoriété pour Koz.
Coté République les lendemains risquent de déchanter : on apprend aujourd’hui que le philosophe Robert Redeker et sa famille sont sous protection policière dans un lieu inconnu car il a reçu des menaces de mort pour son article sur l’islam (récemment évoqué ici). Voltaire, Mozart, Benoit XVI, Redeker, who’s next ?
Sur l’affaire "Mozart" un bloggueur (osmany) a eu une formule que je trouve excellente : "s’autocensurer c’est donner raison aux autres."

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Publié le 28 septembre 2006, dans politique et société, vie du blog, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 11 Commentaires.

  1. Personnellement, entouré de profs de droit, d’avocats, de micros et caméras à la recherche des politiques people, de journalistes et de militants arborant un t-shirt "Fier d’être socialiste", je me suis senti très mal-à-l’aise.
    Mon côté petit prince a mal supporté tout ses adultes faisant, comme le dit bien le bloggueur Radical Chic "du commentaire de commentaire", et pour beaucoup cherchant une petite place au soleil.
    Ce n’est pas la politique que je défend et que je vis, faite plus d’humilité et d’action au quotidien que de verbiage entre gens cultivés et usant et abusant de l’aisance de la parole et de l’écriture.
    Au fond, je suis venu juste pour rencontrer et mieux connaître les personnes qui lisent mon blog (et dont je lis le leur).
    Toi, notamment ! Et après notre rencontre je suis parti très vite.
    Adrien

  2. “s’autocensurer c’est donner raison aux autres.”
    Raisonnement un peu simpliste qui mélange la censure qui modèle notre rapport au désir et la coercition qui est une question de rapport à l’autre (coercition qui n’est d’ailleurs qu’une négociation très inégalitaire).
    cf. à ce sujet cet ouvrage.

  3. Dans cette formule le mot "censure" est à prendre au sens politique et non pas psychanalitique.

  4. Oui, j’ai dit ça chez Vinvin il me semble… Oui, Le passant, c’est politiquement qu’il faut l’interpréter.

  5. “s’autocensurer c’est donner raison aux autres.”

    Excellente formule !
    Censure et autocensure ne procèdent pas de la même démarche intellectuelle et n’engendrent pas les mêmes sentiments.
    Autocensure————-> Culpabilité ?
    Censure—————–> Frustration ?
    Mais aboutissent au même résultats ———> Kif Kif Bourriquot !

    Pour info il n’y a dans l’Islam pas de clergé ni d’autorité spirituelle comme les autres religions. Les Fatwas et autres décisions aussi farfelues les unes que les autres sont totalement arbitraires.. mais elles trouvent leur légitimité dans un arbitraire que subissent les musulmans tout les jours ou estiment le subir. Alors un arbitraire contre un arbitraire c’est quelque part aussi Kif Kif Bourrriquot. C’est con mais c’est comme ça !

    Pour le moment je lis mon Utopie d’Albert Jacquart c’est totalement hors sujet mais ça détend !

  6. "Dans cette formule le mot “censure” est à prendre au sens politique et non pas psychanalitique."
    Sauf que dans le blasphème, il y a bien cette dimension que vous nommez psychanalytique et que je nomme éthique.En occident nous avons nos propres blasphèmes (même s’ils ne portent plus, la plupart du temps sur du religieux). Le président iranien l’a bien compris lorsqu’il a proposé un concours de caricatures sur la Shoah en réponse aux caricutures sur Mahomet. Il faut donc en effet distinguer l’autocensure qui est le fait que le désir ("désir de dire" pour le cas qui nous occuppe) est toujours structuré par de la restriction, et le conflit qui en résulte, résultat d’un tendance impérialiste à vouloir imposer aux autres sa propre autocensure. Mais nous avons nous occidentaux tendance à ne voir qu’un côté de la balance. Lorsqu’on s’émeut parce que Chavez aurait prononcé un discours antisémite (certes ça n’a pas soulevé les foules…), nous sommes dans le même processus d’un conflit des autocensures.

  7. Adrien, en terrasse, on était aussi super bien. Y’avait pas de fatalité.

  8. Je veux bien te croire Koz, mais bon je suis arrivé en retard, je me suis frayé un chemin entre les lumières des torches des journalistes, la fumée et les nids d’avocats pour rejoindre Polluxe !
    Une épreuve je te dis ! Prochaine fois je reste en terrasse ! :)

  9. @ le passant : je ne vois pas très bien où tu veux en venir. S’il s’agit de dire que chaque civilisation a son propre système de valeurs, ses règles qui définissent ses libertés et ses interdits, oui, c’est une évidence.
    Quant à la "tendance impérialiste à vouloir imposer aux autres sa propre autocensure" c’est exactement ce que subit Redeker de la part des islamistes.
    "Mais nous avons nous occidentaux tendance à ne voir qu’un côté de la balance" : ce serait tout à fait compréhensible mais ce n’est pas exact ; je trouve que souvent les occidentaux relativisent leur position et sont très autocritiques.
    Comme l’a dit Angela Merkel récemment : "Nous devons faire attention à ne pas reculer toujours davantage face à la peur créée par des islamistes radicaux prêts à commettre des violences. L’autocensure par peur n’est pas tolérable. Elle est admissible seulement de manière responsable, dans le cadre d’un véritable dialogue des cultures totalement exempt de violence".

  10. Quant à la “tendance impérialiste à vouloir imposer aux autres sa propre autocensure” c’est exactement ce que subit Redeker de la part des islamistes.

    Penses-tu qu’un qu’un article négationniste ou même antisémite passerait dans un quotidien national. Je ma souviens d’un courier de lecteurs à Libé dont le contenu était antisémite et qui a carrément conduit à la suppression de la rubrique et à des excuses de July.

  11. Il ne passerait pas car il tomberait sous le coup de la loi (loi que l’on peut par ailleurs discuter et vouloir modifier). Il ne s’agit pas ici de défendre une liberté d’expression absolue qui n’existe nulle part, puisque chaque société a ses valeurs et ses règles comme déjà dit plus haut, mais de défendre notre liberté d’expression sur notre territoire. Autrement dit ce n’est pas parce que nos lois sanctionnent les propos négationnistes, antisémites et racistes qu’il faut aussi interdire le blasphème : on met le curseur où l’on veut.

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